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    Crise : le plaidoyer de l'économiste Jean-Paul Betbèze - Brève du 30 janvier 2009

    Intervenant le 13 janvier dernier devant un parterre de franchiseurs et d’experts, dans le cadre de la “Marche des Réseaux 2009” organisée par Franchise Magazine, Jean-Paul Betbèze avait annoncé la sortie d’un livre “décoiffant” sur la crise. Il est aujourd’hui en librairie.
    Dans cet ouvrage, l’économiste délivre, dans son style imagé et direct, un message qui a en effet le mérite de la clarté. Pour lui, “La faute financière a été américaine (…) Notre responsabilité à nous Français est très faible (…).Nous avons peu trempé les mains dans la confiture des subprimes.(…) Nous sommes plus victimes que fautifs”. Et le directeur des Etudes économiques du groupe Crédit Agricole de désigner comme autre responsable “la planète financière qui n’a pas voulu voir(…). Plus précisément les gestionnaires d’actifs (et autres investisseurs institutionnels) qui à un moment donné ont cessé de prêter aux banques.”
    Première conséquence : la guerre économique et financièreva faire des morts (…)” mais aussi “révéler les nouvelles forces en présence”. La place financière de New-York va céder du terrain à celles de Londres, Honk-Kong, Shangaï et aux pays du Golfe.
    Une situation nouvelle dont l’Europe pourrait profiter. A condition de ne pas se diviser, de “définir les normes mondiales pour ne pas avoir à les subir”, de mieux se coordonner, de permettre à la BCE (la Banque Centrale Européenne) “d’en savoir plus sur ce qui se passe dans le système bancaire européen”, bref d’être mieux informée, pour, à son tour, informer mieux. Ce qui veut dire aussi que les banques centrales nationales devront en savoir plus elles-mêmes. Et qu’il faut – peut-être – revoir les normes bancaires en demandant  “de plus en plus de fonds propres quand la croissance évolue pour desserrer ensuite la contrainte” (bref  “ralentir à la montée pour ne pas avoir à trop freiner dans la descente”).
    Et Jean-Paul Betbèze d’enfoncer le clou : “Le capitalisme anglo-saxon vient de tourner une page de dérégulation, pas le nôtre ». « La zone euro doit devenir la zone financière la plus sûre du monde”. Tandis que les européens doivent œuvrer à “fabriquer des entreprises fortes, des champions mondiaux”.
    Mais comme son titre l’indique, l’essentiel du livre est consacré à la France. Avec un propos tout aussi clair. “Il faut poursuivre les réformes et même les renforcer” assène l’auteur, membre du conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre. Pour lui, le pays doit s’appuyer sur ses points forts : les éco-industries (“ la France doit devenir le leader vert du monde”), l’agriculture, le luxe, le numérique, le tourisme mais aussi “laisser vivre” les TPE, encourager toujours plus les PME dynamiques (les “gazelles”) : “il manque 10 000 entreprises de 300 salariés”. Enfin, il faut réduire nos points faibles et, notamment, faire travailler davantage les seniors.
    On l’aura compris, Jean-Paul Betbèze ne fait pas partie de ceux qui, par crainte d’une explosion sociale, préconisent un ralentissement du programme gouvernemental. Pour lui au contraire, la crise est “propice au changement”. Et “nous devons accélérer les réformes pour sortir grandis de l’épreuve”.
    “Crise une chance pour la France?”. Editeur : Puf. 190 pages,15 euros. www.puf.com