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    La vacance commerciale s'aggrave en France - Brève du 14 juin 2013

    En centre-ville (7,1 % en 2012) comme en centre commercial (4,9 %), le taux de vacance commerciale s'est accru en dix ans, indique une étude Procos. Le phénomène s'amplifie depuis 2011.

    La vacance commerciale s’est accrue entre 2001 et 2012, aussi bien dans les centres-villes que dans les centres commerciaux d'après une étude présentée par la Fédération pour l’urbanisme et le commerce spécialisé qui a passé au crible 200 centres-villes et 450 centres commerciaux. “Le phénomène est devenu structurel, bien installé, et s’amplifie depuis 2011”, déplore Pascal Madry, directeur de Procos.
    L’an passé, la vacance en centre-ville a atteint en moyenne 7,1 % du parc de locaux commerciaux contre 6,3 % en 2001. Si 87 centres-villes (environ la moitié des sites observés) bénéficiaient d’une situation très favorable en 2001, avec un taux de vacance inférieur à 5 %, ils ne sont plus que 47 dans ce cas en 2012. A l’autre extrémité, 23 centres-villes présentaient une situation très défavorable en 2001, avec un taux de vacance supérieur à 10 %. Ils sont aujourd’hui deux fois plus (51)…
    Les situations varient sensiblement selon le poids de la population et la taille des zones de chalandises. Globalement, les petites et moyennes agglomérations sont plus affectées par la vacance commerciale, quand les centres-villes des grandes métropoles, moins exposés, ont vu le taux se stabiliser, relève Procos.
    Le niveau de richesse des communes influe également sur l’intensité du phénomène. Les centres-villes les plus résistants (moins de 5 % de vacance) sont localisés parmi les villes tirant la part la plus élevée de leurs revenus d’activités productives dans l’agriculture et l’industrie (Angers, Rennes, Nantes, Montbéliard…) et/ou touristique (Biarritz, Draguignan, Saint-Malo, Vannes, Versailles…). A l’inverse, les centres-villes à plus de 10 % de vacance sont majoritairement recensés du côté des centres déclassés (Alençon, Moulins, Niort, Valenciennes…) et des territoires désindustrialisés et/ou enclavés, où les fermetures de magasins et l’inexploitation persistance de locaux s’amplifient. 

    Le centre commercial davantage résilient
     

    Si elle a également progressé ces dernières années (4,9 % l’an passé vs 4,3 % en 2001), la vacance commerciale reste “mieux amortie par les centres commerciaux”, indique Pascal Madry, arguant du fait que “près de 75 % d’entre eux enregistrent aujourd’hui un taux inférieur à 5 %”. La gestion unifiée du parc de boutiques et la plus forte présence des enseignes nationales (45 % contre 31 % en centre-ville) expliquent cette meilleure résilience par rapport au centre-ville.
    Toutefois, comme en centre-ville, les indicateurs fluctuent selon la taille des galeries. Les petits centres commerciaux (20 à 40 boutiques), notamment ceux situés en zone périurbaine, sont les seuls à avoir connu une amélioration de leur situation, démontrant, selon Procos, “le nouvel engouement des consommateurs pour le commerce de proximité”.
    La donne est moins favorable pour les galeries de centres commerciaux régionaux (80 à 120 magasins). Les très grands sites (plus de 120 boutiques) restent, eux, stables dans le temps.  A noter enfin que, toutes tailles confondues, les centres commerciaux les plus anciens ont tendance à mieux résister que les sites récents.

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