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Secteurs / Activités

    Le commerce spécialisé fait grise mine - Brève du 5 octobre 2011

    Handicapées par un été morose et une baisse généralisée de la fréquentation affectant l'ensemble des secteurs d'activité et tous les sites commerciaux, les enseignes adhérentes de Procos peinent et font preuve de prudence.

    2011 ne sera probablement pas un grand cru pour les acteurs du commerce spécialisé. Malgré un premier semestre conclu par une progression de chiffres d’affaires de +1,9 % par rapport à une faible référence 2010, les enseignes adhérentes de Procos ont subi une rude chute d’activité cet été. Les chaînes spécialisées ont enregistré des baisses de -4,9 % en juillet puis de -4,5 % en août.

    Conséquence : sur les 8 premiers mois de l’année, la Fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé mentionne une très légère croissance globale à +0,3 % pour ses adhérents (250 enseignes et 37 000 points de ventes revendiqués). “Insuffisant pour compenser les pertes occasionnées depuis le début de la dégradation de la conjoncture, fin 2008 (ndlr : -0,4 % en 2008 puis -1,8 % en 2009) explique Michel Pazoumian, Délégué Général de Procos.

    Tous les indicateurs à la baisse

    “Conjoncturelle ou structurelle”, cette cassure de l’activité est “préoccupante” selon Pascal Madry. Le directeur de Procos pointe “un phénomène inhabituel, à savoir la baisse concomitante de la fréquentation en magasin, du taux de transformation des visites en achats et du panier moyen”. Et l’optimisme ne prévaut pas vraiment dans les rangs : 52 % des enseignes estiment que leur activité devrait se dégrader dans les mois à venir ! Dans le prêt-à-porter, les stocks auraient tendance à s’accumuler, “annonçant une multiplication des opérations de déstockage et une dégradation des marges”, anticipe Procos.
     
    Globalement, aucun secteur d’activité n’échappe aux difficultés. Les meilleures performances, sur le premier semestre, sont à porter au crédit de l’équipement de la personne et de l’hygiène-beauté-santé (+5,7 % chacun). L’équipement de la maison est plus en retrait, avec une croissance limitée à 1,7 %. Idem pour la restauration (+1,62 %) où la croissance est davantage tirée par la restauration assise que par la restauration rapide, en deçà de ses performances habituelles. Des disparités importantes apparaissent entre segments d’un même secteur : ainsi, dans la culture et les loisirs, c’est le sport qui obtient les meilleurs résultats alors que le segment produits de loisirs s’inscrit en négatif.
     
    Sans surprise, l’ensemble des circuits de distribution pâtissent de l’atonie ambiante. Cet été, les boutiques de centre-ville et de centres commerciaux ont vu leur chiffre d’affaires chuter de -6,3 % en juillet et de -2,9 % en août. Même tendance pour les moyennes surfaces implantées en parcs d’activités commerciales dont l’activité a décroché de -2 % en juillet puis -7,8 % en août.

    Vers une renégociation des coûts locatifs ?

    Dans ce contexte tendu, Procos souligne toutefois l’amorce d’une nouvelle donne en termes de coûts locatifs et de relations bailleurs/preneurs. “Aujourd’hui, les propriétaires ne peuvent plus ignorer les difficultés des commerçants  sur un certain nombre de sites confie Jean-Luc Bret, Président de Procos et de l’enseigne de restauration La Croissanterie. Nos adhérents sont plus écoutés qu’il y a 4 ou 5 ans lors des périodes de renégociation des loyers.” Une évolution non négligeable, surtout quand on sait que “80 % des centres commerciaux ouverts depuis 2007 sont en-dessous des résultats escomptés…”, admet Michel Pazoumian.
     
    S’agissant des perspectives 2012, Procos préconise divers leviers d’action, invitant notamment les chaînes à innover dans les produits et à élargir leur assortiment en magasin pour préserver les marges sans pénaliser les prix de ventes au consommateur. Sans oublier la rénovation des parcs existants et la création de nouveaux formats “pour pénétrer de nouvelles mailles de marché”. Bref, le chantier est conséquent.