Profil personnel des futurs franchisés : les critères très souples des franchiseurs
Par Vincent Pompougnac, Franchise-Magazine.com, publié le 16 décembre 2009
La majorité des réseaux de franchise recrute indifféremment des hommes ou des femmes. Du moins selon leurs déclarations : sur plus de 400 enseignes interrogées, 86 % seraient en effet indifférentes au sexe de leur futur franchisé. Derrière cette façade de neutralité, existe-t-il des préférences inavouées ? Jean-Christophe Sozza (responsable franchise et commerce associé, Banque Populaire) constate un équilibre : "50 % d’hommes, 35 % de femmes et 15 % de couples parmi les demandeurs de crédits présentés par les franchiseurs ; cette proportion est stable depuis plusieurs années".
Faut-il en conclure qu’une sélection s’opère ? Oui, mais une sélection naturelle : "Beaucoup de concepts peuvent convenir aussi bien à un homme qu’à une femme : le choix se fait naturellement, selon les affinités des candidats", estime Franck Berthouloux (conseil en développement de réseaux, Adventi Franchise). "La mécanique reste plutôt masculine, l’esthétique plutôt féminine, confirme Nathalie Dubiez, responsable marché de la franchise chez HSBC. Mais il n’y a pas d’interdit de la part du franchiseur, ni de sélection par rapport à des compétences ou à des capacités physiques". "En temps de crise, ajoute l’avocat Hubert Bensoussan (cabinet Bensoussan), il n’y a pas de raison qu’un réseau préfère un homme ou une femme : il recherche un ou une candidat(e) qui correspond aux critères du concept". Certains réseaux peuvent aussi dissimuler leurs critères de recrutement pour ne pas se voir taxés de discrimination. D’autres enseignes n’hésitent pas à afficher leurs priorités (14 % des réponses à notre enquête de septembre 2009), et peuvent être fondées à le faire : "Yves Rocher exprime une préférence pour les franchisées car celles-ci seront plus à même, sur le plan commercial, de satisfaire une clientèle essentiellement féminine", reconnaît Hubert Bensoussan.
Pourtant privilégié dans certains métiers, le couple n’a pas la faveur des têtes de réseau : 16 d’entre elles seulement manifestent leur intérêt pour cette cible, dont 7 exclusivement. Ce peu d’engouement peut s’expliquer par le souhait que le conjoint du franchisé poursuive une activité salariée, et apporte ainsi un revenu supplémentaire.
Les trois quarts des enseignes recrutent des candidats de 7 à 77 ans. Toujours selon leurs déclarations : 232 sur plus de 400 n’ont déclaré aucune priorité pour une tranche d’âge. Là encore, faut-il les croire sur parole ? "Un franchiseur n’a pas besoin d’afficher ses préférences, car l’âge a des conséquences sur d’autres critères, répond Nathalie Dubiez. Par exemple, une jeune de moins de 30 ans n’aura pas le même apport personnel qu’un candidat plus âgé".
Parmi les chaînes qui expriment une préférence, 22 % recherchent en priorité les 30/40 ans. "La cible principale de recrutement reste le cadre supérieur de plus de 45 ans, admet Franck Berthouloux. Mais il y a une différence entre ceux qui ont anticipé leur reconversion et ceux qui la subissent : l’apport est quasiment identique, mais la motivation n’est pas la même".
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