Reprendre une entreprise franchisée : une bonne affaire ?
Par Laure Guiserix, Franchise-Magazine.com, publié le 6 janvier 2009
Les réseaux matures sont à la recherche constante de nouveaux partenaires : un tiers des franchiseurs sont confrontés à la question des transmissions d’entreprises franchisées au sein de leur réseau, selon une enquête CSA réalisée en 2007 pour la FFF et le groupe Banque Populaire. Ils ne souhaitent pas tant conquérir de nouveaux territoires que préserver leurs emplacements : l’arrivée de la génération du « baby-boom » à l’âge de la retraite accentue le nombre de cessions. Et, depuis la fin 2008, d’autres types d’opportunités, liées à la conjoncture, se font jour.
Parmi les points spécifiques à regarder : les contrats (de franchise et de bail commercial). Si le contrat de franchise se poursuit dans les même termes et conditions que le contrat initial, « il est indispensable de voir quand [il se termine] et quelles suites entend lui donner le franchiseur : il faut s’assurer du renouvellement avant de signer pour savoir dans quoi on s’embarque », avertit Anne Bonnichon, associée du cabinet d’expertise comptable Exco à Clermont-Ferrand.
Mais dans la majorité des cas, le repreneur signe un nouveau contrat de franchise avec obligation de suivre la formation initiale et de s’acquitter du droit d’entrée. « En cas de rachat des parts sociales de la société du franchisé, le droit d’entrée ne doit normalement pas être payé à nouveau puisqu’il figure déjà dans les bilans », précise l’expert-comptable. Le choix d’un rachat du fonds de commerce ou des titres sociaux n’est en effet pas sans conséquence.
Dans le premier cas, le repreneur acquiert uniquement l’actif de la société, c’est à dire l’ensemble des éléments corporels et incorporels qui permettent d’exercer l’activité : droit au bail, matériels, clientèle…
Dans le second, il reprend la structure dans sa globalité, y compris le passif.
A négocier donc en fonction des intérêts fiscaux et sociaux de chaque partie. Quelle que soit la forme juridique du rachat, il convient de bien vérifier quelle est la durée du bail commercial restant à courir, le locataire ne pouvant prétendre à son renouvellement qu’après l’avoir occupé personnellement sur les trois années précédant son échéance.
La reprise permet au franchisé de gagner beaucoup de temps dans un contexte où les emplacements stratégiques se font de plus en plus rares. Elle rassure par rapport à une création puisque le repreneur peut visualiser l’entreprise en fonctionnement opérationnel et vérifier son positionnement sur le marché. Celui-ci étudie également les bilans réalisés pour juger de la viabilité future du point de vente et réduire ainsi les risques d’échec. Anne Bonnichon conseille de bien vérifier toutefois pour quelles raisons le cédant vend son magasin : « Si une modification des conditions d’exploitation est prévue, il faut vérifier que le niveau de chiffre d’affaires va être récurrent sur le long terme. »
Mais l’opération revient, sauf exception, plus chère qu’une création. « Le repreneur n’achète pas qu’un emplacement, remarque l’expert-comptable. Plus l’activité marche bien, plus le prix de cession est élevé. » Le rachat d’un point de vente pas très rentable peut finalement être une meilleure opportunité. « Le tout est de bien regarder pourquoi un magasin ne fonctionne pas bien : s’il manque de netteté ou si le franchisé ne faisait pas preuve d’un grand dynamisme, ce sont des points facilement améliorables. En revanche, si c’est à cause d’un mauvais emplacement, la question ne se pose pas : fuyez ! »
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