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    Racheter son franchiseur ? Un défi pour les franchisés !

    Tribune publiée le 21 janvier 2009 par MELLINGER
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    Quand les franchisés sont amenés à racheter leur réseau et à en prendre les commandes, le défi est de taille. L’auteur rappelle ici à quelles conditions selon lui cela peut « marcher » malgré tout.

    Quand un réseau de franchise est racheté par ses franchisés, est-ce que cela peut “marcher” ? Si oui, à quelles conditions ? Au risque d’une lapalissade, un franchiseur est un franchiseur, quelle que soit son origine : qu’il soit créateur du concept ou franchisé qui rachète le réseau.

    Dans tous les cas, les conditions de la réussite doivent toujours être réunies.

    Parmi ces conditions :
    -un concept attractif,
    -la réunion des 3 attributs de la franchise – marque, savoir faire et assistance –
    -et la maîtrise, par le franchiseur, de 2 métiers totalement différents : le métier lié au concept et le métier lié à la création et à l’animation du réseau.
    Si ces conditions sont remplies, le franchiseur crée un patrimoine solide, qu’il est parfaitement légitime de vouloir réaliser en le vendant. Ces cas sont de plus en plus fréquents, car nombre d’investisseurs institutionnels commencent à comprendre l’intérêt de la franchise. Il faut s’en réjouir.

    Les situations où un franchiseur vend son réseau à ses franchisés sont excessivement rares. Nous avons croisé un seul cas dans les 2-3 dernières années. Et encore, dans ce cas, la “vente” s’est résumée à la liberté laissée par le franchiseur à tous ses franchisés de résilier leur contrat et de continuer à exercer le même métier sous une nouvelle enseigne.
    Les cas les plus fréquents où des franchisés deviennent leur propre franchiseur sont presque toujours la conséquence de la déconfiture du franchiseur. Les franchisés essaient alors de se sortir d’un bien vilain mauvais pas.
    Est-ce que cela peut marcher ? Les conditions à remplir sont nombreuses, surtout s’il s’agit d’une vraie vente.

    Les franchisés doivent être capables de mobilier suffisamment de capitaux pour réunir ce que vaut la société du franchiseur. Mais si le franchiseur ne va pas bien, trop souvent, les franchisés vont encore plus mal. Il sera difficile de réunir les capitaux, ne serait-ce que pour racheter la marque. D’autant plus qu’il faudra souvent combler des passifs et libérer des moyens pour réinvestir : ressources humaines, marketing… Défi !

    Parmi les débiteurs du franchiseur il y a souvent les franchisés qui ne payaient plus leurs redevances, parce qu’ils ne recevaient plus les services. Vont-ils être capables de verser ces redevances à leur nouveau franchiseur (eux-mêmes), alors qu’il leur sera difficile de s’apporter les services que le franchiseur ne pouvait plus leur apporter ? Paradoxe !

    Quels sont les franchisés qui vont exercer des fonctions opérationnelles dans l’organisation du nouveau franchiseur : directeur de réseau, animateur, marketing…. alors qu’ils sont indispensables dans leur propre franchise ? Abnégation !

    De plus, être franchiseur est un vrai métier. Rien dans la carrière d’un franchisé ne le prépare à devenir franchiseur. Et pour cause : il est devenu franchisé ! Saura-t-il apprendre en peu de temps, sans moyens, le métier de franchiseur ? Inconscience !
    Comment seront définies les règles de gouvernance ? Qui va accepter d’être « dirigé » par un de ses pairs ? Par qui et comment seront prises les décisions qui impacteront, souvent négativement, leurs propres comptes d’exploitation ? Guerre des chefs garantie !

    A moins qu’ils ne soient capables d’embaucher les compétences externes nécessaires, à supposer qu’ils puissent intéresser des professionnels aguerris : devenir franchiseur et se laisser diriger par un salarié. Total renoncement !

    Les conditions pour que cela « marche » ? Tellement compliqué, que la mission est presque impossible : nous ne connaissons qu’un seul cas de réussite. Déception !