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Trois questions à Jean-Paul Onillon,

directeur général de Sport 2000

Par Anne-Laure Allain, Franchise-Magazine.com

Equipement de la personne, publié le mercredi 14 mai 2008

« Face à un marché du sport très concentré, Sport 2000 se devait d'envisager son développement en dehors du système coopératif. »

Vous venez d’annoncer l’entrée d’un fonds d’investissement dans votre capital, pouvez-vous nous expliquer pourquoi la structure coopérative Sport 2000 a pris une telle décision ?
Nous sommes face à un marché du sport très concentré. À lui seul, le succursaliste Décathlon détient 42 % de parts de marché devant une autre structure coopérative Intersport, qui frôle les 16 %.
De notre côté, depuis 2003, nous avons connu des progressions spectaculaires. Notre chiffre d’affaires a augmenté de 50 % sur la période pour atteindre 580 millions d’euros, mais notre progression de part de marché n’est pas significative : nous sommes toujours le 4ème acteur en France malgré nos 530 magasins et nos 5 enseignes. Nous avons d’ailleurs calculé qu’en continuant sur notre lancée, nous ne gagnerions qu’un point de PDM en 2012 pour atteindre les 9,5 %. Compte tenu de tout cela, Sport 2000 se devait d’envisager son développement en dehors du système coopératif qui semble avoir atteint ses limites. L’entrée d’Activa Capital nous permet de créer un réseau intégré au moyen de fonds propres. Notre objectif est clair : atteindre 1,2 milliard d’euros de CA d’ici à 2012 en s’appuyant sur un parc présentant deux tiers de magasins affiliés et un tiers de succursales.

Vous êtes donc en train de bouleverser totalement votre modèle économique, c’est la fin de votre organisation coopérative ?
Absolument pas ! D’ailleurs cette décision a été prise avec l’accord unanime de nos 398 adhérents. Depuis septembre 2007, avec le président, William Monti, nous sillonnons la France pour leur présenter le projet. Le 30 avril dernier, lors de notre assemblée générale, il a été approuvé avec 96 % des suffrages. De plus, nous demeurons une structure coopérative. Les adhérents détiennent toujours 58,4 % du capital. Activa entre à hauteur de 37,4 % et le management – dont je fais partie – détient 4,2 %. Grâce à la présence d’Activa Capital nous allons pouvoir convaincre les banques de notre potentielle rentabilité. En tout, nous pourrons bénéficier d’une manne supplémentaire d’une centaine de millions d’euros sur les trois prochaines années. Cet argent sera investi dans la création de succursales.
Et, il n’y aura pas de concurrence entre les unités en succursales et les affiliées, mais une très forte complémentarité. Actuellement, nos 530 implantations se situent sur des villes de petites et moyennes tailles. Nos unités en propre seront installées dans des zones de chalandise de plus de 200 000 habitants. À titre individuel, rares sont les coopérateurs capables de s’implanter dans ces endroits.

Sur le papier, la complémentarité est compréhensible, mais comment allez-vous vous en assurer ? Les villes de plus de 200 000 habitants ne sont-elles pas déjà toutes occupées par les leaders ?
Pour nous assurer de la faisabilité de notre projet, nous avons fait appel au cabinet de géomarketing Asterop. Il a déterminé qu’il restait encore 1,2 million de m² à prendre pour les équipementiers sportifs afin d’équilibrer l’accès à l’offre pour les Français. Quant à la complémentarité, elle est évidente puisque nous nous sommes engagés à conserver les zones d’exclusivité de chacun de nos adhérents. De plus, les succursales cotiseront elles aussi pour les redevances publicitaires ce qui devrait nous aider à accroître notre notoriété. Sans parler des relations privilégiées que nous allons pouvoir entretenir avec les marques grâce à nos succursales : les adhérents auront de meilleures conditions d’achats. D’ici à la fin du mois d’avril 2009, nous avons programmé l’ouverture de 25 succursales : 15 Mondovélo et 10 Sport 2000. Pour notre enseigne phare, nous avons prévu un modèle un peu plus grand que d’habitude : dans les 1 500 m². Une surface qui nous permet d’y implanter des corners Espace Montagne ou Mondovélo suivant la zone de chalandise. Ainsi, nous pourrons présenter une offre complète à nos clients.

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