Redevances : quels coûts pour quels services ?
Par Olivia Leroux, Franchise-Magazine.com, publié le 27 octobre 2009
Le prélèvement de redevances est extrêmement répandu puisqu’il concerne 80 % des enseignes qui ont répondu à notre enquête de juillet 2009. Ces royalties sont indissociables du commerce organisé. C’est grâce à elles que le franchiseur peut assurer les services utiles au bon fonctionnement de sa chaîne. Et la plupart du temps, le retour sur investissement est, pour l’adhérent, à la hauteur des efforts financiers consentis.
Les royalties versées par ses franchisés concourent aussi à faire vivre le franchiseur, car elles ne sont pas systématiquement réinvesties dans l’assistance au réseau. "Il y a une part de profit, en effet. Mais après tout, les franchiseurs sont aussi là pour gagner leur vie et avoir une entreprise rentable", plaide l’avocate Laurence Vernay.
Sur 322 enseignes qui nous ont déclaré prélever une redevance, 211 appliquent le principe d’une participation proportionnelle au chiffre d’affaires (1 à 5 % de celui-ci). C’est le plus répandu et aussi celui qui paraît le plus équitable, puisque chaque franchisé paye en fonction de ses moyens.
Un système a priori gagnant-gagnant, censé permettre à la tête de réseau de multiplier et de renforcer les services fournis, au fur et à mesure que ses adhérents montent en puissance. Il a malgré tout ses limites. Le risque étant notamment que les franchisés les plus performants aient le sentiment de payer très cher, pour bénéficier des mêmes services que leurs confrères. Toutes les enseignes ne fonctionnent pas avec des redevances proportionnelles. Près d’un quart d’entre elles leur préfère ainsi les royalties forfaitaires. Soit un montant fixe, le même pour tous les adhérents, calculé indépendamment de leur chiffre d’affaires.
Un phénomène que l’on observe notamment chez les jeunes réseaux, dont les franchisés ne réalisent pas encore suffisamment d’activité pour qu’une redevance proportionnelle soit intéressante. Et qui peut aussi relever d’une stratégie commerciale, les enseignes estimant parfois qu’il est plus "vendeur", vis-à-vis des candidats. Si les royalties sont quasiment indissociables du modèle de la franchise, elles ne sont pas gravées dans la pierre. Ainsi, en 2009, une quinzaine de réseaux, dans la restauration, l’ameublement ou encore les services, ont modifié – pour moitié à la baisse – le montant de leurs redevances. Un moyen d’aider leurs franchisés à passer un cap difficile, dans une conjoncture tendue.
Un certain nombre d’enseignes consentent par ailleurs, au cas par cas, à des réductions pour leurs éléments les plus anciens. Inutile, en revanche, d’essayer de négocier le montant des royalties au moment d’entrer dans un réseau. La démarche est au contraire extrêmement mal perçue par les enseignes.
Enfin, aux redevances d’enseigne, il faut ajouter celles de publicité, utilisées par les enseignes pour financer leurs campagnes nationales. Les deux tiers des réseaux y ont recours, le plus souvent sous la forme de prélèvements annuels sur le chiffre d’affaires. Toutefois, certains contrats prévoient que cette redevance sera prélevée une fois que le réseau aura atteint une taille critique.
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