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    Gilles Thiriez, consultant (Cofass Conseil) - Interview du 26 avril 2006

    L’adossement de Guy Hoquet l’Immobilier et de Century 21 au groupe Nexity parait intéressant pour toutes les parties. »

    Que vous inspirent les prises de contrôle par le groupe de promotion immobilière Nexity des réseaux d’agences Guy Hoquet et Century 21 ?
    Ces opérations semblent cohérentes : la transaction et la promotion immobilière sont deux métiers complémentaires. Ce type de rapprochement paraît intéressant pour les deux parties : quel meilleur allié pour un réseau d’agences qu’un promoteur ? Un partenaire purement financier cherche en général à revendre sa participation au bout de quatre ou cinq ans. Tandis qu’un promoteur immobilier, tout en affichant les mêmes exigences en termes de rentabilité, a sans doute une vue à plus long terme.

    Qu'est-ce que cet adossement va apporter aux réseaux concernés ? Qu'est-ce que cela va changer pour les franchisés ?
    Si ces chaînes nourrissent des visées internationales, il est intéressant de s’adosser à un groupe présent à l’étranger. La synergie se jouera sur le terrain, par la mise en relation avec les autorités locales ou les banques. D’autre part, ce partenariat peut générer des affaires croisées. Même si, à mon avis, on ne peut pas exercer deux métiers à la fois : la transaction et la promotion sont deux activités bien spécifiques.
    Les exigences financières de Nexity auront en revanche des conséquences pour les franchisés. Dans le cas de Century 21, avec son management à l’américaine, cela ne posera pas de problème a priori. En revanche, Guy Hoquet, avec sa gestion de type familial, devra à mon avis mettre en œuvre un management rigoureux, ce qui aura des répercussions sur le réseau.

    Faut-il selon vous s'attendre à d'autres regroupements ? Est-ce que cela représente un danger pour les franchisés ?
    Le mouvement de concentration n’est sans doute pas fini, car l’immobilier suscite des appétits. Déjà, la multiplication des agences accroît la concurrence, mais le risque est plus important pour les indépendants que pour les franchisés. Parmi ces derniers, les moins performants en termes de rentabilité peuvent souffrir de la concentration. Pour les autres, si des fonds de pension s’étaient emparés des réseaux, on aurait pu nourrir des craintes, mais on peut penser que Nexity ne risque pas de revendre sa participation à court ou moyen terme. En outre, l’intérêt de ce dernier pour Guy Hoquet et Century 21 prouve que la franchise génère une image de marque et donne de la valeur à un réseau. C’est une forme de reconnaissance pour le franchiseur et pour les franchisés.