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Secteurs / Activités

    Où en est le secteur de la restauration hors domicile ?

    Tribune publiée le 15 septembre 2011 par Bernard BOUTBOUL
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    Ou en est le secteur de la restauration hors domicile ? Est-ce toujours un secteur porteur ? Faut-il y investir ? Quel est son avenir ? L’auteur propose un tour d’horizon d’un secteur en pleine mutation.

    Le secteur de la restauration hors domicile se porte bien, se porte mieux.

    C’est un secteur porteur qui va devenir, dans les 5 prochaines années, très porteur. Investir dans la restauration aujourd’hui est le bon moment, à condition de savoir où l’on met les pieds.

    Voici un tour d’horizon de ce secteur en pleine mutation.

    Des forces…

    • Il existe un lien affectif fort chez les consommateurs pour “leur” restaurant ou la restauration en général
    • Aucune barrière d’entrée au secteur pour ceux qui souhaitent se lancer avec une bonne idée
    • La loi anti-tabac appliquée depuis le 1/01/2008 rend les établissements plus agréables, plus accueillants et plus hygiéniques
    • Un métier encore très artisanal malgré ce que l’on peut lire et entendre sur le “tout surgelé”

    …et des faiblesses :

    • La barrière d’entrée au secteur est trop faible pour ceux qui pensent que la restauration est un métier facile où l’on gagne de l’argent facilement et rapidement
    • Une faible rémunération du chef d’entreprise. Tout payé, le métier de restaurateur ne laisse pas plus de 10 à 15 % du chiffre d’affaires
    • Des emplois moins bien rémunérés que dans d’autres secteurs, ou plutôt moins bien rémunérés ramené à l’heure de présence
    • Un appareil de formation important face à un taux d’abandon post formation très haut : environ 1 jeune sur 3 dans les 3 ans qui suivent ses études
    • Les consommateurs manquent souvent de visibilité, de lisibilité et de compréhension de l’offre
    • Le métier souffre d’un manque de valorisation depuis de nombreuses années. Ceci contribue en grande partie à la pénurie de personnel
    • Le taux de défaillance d’entreprises fait partie des plus hauts de l’économie française.
    • Image de prix souvent trop élevés ou pas justifiés

    Des menaces…

    • Le secteur ne s’adapte pas ou s’adapte trop lentement aux mutations comportementales
    • L’intérêt grandissant de l’agroalimentaire et de la grande distribution pour la restauration hors domicile : le midi dans l’univers du snacking, mais aussi le soir avant le retour au domicile.
    • Une utilisation trop fréquente de la stratégie “du prix le plus bas” pour réaliser du trafic
    • D’autres crises alimentaires pourraient arriver à l’avenir
    • Une forte pénurie de personnel
    • Les performances du secteur sont  très influencées par le moral des ménages
    • La loi anti-tabac appliquée depuis le 1/01/2008 peut faire fuir ou moins consommer les fumeurs
    • Un relèvement du taux de TVA suite à l’élection présidentielle de 2012 aurait pour conséquence une répercussion sur les prix de vente, qui engendrerait immédiatement une forte chute de fréquentation et une réduction des effectifs.

    …mais aussi des opportunités :

    • Le taux de retour à domicile à midi dans un cadre actif se réduit d’années en années, ce qui favorise le business du midi semaine
    • Les français savent de moins en moins cuisiner et cela ne va pas s’arranger, ce qui favorise le business du soir et du week-end
    • On assiste à une mutation profonde des comportements alimentaires hors domicile
    • Les Français sont des adeptes de la vente à emporter sans être des nomades.
    • On assiste à une structuration progressive du secteur avec l’arrivée des fonds d’investissement
    • Le taux de TVA à 5,5% pour tous les acteurs permet des prix bas et une poursuite de la relance de la consommation alimentaire hors domicile.