« Nous voulons que Laforêt fasse partie des 10 premières marques mondiales d’immobilier. »
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Les Caisses d'Epargne (Arthur l’Optimist, Keops) et Nexity (Century 21, Guy Hoquet) prévoient de finaliser leur rapprochement d’ici au second semestre : quelle est votre position face à l’offensive des banques dans l’immobilier ?
L’organisation des agents immobiliers en réseau a débuté il y a une quinzaine d’années sur un marché encore artisanal. Elle s’est traduite par la montée en puissance de marques qui commencent aujourd’hui à peser, avec des taux de notoriété forts. Ce qui incite les banques à se dire : “Nous allons constituer notre propre réseau sur ce marché, ce qui va nous permettre d’être présent en amont de celui du crédit immobilier”.
C’est un raisonnement simpliste, car cela part du principe que le client de l’agence immobilière, captif, va prendre un crédit auprès de la banque qui possède le réseau. Nous avons du mal à comprendre cette stratégie : elle ne correspond pas aux attentes du consommateur, qui est au contraire attaché à sa liberté de choix. Les banques qui ont mis des sommes importantes pour racheter des réseaux vont forcément vouloir y trouver leur intérêt. A travers toutes ces chaînes, qui garderont probablement leur identité propre, elles espèrent vendre leurs produits d’assurances et de crédits. Elles sont, à notre avis, en train de se fourvoyer : les synergies qu’elles espèrent ne vont pas avoir lieu.
Pour l’instant, leur stratégie est cependant bénéfique pour Laforêt, car cela va transformer un métier artisanal en métier industriel, ce qui profite à des marques comme la nôtre. A terme, nous en récolterons les fruits. Car l’agent immobilier se doit d’apporter un service à ses clients, pas un produit d’une seule société.
Qu’est-ce qui distingue Laforêt des autres chaînes d’agences immobilières ? Quelle stratégie entendez-vous adopter dans cet environnement concurrentiel en pleine recomposition ?
Depuis nos débuts, nous sommes des spécialistes de la transaction. Nous laissons le choix au consommateur final pour ses prestataires de services. Nous serons bientôt les seuls sur ce marché à n’apporter que des services avec une liberté de choix complète. Cette concurrence provoque aussi chez nous une accélération sur notre prise de parts de marché.
La force d’une marque, c’est la culture d’entreprise : notre projet à 3 ans est aujourd’hui en train de se démultiplier sur l’ensemble du réseau. Nous serons leader si notre implantation, notre notoriété et la satisfaction de nos clients sont maximales. Voir la concurrence qui s’organise amène nos franchisés à adhérer encore plus à ce projet, qui mobilise nos agences, depuis la secrétaire jusqu’au franchisé.
Tout ce que nous avons construit depuis des années et l’environnement de notre marché nous favorisent dans ce projet : c’est une formidable opportunité, une fenêtre de tir incroyable pour nous.
Quel est votre objectif en termes de maillage du territoire ? Quels sont vos projets à l’international ?
Nous avons la capacité de doubler le réseau sans remettre en cause l’existant. Nous entendons donc poursuivre notre maillage de l’Hexagone au rythme de 200 nouveaux points de vente par an pour atteindre d’ici 3 ans 1 200 agences au total.
Nous pensons qu’une dizaine de marques se partageront le marché de l’immobilier et nous voulons en faire partie. Nous sommes déjà présents au Portugal (15 implantations), au Luxembourg (2 unités), et au Maroc. Nous visons tous les pays européens limitrophes de la France, notamment l’Italie, l’Espagne et la Suisse.