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    Expansion des surfaces commerciales : nouvel appel à la raison de Procos - Brève du 2 février 2011

    La production de surface commerciale est de plus en plus déconnectée, en France, du comportement des consommateurs. Voilà le principal enseignement de la note d’expert publiée la semaine dernière par la Fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé Procos. Qui en appelle à une recherche rapide de “meilleurs équilibres”. Faute de quoi, souligne Pascal Madry son directeur, “le modèle ne sera pas tenable à terme”.
    De fait, 2010 a marqué un sommet dans la production de nouvelles surfaces commerciales sur le territoire. Plus de 4,1 millions de m² ont ainsi été autorisés par les collectivités sur la période, après un précédent record à 4 millions de m² en 2009. Une pression qui touche essentiellement la périphérie des villes, qui accueillera 83 % des opérations programmées, sous forme de parcs d’activité commerciale et de centres commerciaux.
    Or, rappelle Procos, le rebond de la consommation qui pourrait justifier une telle expansion se fait, lui, toujours attendre. Certes, les 240 enseignes du commerce spécialisé (succursalistes, coopératives et franchisées) adhérentes à la fédération ont amélioré leur chiffre d’affaires de 1,6 % sur 2010. Mais cette progression ne rattrape pas les pertes de CA enregistrées en 2009 (- 1,8 %) et en 2008 (- 0,4 %). Elle est, en outre, et en périphérie particulièrement, bien davantage due aux efforts considérables menées par les réseaux pour améliorer leurs taux de transformation et leurs paniers moyens, qu’à un regain de fréquentation des magasins.
    “Il faut noter aussi que les loyers des murs commerciaux, bien que toujours plus nombreux, se maintiennent à des niveaux très élevés. Résultat : les enseignes paient aujourd’hui de plus en plus cher des emplacements qui leur rapportent de moins en moins. Tendance qui fait peser un vrai risque sur leurs unités les moins rentables”, observe Pascal Madry.
    Reste un phénomène, nouveau, et plutôt encourageant, celui-ci. “Nous avons été frappés cette année par la multitude de petits opérateurs régionaux, voire locaux, qui se lancent dans l’immobilier commercial, explique le directeur de Procos. Souvent avec une offre attractive, dans de petites villes, suffisamment proches des grandes agglomérations pour profiter de leur croissance en terme de population, mais assez éloignées pour capter leur propre marché. Il y a là, assurément, de belles opportunités à venir pour les réseaux”, remarque-t-il. A bon entendeur…