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Dossier financier : travaillez en bonne intelligence
Par Philippe Beaulieu, Franchise-Magazine.com, publié le 23 juin 2010
Plus de la moitié des enseignes de franchise propose aux candidats de les aider à élaborer leur dossier de financement. La démarche a ses avantages, mais elle ne doit pas limiter l’implication du franchisé, ni sa capacité à défendre son projet devant le banquier.
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Le franchiseur doit-il accompagner le futur franchisé dans la constitution du dossier financier qui va lui permettre d’obtenir un crédit ? Notre enquête réalisée auprès de 465 réseaux révèle que l’intervention de ces derniers dans ce domaine est importante, puisque plus de 50 % d’entre eux proposent ce type de service. Mais que doit comporter le dossier financier ? "Le compte de résultat prévisionnel, un plan de financement et un prévisionnel de trésorerie sur 2 à 3 ans", détaille Gil Brodin (BPCE, Réseau des Caisses d’Epargne). Ajoutez une série d’informations sur l’enseigne comme sur le projet : une présentation du réseau (activité, historique…), le document d’information précontractuel (DIP) défini par la loi Doubin, une étude de marché, une étude géomarketing de l’implantation ciblée et le bail commercial (un "plus" apprécié). "Quel que soit le degré d’implication du franchiseur dans l'élaboration de ces éléments, il a intérêt à s’assurer que son futur partenaire est en état de les produire, car de toute façon le banquier les réclamera", précise Gil Brodin.
Qui doit donc se charger de monter le dossier, c’est-à-dire d’en assembler les éléments et d’en vérifier la cohérence avant de le présenter à un organisme bancaire ? "Dans cette démarche, on est complètement dans le prolongement de l’étude prévisionnelle, analyse l’expert-comptable Philippe Tougeron (Adventi Franchise). Pour moi, le principe est que le franchisé doit d’abord travailler avec son conseil (son expert-comptable, par exemple) et ensuite analyser avec le franchiseur le projet établi."
Cette méthode permet de rectifier les erreurs éventuelles, "car la tête de réseau est seule à avoir une connaissance précise de certaines données techniques, comme les investissements nécessaires ou encore les besoins en fonds de roulement", souligne Philippe Tougeron.
"La meilleure approche est certainement un partenariat intelligent entre les deux parties, confirme la consultante Pascale Pécot (Adventi Franchise). Le franchiseur ne doit pas tout faire à la place du franchisé, ni le laisser se débrouiller tout seul."
Pourtant, un tiers des chaînes laisse le candidat agir seul. Tandis que 34 réseaux (sur 465 au total) affirment "se charger entièrement" de l’opération. Cela ne correspond pas à une obligation légale, indique l’avocat Marc Lanciaux (cabinet Lanciaux). Pour ce dernier, "les deux partenaires ont des éléments à apporter pour constituer le dossier financier, donc il est bon qu’ils collaborent à sa réalisation. Cela permet notamment de commencer le partenariat dès l’avant-contrat".
Dans tous les cas, le futur franchisé doit donc au moins prendre le temps de vérifier les informations fournies par le franchiseur. Par exemple, en ce qui concerne le potentiel de la ville, du quartier ou de la rue visés.
"Les banquiers aiment bien avoir en face d’eux des gens qui savent défendre leur dossier, souligne Pascale Pécot. S’il est complètement construit par le franchiseur, il faut au moins que le franchisé soit capable de s’en faire l’avocat, de façon convaincante, et donc qu’il l’ait vraiment assimilé."
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