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    Casino à Paris : 3 fois plus gros que Carrefour, selon l'Autorité de la concurrence - Brève du 11 janvier 2012

    “A Paris, le groupe Casino possède une part de marché en surface supérieure à 60 %”, estime l'Autorité de la concurrence (ADC). La Ville de Paris plaide pour une loi renforçant les pouvoirs de l'ADC. Casino n'évalue sa part de marché qu'à 38,5%.

    Un peu plus d'un an après son avis du 7 décembre 2010, l’Autorité de la concurrence (ADC) poursuit son examen des pratiques des groupes de distribution alimentaire développés en franchise.

    Saisie par la Ville de Paris en février 2011, l’ADC vient de rendre un avis de 56 pages, dans lequel elle constate “que le marché parisien est extrêmement concentré”. Et dresse une liste de recommandations afin de “fluidifier le marché et agir sur les structures”. Nous y reviendrons prochainement.
     
    A Paris, le groupe Casino possède une part de marché en surface supérieure à 60 %”, estime notamment l’Autorité. Soit une part de marché “plus de trois fois supérieure à celle de son principal concurrent, le groupe Carrefour”. Et ce,  “grâce à sa participation au capital de Monoprix”.

    375 points de vente sous 10 enseignes

    Le groupe Casino exploite 375 points de ventes, notamment les enseignes Franprix et Leader Price, Casino Supermarché, Marché d'à coté, Petit Casino, Spar, Vival, a comptabilisé le gendarme de la concurrence. Il détient par ailleurs depuis 2000 les magasins Monoprix, conjointement avec le groupe Galeries Lafayette (53 Monoprix, 31 Monop' et 5 Daily Monop' sur Paris)”.

    Sa part de marché intra-muros est de 61,7%” (en surfaces de vente) et se situe “entre 50 et 70 % en part de chiffre d'affaires”, calcule l’ADC dans son avis. Tandis que Carrefour ne détient, selon l’Autorité, “qu'une part de marché de 12,5 %” en surfaces, “entre 10 % et 20 %” en chiffre d'affaires, compte tenu de la cession des magasins à enseigne Ed et Dia.

    La Ville de Paris souhaite une loi

    Les réactions à la publication de cet avis n’ont pas tardé. Dans un communiqué, la Ville de Paris “prend acte de l’ensemble des recommandations portées par l’Autorité de la concurrence, et se félicite de la veille concurrentielle qu’elle continuera à exercer sur le territoire parisien “
     
    La Ville de Paris souhaite en outre “qu’une loi soit votée dès la prochaine législature pour renforcer les pouvoirs de l’Autorité de la Concurrence, et lui donner les moyens, à travers l’injonction structurelle, d’obliger l’acteur économique en situation de position dominante à céder une partie de ses actifs, et ainsi pouvoir réinsuffler un juste équilibre concurrentiel”.

    Le groupe Casino “prend acte”

    De son côté, le groupe Casino “prend acte avec satisfaction des constats de l’Autorité de la concurrence” selon lesquels :

    • sa réussite “peut être imputée à sa stratégie et à ses mérites propres”… Tandis que les groupes de distribution concurrents “ont quant à eux privilégié l’ouverture de magasins de grande taille en périphérie des grandes villes”.
    • la préoccupation de concurrence de l’Autorité ne se fonde pas “sur la mise en oeuvre d’éventuels comportements anticoncurrentiels”.

    En revanche, Casino estime que “sa part de marché à Paris, cumulée avec celle de Monoprix, n’excède pas 38,5 %”. Selon trois études citées par le distributeur dans son communiqué de 6 pages, “la valeur de marché de 3,7 Mds€ retenue par l’Autorité de la concurrence n’est pas représentative de la consommation alimentaire des Parisiens car elle exclut les dépenses dans le commerce traditionnel, les commerces spécialisés, le e-commerce alimentaire, les marchés ouverts et les hypermarchés de périphérie.”
     
    Pour Casino, “le marché parisien est un marché ouvert, sans barrière à l’entrée, sur lequel les opportunités d’implantation sont importantes”. A quelques mois de l’élection présidentielle, et alors que l’adoption du projet de loi Lefebvre reprenant en partie les recommandations de l’Autorité de la concurrence reste incertaine, le débat est sans doute loin d’être clos…