Fermer
Secteurs / Activités

    Bien présenter ses prévisionnels

    Tribune publiée le 19 mai 2010 par Marie-Piere OMNES
    En savoir plus sur l'auteur

    L’auteur détaille les règles et astuces qui doivent permettre aux futurs franchisés de la distribution “d’optimiser la présentation financière” de leurs comptes prévisionnels auprès des banquiers.

    -Le sérieux, l’historique, la réussite des points de vente, le développement du réseau intéressent le banquier sollicité pour financer le projet du futur franchisé. La présentation du dossier prévisionnel par le franchisé, comportant le compte de résultat, le bilan, le plan de financement et la trésorerie sur 3 ans, permet au banquier de valider la faisabilité du dossier. Quelles sont les recommandations à suivre pour le mettre en confiance ?

    -Le franchisé adapte le compte d’exploitation du point de vente pilote de l’enseigne
    en fonction de la ville et de l’emplacement retenus : le CA prévisionnel est approché en faisant évoluer les chiffres proposés par le franchiseur en fonction d’une étude de marché et de critères propres au site choisi (saisonnalité, culture de la clientèle, …). Les marges tiennent compte des tarifs pratiqués par l’enseigne, adaptés à la catégorie professionnelle et aux revenus de la clientèle potentielle.
    Le niveau des stocks est apprécié en fonction de la composition des ventes et de la saisonnalité. L’effectif et la qualification du personnel du point de vente dépendent de la surface et du type des produits vendus (transformés ou non, date limite de vente…).
    Le statut du dirigeant et sa couverture sociale sont fonction de la forme de société, de sa participation au capital. Une analyse précise est indispensable pour retenir le statut le mieux adapté à la situation personnelle du dirigeant et de son conjoint s’il participe à l’activité : dirigeant salarié ou travailleur non salarié, conjoint salarié, conjoint-collaborateur, co-gérant. Les frais de personnel doivent être déterminés en fonction de ces éléments.
    L’enveloppe des impôts et taxes est à ajuster en fonction des taxes locales : taxe foncière, CET (taxe professionnelle), et des spécificités de l’activité. (tascom, taxe sur les enseignes,…)

    -Le bail commercial définit le montant du loyer des locaux. Le futur franchisé fera relire son bail par un juriste. Le montant doit être conforme aux usages de la profession. Une attention particulière est apportée aux modalités de versement : périodicité de règlement et de révision, montant du dépôt de garantie…

    -Le franchiseur propose une enveloppe d’investissements pour l’agencement du local au concept. Le futur franchisé valide leur volume en faisant réaliser des devis. Il est pertinent de répartir l’amortissement comptable de ces investissements et le remboursement de l’emprunt finançant le projet sur une durée n’excédant pas celle du contrat de franchise.
    Les règles comptables et fiscales relatives aux frais exceptionnels liés à l’ouverture du point de vente incitent à les déduire en charge dès la première année. Il est important de les présenter en « charges exceptionnelles » pour permettre au lecteur des comptes d’apprécier leur impact sur le compte de résultat.

    -Le franchiseur et le banquier attendent un apport du candidat (capital et apport en compte courant d’associés) proche de 30 % des besoins de financement.
    Le montant de l’emprunt doit couvrir les investissements, le besoin en fonds de roulement (stock, délai de règlement clients et fournisseurs). Une attention sera portée au taux de l’emprunt, aux garanties, au coût des contrats d’assurance et aux risques couverts.
    La taxe sur la valeur ajoutée liée aux investissements doit être financée par un emprunt court terme dans l’attente du remboursement par la recette des impôts.
    Un expert-comptable spécialisé dans la franchise et le secteur d’activité réalisera une présentation optimisée du projet.