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    Futurs franchisés : ayez les bons réflexes !

    Tribune publiée le 19 juin 2012 par François-Régis VIGNON
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    Pour optimiser les chances de réussite de votre projet, il vous faut acquérir certains réflexes, estime François-Régis Vignon, expert-comptable spécialiste de la franchise, qui délivre ses conseils.

    Vous avez l’ambition de devenir chef d’entreprise. Après avoir adhéré au concept de la franchise une enseigne vous a séduite. Plusieurs rencontres avec les dirigeants du réseau de franchise se profilent à l’horizon. Face à ces échéances, il est indispensable d’acquérir certains réflexes pour optimiser les chances de réussite de votre projet.

    Il convient tout d’abord, avant de se concentrer sur votre prochain réseau de franchise, d’évaluer précisément les risques et atouts de votre activité, et qualifier le marché correspondant. Après cette analyse, évaluez vos compétences managériales de gestionnaire, de vendeur… n’oubliez pas qu’un franchisé est avant tout un chef d’entreprise, avec toutes les qualités, notamment d’anticipation, que cette fonction exige.

    Certes, le fait d’adhérer à un réseau de franchise vous permet de sécuriser votre projet sur plusieurs aspects (zone de chalandise, savoir faire, marketing, …). Encore faut-il que votre futur réseau soit à la hauteur de vos aspirations. Et c’est là que les rencontres avec les dirigeants de l’enseigne vont s’avérer capitales. Il vous faut évaluer la qualité du réseau. Au-delà de l’argumentaire du franchiseur, il est indispensable de contacter, avant tout engagement, d’autres franchisés du réseau afin de vous faire une opinion en écoutant les deux parties.

    Si les informations recueillies vous incitent à poursuivre l’aventure, et si votre futur franchiseur est dans les mêmes dispositions à votre égard, il convient de valider la faisabilité de votre projet, notamment sur le plan financier.

    Déterminez les investissements à réaliser

    En premier lieu, vous allez devoir, avec le franchiseur, déterminer les investissements à réaliser, essentiellement :

    • le local et son agencement : le lieu d’implantation de votre future entreprise est souvent primordial pour la bonne réussite de votre projet,

     

    • le stock : veillez à appréhender son montant avec la plus grande précision et n’oubliez pas l’éventuel impact de la saisonnalité, notamment dans le prêt-à-porter,

     

    • le droit d’entrée à verser au franchiseur : d’un montant très variable mais souvent compris entre 10 et 20 K€, il convient de s’arrêter davantage sur la valeur ajoutée apportée en contrepartie que de se focaliser sur le montant en lui-même : un droit d’entrée sans réel apport de savoir-faire du franchiseur sera toujours trop cher ! Inversement un droit d’entrée élevé peut être synonyme d’une assistance très complète de la part du franchiseur.

    Pour financer ces investissements, il vous faudra généralement prévoir environ 30 % du montant global, le solde étant réglé via un emprunt bancaire. Pour recourir à ce type de financement, il vous faudra produire auprès des banques sollicitées, un Business Plan afin de démontrer notamment que votre projet sera suffisamment rentable pour vous permettre de rembourser l’emprunt concerné.

    Ce document est généralement établi sur 3 ans et permet de déterminer les futures rentabilités et d’évaluer la trésorerie de l’entreprise. Il peut mettre en évidence un besoin de financement supplémentaire, outre celui des investissements, lié à l’exploitation : le besoin en fonds de roulement généré par, le cas échéant, le stock et le crédit clients. Le financement correct de ce dernier est souvent capital pour la survie de l’entreprise.

    Il est vivement conseillé d’avoir recours à un expert-comptable pour l’élaboration de ce document ainsi que pour pouvoir en tirer les conclusions quant à la suite à donner à votre projet.

    Evaluez les recettes correspondantes

    A noter que, s’il est relativement aisé de cerner les dépenses prévisionnelles d’un projet, les recettes correspondantes sont par définition beaucoup plus aléatoires. Il sera crucial d’évaluer le plus précisément possible les volumes de prestations, de services vendables en fonction de votre zone de chalandise et de l’expérience d’autres franchisés installés, et de cerner votre seuil de rentabilité (chiffre d’affaires à partir duquel vous commencez à gagner de l’argent …). Ne surestimez pas non plus le rythme de décollage de l’activité. Sauf exception, une linéarisation du chiffre d’affaires sur la première année est à proscrire.

    Restera ensuite à convaincre un ou des partenaires bancaires pour vous suivre dans votre projet, et, en cas d’issue positive, vous voilà prêt à démarrer votre activité sous les meilleurs auspices !