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    Les succursalistes peuvent dormir sur leurs deux oreilles

    Tribune publiée le 28 septembre 2011 par MELLINGER
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    Franchiseurs et franchisés ont tout pour réussir ensemble, notamment contre les succursalistes. Et pourtant, ils s’ingénient à se diviser ! Quelques exemples d’erreurs à ne pas commettre selon l’auteur.

    La franchise est un modèle de développement simple et (potentiellement) terriblement efficace. D’un côté, un franchiseur qui a testé avec succès un concept et qui apprend le métier de franchiseur.
    De l’autre côté, un franchisé qui bénéficie du savoir-faire, qui apprend en quelques semaines un nouveau métier et qui réalise l’intégralité de l’investissement dans le point de vente.
    Les succursalistes sont inquiets !

    D’un côté, un franchiseur qui met en place une organisation légère et “peu” coûteuse, qui n’a pas à se préoccuper des dizaines de salariés dans les points de vente et qui anime un réseau dans lequel il a très peu investi.
    De l’autre côté, un franchisé qui se concentre sur ses clients, son personnel et son point de vente, soutenu par l’organisation du franchiseur qui s’occupe du reste : l’animation, la dynamique produits, la communication, l’informatique…
    Les succursalistes prennent peur !

    D’un côté, un franchiseur qui porte assistance à son réseau : les animateurs qui visitent les points de vente, les réunions régionales lieux d’échanges, les commissions lieux d’invention, les conventions lieux de réjouissances et la formation continue source de perfectionnement.
    De l’autre côté, un franchisé qui exploite son entreprise en conformité avec le concept avec tout l’engagement et la motivation de celui qui a investi son argent et se construit un patrimoine.
    Les succursalistes tremblent !

    Heureusement pour les succursalistes, franchiseurs et franchisés, altruistes, font tout pour que ces avantages concurrentiels, consubstantiels de la franchise, soient le moins efficace possible.
    Au lieu de faire front commun et de se battre avec toute leur intelligence contre un monde succursaliste qui dispose d’autres forces et qui sait les déployer, franchisés et franchiseurs se regardent les uns les autres et s’affrontent dans un huis clos narcissico-nombriliste, terriblement dévastateur pendant que les succursalistes avancent.

    Dubitatif ? Quelques exemples pour illustrer cette thèse.

    D’un côté un franchiseur dont les équipes font tout pour mettre en place des campagnes de communication percutantes dans les points de vente.
    De l’autre côté des franchisés qui, au lieu de se demander comment ils peuvent maximiser l’utilisation de ces campagnes, s’acharnent à démontrer que les autres font mieux.
    Les succursalistes respirent !

    D’un côté, un franchiseur qui veut installer un système de reporting qui permettra à chacun de mieux piloter son entreprise.
    De l’autre côté, des franchisés qui affirment haut et fort : “tu n’auras pas mes chiffres !”
    Les succursalistes sourient !

    D’un côté, un franchiseur qui veut mettre en place l’e-commerce parce que cette démarche est incontournable.
    De l’autre côté, des franchisés, convaincus qu’on leur prendra des ventes, font tout pour bloquer cette mise en place ou discutent des modalités de partage des profits encore bien hypothétiques.
    Les succursalistes peuvent dormir sur leurs deux oreilles !

    A qui la faute ?

    Au franchiseur qui n’a pas su expliquer les fondamentaux de la franchise, au franchisé qui se complaît dans son rôle d’éternel insatisfait, aux deux réunis, qui n’ont pas compris que… la franchise “ce n’est pas se regarder l’un l’autre (en chien de faïence), c’est regarder dans la même direction”.
    Saint-Exupéry au secours de la franchise ! La franchise, “La Terre des Hommes” qui s’affrontent au lieu de se battre contre l’ennemi commun, les succursalistes…. ou de manière plus générale, les concurrents.