Fermer
Secteurs / Activités

    Finançons les jeunes franchiseurs !

    Tribune publiée le 9 février 2011 par MELLINGER
    En savoir plus sur l'auteur

    “Comment stimuler la création de richesse collective ? Stimulons l’accès des candidats franchiseurs au financement de leur projet ! “, lance le président d’Epac.

    Alors que la loi de finances 2011 a été adoptée sur fond de contraintes contradictoires entre la nécessité de réduire les déficits publics et les indispensables incitations à l’investissement dans les entreprises, on ne peut s’empêcher une réflexion sur le financement des candidats franchiseurs.

    On parle depuis des mois de durcissement des conditions d’obtention des prêts pour les franchisés. Dénégations véhémentes de la part des banques qui mettent en avant la croissance de leurs encours et se plaignent de la baisse de la demande. Dont acte !

    Qu’en est-il du financement des candidats franchiseurs ?

    J’en rencontre régulièrement dans mon activité de conseil : le concept est bon, il est attractif mais le franchiseur n’a plus de capitaux. Il les a investis dans son pilote qui au bout de 1 an ou 2 n’a pas encore pu générer les sommes nécessaires aux dépenses liées à la création d’un réseau.

    Ces sommes nécessaires sont relativement réduites : 60 000 € à 100 000 €, bien moins que la plupart des besoins des franchisés ! Et pour un risque très inférieur. Malgré cela, rares sont ces candidats franchiseurs qui obtiennent ce très faible concours bancaire.

    Un beau gâchis, sous forme de recettes sociales et fiscales perdues par milliards. Quels sont les enjeux ?

    Les recettes sociales. Un réseau qui réussit c’est un potentiel à 5 ans de 60 à 100 points de vente. A raison de 4 emplois en moyenne par point de vente, ce sont 240 à 400 emplois. Ces emplois génèrent annuellement entre 1,4m€ et 3m€ de salaires qui sont mis dans le circuit économique sous forme de consommation et sont déduits des montants versés sous forme d’allocations chômage. Ces emplois génèrent annuellement entre 350 000€ à 750 000€ de recettes sociales.

    Les recettes fiscales. Un CA de 400 000 € par point de vente génère environ 40 000 € de recettes nettes sous forme de TVA. Pour un réseau de 60 à 100 points de vente : entre 9,6 m€ et 20 m€ ! A ces sommes il faut rajouter l’impôt sur les sociétés : à raison d’une rentabilité de 10 %, environ 7 500 € d’IS, soit pour nos points de vente de tout à l’heure entre 1,7 m€ et 3,7 m€ par an !

    Quand on additionne recettes sociales et recettes fiscales, on ne parle pas moins de 12 m€ à 24 m€ générés pour la collectivité, tout cela, pour un seul réseau ! Que pourraient rapporter à la collectivité 10 ou 50 réseaux. Et ces chiffres n’incluent pas le bénéfice des emplois et profits induits chez les fournisseurs de ces réseaux !

    Osons mettre en relation les 60 000 € à 100 0000 € évoqués plus haut avec le gain pour la collectivité que nous venons de calculer : 100 000€ d’emprunt qui rapportent 12m€ à 24m€ à la 5° année ! Soit 117 fois à 244 fois la mise de départ, mise qui n’est jamais qu’un risque minime pour le préteur, surtout si ce risque est couvert en grande partie par Oséo !

    Une vraie raison de mener une intense action de lobbying pour que les candidats franchiseurs puissent avoir facilement accès au crédit « coup de pouce » dont ils ont besoin.

    D’autant plus qu’il est extrêmement facile de minimiser le risque lié à ces prêts. Il suffit de vérifier que le concept du candidat franchiseur répond aux critères définis par le Code de Déontologie de la franchise : un succès avéré, une marque, un savoir-faire et une assistance. Pour ce dernier point il suffit de vérifier que l’obligation d’assistance figurera dans le contrat de franchise du réseau. Facile, nous le faisons en permanence !