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    Franchise et capital immatériel, suite : à la recherche de la richesse cachée…

    Tribune publiée le 26 août 2013 par Laurent POISSON
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    Suite à leur précédente tribune libre sur le capital immatériel des organisations en réseau (publiée sur notre site le 20 mars 2013), les auteurs s’intéressent à ce qui le compose et au rôle essentiel qu’il tient, selon eux, dans la production de richesse.

    La valeur de nos réseaux repose sur la capacité du franchiseur à construire à moyen et long terme les conditions de la rentabilité future de ses franchisés et par voie de conséquence la sienne propre. Comme dans toutes les entreprises, la rentabilité future suppose que demain, comme aujourd’hui, les clients achètent les produits et les services de l’entreprise. Mais que faut-il pour créer des produits et/ou des services prêts à la vente et les vendre ? Il faut des machines, des matières premières, des brevets, des marques, des hommes, une organisation…

    La comptabilité ne retient que les facteurs de création de valeur tangibles : immobilisations, actifs circulants, actifs incorporels… La valeur d’une entreprise est donc rarement égale à la valeur comptable issue du bilan, car le bilan ne permet pas de cerner la qualité des facteurs de production de la richesse future.

    Du solide, du liquide et… du gazeux

    Le concept, la marque, les savoir-faire, le réseau dans son organisation et son management, sont autant d’éléments fondamentaux (au sens propre), identifiables, mais pour la plupart non immobilisés au sens comptable du terme, et sans lesquels les entreprises en réseau ne peuvent pas se développer, fonctionner et donc créer de la richesse à court ou long terme.

    Pour utiliser une image, la valeur d’une entreprise peut être décomposée en 3 parties :

    • du solide (les actifs immobilisés),

     

    • du liquide (les matières premières, le stock et les disponibilités)

     

    • et du gazeux. Le bilan fait ne fait apparaître que le solide et le liquide et pas tout ce qui constitue le capital immatériel, c’est-à-dire le gazeux.

    Pour poursuivre l’image, l’action des dirigeants et des managers consiste à créer du gaz pour ensuite le compresser et le transformer en liquide (Cash) …puis  en solide. Les cash flows futurs sont donc la combinaison des trois états de la matière ; solide + liquide + gazeux = cash flows futurs. Et cette partie gazeuse  pèse lourd !

    Actifs immatériels et “capital réseau”

    Nous sommes depuis 15 ans dans une économie dominée par l’immatériel. Selon le Ministère de l’Economie et des Finances, tous les ans en France le poids des investissements dans l’immatériel représente 2/3 des investissements totaux. Selon la Banque Mondiale, l’économie française est immatérielle à 86 %.

    Les actifs immatériels peuvent être répartis en 9 grandes classes qui nous serviront à les évaluer :

    • le capital client (fidélité, solvabilité, rentabilité, satisfaction…) ;

     

    • le capital humain (motivation, savoir être, compétence, climat, expertise, leadership…) ;

     

    • le capital organisationnel (politique qualité, sécurité, orientation client, processus de contrôle, supply chain…) ;

     

    • le système d’information (couverture métier, ergonomie, fiabilité, coûts…) ;

     

    • le capital de savoir (RetD, secrets de fabrication, savoir-faire et évolution, brevets) ;

     

    • le capital de marque (notoriété, réputation, singularité…) ;

     

    • le capital partenaires (statut de la tête de réseau, nombre par produit stratégique, satisfaction du client, fidélité…) ;

     

    • le capital actionnaire (réserve de ressources financières, patience, influence, conseil)

     

    • et le capital environnemental (abondance et qualité de la ressource naturelle, qualité de l’environnement sociétal…).

    Auxquels vient s’ajouter dans le cas particulier des réseaux, le capital réseau (les hommes, les sites, la mise en oeuvre du concept, le contrat, les instances de dialogue….).  Dans une prochaine tribune nous verrons comment faire le lien avec nos réseaux et les outils d’évaluation de ces différents éléments du capital immatériel.

    A lire aussi :
    Franchise et capital immatériel, par Laurent Poisson et Alan Fustec