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      La vacance commerciale s'aggrave dans les centres-villes - Brève du 30 juin 2015

      Brève
      30 juin 2015

      La vacance commerciale continue de progresser dans les centres-villes français. Mais les enseignes résistent et s’adaptent.

      Procos a passé au crible les centres-villes de 200 agglomérations (plus de 25 000 habitants) françaises, et le constat est sans appel : la vacance commerciale continue d’y progresser. Fin 2014, elle touchait en moyenne 8,5 % de leurs locaux, contre 7,8 % en 2013 et 7,2 % en 2012 (6,3 % en 2001).

      Seuls 22 centres-villes échappent encore au phénomène, en affichant un taux de vacance inférieur à 5 %. Ils étaient 40 en 2013. A l’inverse, le nombre de centres présentant une situation très défavorable (taux de vacance supérieur à 10 %) est passé de 45 à 65 (soit un tiers du panel observé).

      Si le phénomène, indique la Fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé (260 enseignes adhérentes), concerne globalement toutes les villes, des situations contrastées se dessinent. Ainsi, les cœurs des petites villes (agglomérations urbaines de moins de 100 000 habitants, dans cette étude) restent les plus affectées (avec un taux de vacance commerciale de 9,3 % pour celles de moins de 50 000 habitants et de 10,2 % pour celles qui en comptent plus). Les villes moyennes (100 à 250 000 habitants) sont un peu moins touchées (8,7 %), toutefois la vacance y progresse plus vite qu’ailleurs (+2,1 points entre 2013 et 2014). Les grandes métropoles elles sont relativement épargnées (taux de vacance en moyenne inférieur à 7 %).

      Moins de commerces, plus d'enseignes

      L’origine de la richesse économique des villes influe également sur l’intensité du phénomène. Avec une prime (vacance souvent inférieure à 5 %) aux villes tirant la majorité de leurs revenus de l’agriculture, de l’industrie (Angers, Beaune, Nantes) ou du tourisme (Biarritz, La Rochelle, Aix-en-Provence). Les plus grandes difficultés apparaissant elles plutôt  dans les ex-cités industrielles (dont Nevers, Châtellerault, Bourges, Calais, Orange) tirant désormais la part la plus élevée de leurs revenus de transferts publics (salaires des fonctionnaires, pensions de retraite, allocations sociales…).

      Pourtant, Procos, adoptant un angle de vue plus optimiste que par le passé, préfère plutôt que de “déclin”, parler de “réorganisation”. Et de convoquer ces élus “de plus en plus nombreux à se mobiliser pour enrayer le mitage des linéaires commerciaux de leurs centres-villes”, a minima en se résolvant à mesurer précisément le phénomène, au mieux en facilitant le rapprochement de l’offre et de la demande en locaux commerciaux sur leurs territoires. Mais aussi ces enseignes du commerce spécialisé (développée en franchise, commerce associé ou succursales) qui, grâce à leur taille, leur souplesse, leur intelligence collective et leur organisation, résistent et s’adaptent à “ces centres-villes plus compacts, mais potentiellement plus intenses en qualité d’offre commerciale et de services urbains”.