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    Ils avaient les finances et l’expérience et pourtant, c’est l’erreur de casting

    Tribune publiée le 30 janvier 2017 par Murphy TAILLY
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    “Qu’est-ce qu’un bon candidat à la franchise ?”, s’interroge l’auteur, spécialiste des problématiques de ressources humaines en lien avec la franchise. Qui conseille aux têtes de réseaux de “replacer l’humain au centre des réflexions”.

    Selon le dernier Baromètre de la Franchise, près de la moitié des franchiseurs interrogés avouent avoir des difficultés pour trouver des candidats à la franchise. Seulement, qu’est-ce qu’un bon candidat ? Une personne aux ressources financières suffisantes pour intégrer le marché ? Pas forcément. Un candidat riche d’une forte expérience ? Pas toujours. Explications.

    L’argent ne fait pas tout

     

    Aujourd’hui, les chiffres du dernier baromètre Banque Populaire le prouvent, la principale difficulté du développement d’un réseau reste le financement des franchisés. On parle ici d’un problème soulevé par plus de 60 % des franchiseurs sondés. Il s’agit d’une vraie problématique qui peut, pourtant, être résolue de différentes manières : banques, investisseurs ou encore les plateformes de crowdfunding sont des alternatives efficaces. C’est pourquoi on peut facilement être tenté d’intégrer tout candidat permettant de passer ce barrage du financement dès lors qu’il aurait une connaissance métier ou technique. Et pourtant, c’est parfois (très) loin d’être suffisant…

    Replaçons l’humain au centre des réflexions

    Toujours d’après les franchiseurs sondés par le baromètre Banque Populaire, quand vient l’énumération des facteurs clés de la réussite d’un réseau, trois se distinguent aisément :

    1. La pertinence et la qualité du concept
    2.  La relation franchiseur / franchisé (pour près de 64% des franchiseurs, soit en hausse de neuf points par rapport à l’an passé)
    3. La qualité des franchisés (pour plus de 50 % des franchiseurs)

    Pourquoi ces 3 facteurs sont intéressants ? Parce qu’on y retrouve deux éléments liés à la personne, à l’humain, et non pas au domaine financier ou métier. Lorsque vient le sujet du développement cohérent et pertinent de son réseau, ce sont des qualités personnelles et des capacités à partager une relation saine qui sont avant tout recherchées. Non pas une simple capacité financière permettant d’intégrer le marché ou une expérience précédente. Il est donc primordial de ne pas se tromper de candidat et de s’attacher à qui il est plutôt qu’à ce qu’il a fait.

    Le savoir-être, cette donnée à ne plus négliger

    Le financement n’est pas le seul sujet important, le bagage technique et l’expérience peuvent aussi mener droit vers des erreurs de casting. Un candidat, riche d’une expérience dans le domaine de la franchise ou dans le secteur d’activité développé, est-il une valeur sûre pour un réseau ? Et bien pas forcément. Il est impératif qu’il partage les valeurs et la vision du réseau concerné. Autrement, il finira par y avoir une rupture entre le franchisé et le franchiseur. Pour éviter cela, s’intéresser au savoir être est essentiel d’autant plus que la compétence technique peut s’acquérir. C’est d’ailleurs la valeur ajoutée du franchiseur que de pouvoir accompagner ses franchisés dans l’acquisition du concept et sa mise en ½uvre. Le savoir-être lui ne changera pas, on ne peut pas demander à quelqu’un d’aller contre sa personnalité.

    Pourquoi parler de personnalité ?

    Identifier le profil d’entrepreneur adapté à votre réseau c’est s’approprier des éléments objectifs sur les ressources personnelles du candidat :

    • A-t-il le comportement adéquat pour évoluer dans mon réseau ?

     

    • Partage-t-il les valeurs propres à l’enseigne et au concept ?

     

    • Possède-t-il les aptitudes nécessaires pour gérer sa franchise ?

    Des éléments qui pourront conforter un franchiseur dans son processus de recrutement. Mais qui pourront également appuyer l’appel au financement via des campagnes de crowdfunding qui ont besoin du maximum d’éléments tangibles pour rassurer les potentiels investisseurs, l’humain vient alors au secours du financier et non l’inverse. Une entreprise repose avant tout sur celui qui la porte. C’est d’autant plus vrai dans le domaine de la franchise, cet univers d’entrepreneurs où la performance d’un réseau dépend des hommes qui le composent.