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    LAFORET HABILLAGE 2019

    E-commerce en franchise : un canal à part ?

    Dernière mise à jour le 4 mars 2019

    De plus en plus connectées, les enseignes n’en restent pas moins timides dès lors qu’il s’agit de vendre par internet. Toutes prônent les vertus de l’omnicanal. Mais à peine plus de la moitié ont sauté le pas du e-commerce.

    Alors que tous ou presque utilisent internet pour présenter leurs produits ou services,  indiquer la localisation de leurs points de vente et recruter de nouveaux franchisés, seuls 54 %* des franchiseurs avaient en 2017 sauté le pas du e-commerce. Leur proportion progresse : ils n’étaient qu’un tiers cinq ans plus tôt. Mais elle progresse lentement. Bien trop, estiment certains conseils des têtes de réseaux, qui pointent un véritable « non-sens » à l’heure ou explosent les usages en ligne. A l’opposé, les défenseurs des franchisés, plus sceptiques, pointent les dangers que le web marchand fait peser sur la cohésion et les performances des chaînes de magasins physiques. Et appellent à la prudence.

    Un franchiseur sur deux pratique le e-commerce

    Gaëlle Toussaint-David est des premiers. L’avocate, conseil des franchiseurs (Cabinet Simon Associés), se dit « surprise » du nombre de ses clients qui n’ont pas encore de site de vente en ligne. « Peu de secteurs d’activités peuvent aujourd’hui se passer du e-commerce. Et cela vaut aussi en franchise », estime-t-elle. Alors, qu’est-ce qui freine les enseignes ? « Des questions de coût et de logistique, d’abord. Créer un site marchand de bonne qualité demande des investissements conséquents. Au départ mais pas seulement, puisqu’il faut faire en sorte qu’il reste bien référencé dans le temps », souligne l’avocate.

    Vendre en ligne suppose aussi d’avoir les moyens de livrer ses clients, en point relais ou à domicile. Sans compter que le code de la Consommation prévoit désormais un délai de rétractation de 14 jours pour les achats à distance. « En magasin, un commerçant n’est pas tenu de reprendre un produit non défectueux. En ligne, cette obligation pèse sur lui comme une épée de Damoclès. Si le client se rétracte, il faudra non seulement le rembourser mais aussi prendre en charge les frais de retour », explique Gaëlle Toussaint-David. Qui comprend, dès lors, que certains s’interrogent sur l’opportunité de se lancer et prévient : « le modèle n’est pas si rentable qu’il y paraît ».

    *Source : Enquête Banque Populaire/Fédération française de la franchise

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