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    Pourquoi nous marchons sur la tête ?

    Tribune publiée le 6 décembre 2007 par MELLINGER
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    Le “coup de gueule” d’un consultant, impliqué dans la création de réseaux et donc d’entreprises, et ulcéré des lourdeurs administratives – et autres -, encore présentes aujourd’hui sur le parcours des entrepreneurs.

    Il manque 1 point de croissance à la France. Les entrepreneurs ne demandent qu’à relever le défi ! Ils se battent tous les jours. Ne leur rendons pas la tâche encore plus dure.
    Quelques exemples récents, vécus, pour montrer à quel point ces entrepreneurs ont l’impression que notre pays marche sur la tête et que quelqu’un, quelque part, cherche à faire de la création d’entreprise un parcours du combattant !

    -L’ANPE. La vocation de cet organisme est d’aider les chômeurs à trouver du travail. Une entreprise offre du travail à une personne de plus de 57 ans, au chômage. Elle bénéficie, à ce titre d’allègements de charges.
    Pourquoi nous marchons sur la tête ?
    Le contrat de travail proposé au chômeur est bloqué par l’ANPE qui retarde le recrutement de ce chômeur au prétexte qu’une commission doit se réunir pour constater ce que tout le monde savait : le droit de cette personne à un contrat aidé, le CIE !

    Les Bâtiments de France. Préserver nos centres villes est un objectif louable. Sans cette administration, ils seraient défigurés.
    Pourquoi nous marchons sur la tête ?
    Les Bâtiments de France ont depuis le 1er octobre 2007, six mois pour instruire un dossier. 6 mois ! 6 mois pendant lesquels, soit le commerce n’ouvre pas, soit la vitrine est défigurée et laissée dans l’état dans lequel l’a laissé le commerce précédent. Dans les deux cas une mise en danger de l’entrepreneur qui a investi et ne peut optimiser son CA.

    Le système bancaire. Un groupe d’actionnaires lève 225 000 € pour un investissement total de 320 000 € : 70% de capitaux propres, proportion rare. Les actionnaires demandent un prêt de 100000€.  La banque est intéressée. Le projet obtient la garantie Sofaris à 70%, le taux maximum.
    Pourquoi nous marchons sur la tête ?
    Pour obtenir un prêt de 100 000 €, c’est facile. Il suffit de bloquer 200 000 €, obtenir la garantie Sofaris, obtenir la caution personnelle des associés et nantir le fond de commerce pendant toute la durée du prêt ! Au total, une garantie de 300 000 € pour obtenir un prêt de 100 000 €, garantie à laquelle se rajoute le nantissement du fond !

    Les heures supplémentaires. Travaillez plus pour gagner plus. Beau slogan ! Et une incitation supplémentaire : l’exonération de charges et d’imposition. Encore plus motivant !
    Pourquoi nous marchons sur la tête ?
    La mise en œuvre de cette mesure est un véritable casse tête : les exonérations dépendent à la fois de la taille de l’entreprise, du type d’horaire (cycle, modulation annuelle…), de l’horaire de travail individuel (temps partiel), du statut (forfait heures ou jours), sans compter l’incidence d’accords collectifs en vigueur… et bien sûr le nombre impressionnant de décrets nécessaires qui ne sont toujours pas publiés.

    Juste quelques exemples du quotidien récent qui font vraiment croire qu’on marche sur la tête. Les entrepreneurs, eux, ont les pieds sur terre. Avec leur tête dans le bon sens, ils voient loin. Ils « y » vont et trouveront ce point de croissance. Laissons les faire et ne leur compliquons pas la tâche !