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    Franchise : les universités supplantent-elles les écoles de commerce ?

    Tribune publiée le 24 janvier 2011 par MELLINGER
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    Pour l’auteur, alors que les universités sont maintenant nombreuses à accueillir la franchise, les écoles de commerce ont manqué ce “train”. L’auteur appelle à ce sujet les professionnels de la franchise à ne pas abandonner ce terrain.

    Le colloque organisé en novembre 2010 par la Fédération Française de la Franchise a permis de confirmer l’importance que la franchise a prise dans le milieu universitaire. Recherche mais aussi enseignement.

    Depuis des années la FFF fournit des sujets de recherche au monde universitaire : “franchise et culture managériale”, “les effets concurrentiels de la franchise”, “capacité de réactivité des réseaux de franchise”, “quels sont les savoir-faire, sources de l’avantage concurrentiel en franchise ?”… pour ne citer que ceux-là.

    Parmi les universités impliquées : CNRS, Université de Rennes, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris IX Dauphine, IAE Toulouse, IAE Bordeaux….

    Cette initiative a largement permis à la franchise de “s’installer” à l’université. Car, naturellement, cette présence en laboratoire s’est étendue à l’enseignement. La franchise n’est plus simplement un sujet de recherche, elle est entrée dans le cursus des étudiants et par là, se fait connaître des étudiants qui seront autant de futurs cadres potentiels de la franchise.

    Université de Haute Alsace, Université de Rennes, Dauphine à Paris, autant de lieux où des étudiants peuvent apprendre la franchise ou, au moins, découvrir certains de ses aspects.

    Ce mouvement vertueux fournit au monde de la franchise des cadres initiés et informés du dynamisme d’un secteur dont la capacité à toucher “tous” les domaines ne se dément pas depuis plus d’un demi siècle.

    A ma connaissance, les écoles de commerce ont manqué le train de la franchise. A part l’ISC Paris où j’enseigne depuis 2 ans, l’Essec Executive Education qui me fait intervenir dans un cursus de repreneurs d’entreprises et l’Essec où je parlerai de franchise à des étudiants dans un cursus “Créer, manager et céder une PME”, je ne connais pas d’autres initiatives.

    Paradoxe : les écoles où on enseigne le commerce produisent des diplômés qui ignorent tout ou presque d’un secteur et d’un modèle économique qui représente 50 000 entreprises, 660 000 salariés et un CA de 47 Mds€, soit 12 % du commerce de détail en France (selon la FFF) !

    Les écoles portent une large responsabilité à ce loupé : elles ont un devoir de veille qui aurait dû les rendre attentives à un secteur en pleine effervescence. Les professionnels de la franchise ne sont pas innocents non plus. Les initiatives mises en œuvre envers l’université peuvent être étendues, quitte à être adaptées, aux écoles.

    Beaucoup d’acteurs du monde de la franchise sont issus des écoles de commerce. A travers les liens qu’ils peuvent avoir, il leur revient de faire connaître la franchise dans leur école avec comme objectif ultime, d’intégrer l’enseignement des fondamentaux de la franchise dans le cursus des étudiants.

    Le terreau est favorable. Le cours que j’ai donné cette année à l’ISC Paris a été dispensé à 32 élèves de 3° année et de MBA “entrepreneur”. Presque tous les élèves avaient un projet de création très crédible. La moitié de ces projets ont été imaginés dans une perspective de développement en franchise !!!

    Ce sont les élèves qui poussent. Aux professionnels de desserrer le frein.

    L’enjeu ? Enorme : générer un flux croissant de talents de niveau BAC + 5 qui spontanément s’orientent vers la franchise à la sortie de l’école, enrichissent le secteur, améliorent les pratiques dans les réseaux, accélèrent le mouvement vertueux de croissance déjà largement entamé et contribuent à écrire et parfaire la doctrine de la franchise.

    Rien de moins que cela.