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    Franchiseur et franchisés : protections mutuelles contre la crise

    Tribune publiée le 20 mai 2009 par Hubert BENSOUSSAN
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    Par gros temps, les franchisés font tampon, absorbant une partie du choc. Si le franchiseur renforce animation et communication, tous y gagneront. C’est le double effet franchise, selon l’auteur.

    Emile Coué en serait outré. Exit les annonces de résultats ronflants, d’amortissement de l’investissement en un temps record ou de succès garanti en cas de respect des normes.
    La transparence mais aussi la crise modifient la donne même si cette dernière ne touche pas encore tous les secteurs d’activité. Franchiseurs immobilier, avant de vendre mieux, il faut déjà vendre… Déménageurs, le travail est plus ardu à trouver; restaurateurs, cela baisse moins que les tristes veulent bien le dire, mais cela baisse.
    Chacun, franchiseur, franchisé, consommateur, vit une information stressante au quotidien, dont les médias claironnent gaiement les déclinaisons multiples. La crise impacte un marché aux tendances incertaines et rien ne sert de maquiller la situation.

    Pour autant, tout n’est pas négatif. La conjoncture cristallise en effet une subtile synergie franchiseur – franchisé qui se traduit par un double avantage concurrentiel pour la franchise.

    En premier lieu, là où les résultats sont difficiles
    , les franchisés font tampon et une majorité d’entre eux parvient à en absorber les conséquences mieux que ne le ferait une entreprise succursaliste. La petite entreprise a plus de facilité à réduire la voilure. Elle peut être plus économe. Elle est soumise à de moindres contraintes en droit du travail et peut licencier plus facilement tout en profitant de l’élasticité du temps de travail de son dirigeant.

    En second lieu, parce que, caractérisée par un savoir-faire substantiel, la franchise a pour essence l’efficience, avec des moyens aiguisés pour lutter contre des situations difficiles que bien des acteurs n’ont pas les moyens de combattre.
    Franchiseurs, en cette période, les chiffres sont souvent moins bons. Ne les cachez pas pour autant. Chacun le sait, les crises ont une fin.

    On l’a vu, le franchiseur est protégé de la crise par ses propres franchisés. Certes, il voit la redevance diminuer, mais la protection dont il bénéficie lui permet de mieux faire face, en maintenant une communication suffisante et des diligences adéquates. Le franchisé en profite, car le premier budget rogné par les commerçants isolés est celui de la communication…
    Les animateurs chargés de la franchise n’ont pas à intervenir sur les succursales.

    Le franchiseur doit focaliser ses atouts sur l’optimisation des conditions de fonctionnement des unités franchisées, avec notamment :
    -une surveillance de l’application stricte des consignes des manuels opérationnels, sans exclure des dérogations organisées pour s’adapter au contexte ;
    -un rôle exceptionnellement accru des commissions de réflexion, sur tous les problèmes posés par la conjoncture, avec, sous réserve de respecter l’obligation de confidentialité, implication au moins partielle dans la réflexion de tous les acteurs liés au réseau (franchiseur, franchisés, fournisseurs et consommateurs) ;
    -une présence renforcée des animateurs auprès de tous les franchisés, et pas seulement ceux en difficulté ;
    -Le maintien, voire le renforcement, d’une communication soutenue.

    Source d’efficacité, si ce n’est de succès, pendant la crise, la stratégie d’un bon franchiseur peut être un tremplin fort profitable après la crise !