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    Entreprendre à deux : une bonne idée ?

    Tribune publiée le 5 février 2020 par Nathalie DUBIEZ
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    Pour mener un projet entrepreneurial en couple ou en association, il faut se poser les bonnes questions, explique l’auteur, fondatrice d’Aureabee, écosystème financier destiné aux réseaux. Qui fait le point sur pièges à éviter quand on se lance à deux.

    Nathalie Dubiez, fondatrice d'AureabeePar Nathalie DUBIEZ, Fondatrice, Aureabee

    Entreprendre à deux ne s’improvise pas. L’envie de travailler ensemble ne suffit pas pour mener à bien un projet entrepreneurial. Il convient de s’interroger en toute transparence et comprendre pourquoi cette association est souhaitée par chacune des parties.

    Pourquoi entreprendre à deux ?

    Pourquoi ? Rechercher une complémentarité de compétences est pertinent : gestionnaire versus commercial par exemple. Cette complémentarité peut concerner :

    • le comportement (impulsif, dynamique voire explosif versus calme, posé ou réfléchi) qui aura un impact sur le management ou dans la relation client
    • ou le fonctionnement opérationnel avec des postures différentes (action versus analyse).

    La réponse : à chacun son territoire, en ajustant si nécessaire.

    Si un des porteurs de projet ne dispose pas de l’apport nécessaire pour entreprendre seul, il opte parfois pour une association afin de disposer des fonds nécessaires pour pouvoir boucler son financement. Cela peut conduire à des tandems où l’associé majoritaire n’est pas le franchisé désigné au contrat dans la clause intuitu personae. Ce schéma accepté par certaines enseignes peut être refusé par d’autres.

    Entreprendre en franchise apporte un cadre « sécurisant » = le franchisé contrairement à un entrepreneur « solo » n’est pas seul. Il peut consulter l’enseigne ou un de ses pairs. Il n’est pas nécessaire de s’associer pour éviter l’isolement, mais on peut le faire pour se rassurer.

    Entreprendre a deux : les pièges à éviter

    Les pièges à éviter ? S’assurer que l’on a le même projet, la même vision entrepreneuriale ou a minima des visions qui ne soient pas opposées : gagner de l’argent, rechercher un ascenseur social ou statutaire, donner du sens à son travail, faire grandir ses collaborateurs… Il est fortement conseillé de faire preuve d’une grande transparence car, sous tension, les associés se centreront sur leurs valeurs communes et les valeurs opposées seront source de friction.

    Sécuriser l’environnement financier privé : vérifier que le modèle économique du projet permet de rémunérer les deux associés dans un délai raisonnable, et accepté par les deux et par leurs proches. Si, en cours d’association, la situation financière se tend en raison d’un aléa d’exploitation (baisse de trafic, travaux, problèmes de personnel etc…), les dirigeants pourraient être amenés à réduire leur rémunération. Ce volet financier pourrait être une source majeure de désaccord surtout si leurs statuts sont différents (TNS pour le gérant versus salarié pour le second). Dans le cas d’un couple, la négociation concernant le partage sera plus aisée mais le risque de défaillance du projet aura des conséquences plus lourdes : « les œufs seront dans le même panier ».

    Partager équitablement le capital et les rôles La détention à 50/50 est la solution la plus classique mais elle constitue un pari risqué en cas de désaccord. Le pire est en effet l’absence de décision que peut engendrer cette équité parfaite, chacun restant sur sa position. 51/49 permet un partage équitable de la valeur sans blocage. Octroyer un maximum de 5 % à un tiers arbitre est également une alternative (47,5/47,5).

    Entreprendre en couple rajoute une dimension émotionnelle majeure au projet qu’il convient de ne pas minimiser. Il est illusoire de penser que les mondes seront cloisonnés : vous amènerez votre bureau à la maison et inversement. Il faut juste l’accepter et que chacun trouve son propre espace d’oxygénation pour se ressourcer !

    A vous de jouer !