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Montant global et apport personnel : des niveaux très variés, mais stables
Par Philippe Beaulieu, Franchise-Magazine.com, publié le 21 avril 2010
Malgré la crise, le montant minimal d’investissement réclamé par les chaînes reste stable. De même que les niveaux d'apports personnels. Et les banques n’hésitent pas à financer des investissements faibles, si le candidat leur semble disposer des qualités requises.
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Avec la crise, on aurait pu penser que certains postes de dépenses nécessaires pour se lancer en franchise allaient baisser. En particulier, le coût des locaux commerciaux. Pourtant, les résultats de notre enquête révèlent que les niveaux indiqués par les chaînes sont stables.
Le montant global requis pour rejoindre l’une des 455 enseignes qui ont répondu à notre enquête de mars 2010 s’élève à 197 465 euros, contre 197 308 un an auparavant. Une stabilité qui s’explique en partie par celle du coût des locaux. "En franchise, les emplacements ciblés sont souvent de premier ordre et, comme leur nombre est limité, ces prix sont demeurés très élevés", explique Chantal Fernandez, responsable franchise pour LCL.
Autre aspect à prendre en compte (car les prix de certains locaux ont tout de même baisser) : l'augmentation des BFR (besoins en fonds de roulement), liée à l'allongement des périodes de lancement. On n'a donc pas assisté, en 2009, à un relèvement du coût minimal de la franchise. Les experts s’accordent toutefois pour estimer que les montants globaux sont toujours minorés. Sachant que les banques, tous secteurs confondus, prêtent en moyenne 180 000 euros aux franchisés qui s’installent (chiffre émanant de plusieurs sources bancaires concordantes), et que cela représente 70 % de l’investissement total (en général), on peut donc considérer que les minima indiqués par notre panel sont inférieurs de 30 à 35 % à la moyenne réelle. La restauration apparaît comme le secteur où le ticket d’entrée est le plus onéreux, avec 440 332 € minimum demandés en moyenne. Vient ensuite l’alimentaire (297 305 euros). A l’opposé, le domaine des services ne réclame que 63 608 euros minimum en moyenne.
Alors qu’on aurait pu s’attendre à ce que les franchiseurs et, surtout, les banques réclament aux porteurs de projet en franchise des engagements financiers supérieurs, l’apport personnel moyen n’apparaît, globalement, pas en augmentation.
Le taux d’apport personnel minimal, tel qu’il ressort de notre enquête, s’élève à 31,58 % du total, soit 62 367 euros en valeur absolue contre 65 135 euros l’an passé (correspondant à 33 % du total). Comme pour les montants globaux, il existe des écarts importants en fonction du secteur et de l’activité considérés.
Mais on observe une cohérence dans les déclarations des enseignes : "Hormis pour la restauration et l’alimentaire, les proportions concernant l’apport personnel se situent dans une fourchette de 30 à 40 % pour les réseaux de distribution et près de 50 % dans le secteur des services. C’est ce que nous constatons dans la réalité", indique Chantal Fernandez.
De leur côté, 25 enseignes ne réclament qu’un apport personnel très faible, inférieur à 9 000 €. "Il ne faut pas oublier l’adage connu : à micro-franchise, macro-problèmes", rappelle l’avocat Alain Cohen. "Il nous arrive de consentir des prêts de l’ordre de 15 000 €, confie en revanche Chantal Fernandez. Pour des investissements faibles, le risque est minime. Ce que l’on regarde en premier lieu, ce sont les compétences du candidat et son environnement financier, c’est-à-dire le "reste-à-vivre" du foyer".
Si, en période de crise, les réseaux voient affluer des cadres ayant perdu leur emploi et disposant d’un petit pactole, ils se tournent également vers leurs propres salariés afin de recruter de nouveaux franchisés. Et ont alors recours à différentes formules : location-gérance ou encore franchise participative.
Mais un candidat qui s’engage ainsi pourra-il sortir de ces statuts hybrides et devenir un franchisé à part entière ? "Tout dépend de quelle manière la formule a été conçue au départ, répond le consultant Laurent Poisson. Les conditions de sortie doivent être précisées par écrit dès le lancement".
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