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    De l’idée au réseau de franchise : une mécanique de précision

    Tribune publiée le 10 octobre 2012 par Stéphane GRAC
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    La franchise représente un des modèles de développement les plus complexes et les plus originaux de notre droit, rappelle l’auteur, avocat. Encore faut-il en maîtriser tous les paramètres (concept, réseau…) et éviter les approximations.

    Une idée en soi, n’est rien ou pas grand-chose… quand bien même elle serait géniale. Une idée, cela se structure, se met en forme, se développe, se protège … Certaines idées menées à terme ont fait la fortune de leur auteur (une recette de cuisine a fait la richesse d’un marchand de poulet, une autre celle d’un distributeur de hamburger, une autre encore celle d’un petit génie de l’électronique ou d’un amateur de vin …)

    Toutefois une idée isolée, ne fait pas un concept. Un concept, c’est bien plus que cela ! Un concept est en pratique un ensemble d’idées ordonnancées selon une logique qui lui est propre et qui fait qu’il est immédiatement identifiable et différenciant. Cet ordonnancement fait sa spécificité et crée autour de lui un univers à part entière, qui permet de le distinguer des autres concepts quand bien même il serait positionné dans le même secteur d’activité.

    Un concept seul ne fait pas un réseau

    Or, un concept seul ne fait pas un réseau. Un réseau, c’est bien plus que cela ! Un réseau, c’est un système relationnel réflexif de degré supérieur, extrêmement complexe, qui doit être maîtrisé dans toutes ses dimensions (conceptuelles, contractuelles et corporatives).

    Dès lors, un réseau ne peut manifestement pas être la conséquence d’un habillage juridique aléatoire et non maitrisé. Au contraire le réseau doit être adapté au concept développé, en d’autres termes c’est la nature et le degré de maîtrise du concept qui dictera sa Loi en imposant la forme juridique adaptée au contrat et au réseau (agréation, licence, distribution sélective,…).

    Or, un simple réseau, ne fait pas réseau de franchise. La franchise est un des systèmes relationnels et structurels les plus complexes de notre droit. La franchise est un acteur social du troisième degré par delà le contrat et l’organisation.  Dès lors, une tête de réseau maîtrisant ses fondamentaux dispose en la franchise d’un merveilleux modèle de développement partagé.

    Tout concept ne peut pas être développé en franchise

    Or tout concept ne peut pas être développé sous forme de “franchise”, puisque certains concepts ne sont pas suffisamment structurés pour souffrir des exigences et des contraintes de la franchise. Et si tel est le cas, encore faut il que les équilibres essentiels à ce type d’organisation soient maîtrisés, sous peine de se traduire inévitablement par un échec retentissant. Celui-ci sera d’autant plus remarquable que la duplication du contrat stéréotypé, qui en représente l’ossature, aura tendance à en démultiplier les faiblesses et lacunes, aboutissant par là-même aux affres bien connus des requalifications juridiques en gestion de fait et en contrat de travail. Voire, dans les cas les plus extrêmes, aux faillites individuelles et collectives de ses membres…

    En somme, la franchise représente un modèle de développement parmi les plus complexes et les plus originaux de notre droit, notamment en raison de la multiplicité de ses dimensions : contractuelles, organisationnelles et corporatives. La franchise apparait par la même comme une mécanique de précision dont tous les paramètres sont censés être maîtrisés et qui dès lors ne peut se satisfaire d’approximations.

    Ainsi, le titulaire du réseau, avant d’opter pour ce modèle de développement et de commercialisation, doit toujours avoir à l’esprit qu’il doit prendre le temps d’expérimenter et de mettre au point non seulement son concept et son savoir-faire mais également son savoir – franchiser. Autrement dit, avoir acquis la maîtrise du métier de franchiseur.  La réussite de son réseau de franchise est à ce prix !