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    Les réactions se multiplient face à la future loi Lagarde - Brève du 21 mars 2008

    Les prises de position se succèdent dans la perspective de la prochaine “loi de modernisation de l’économie” que préparent Christine Lagarde et ses secrétaires d’État, notamment Luc Chatel.
    Hier, le front de la grande distribution s’est fissuré. Intermarché et Leclerc, jusqu’ici partenaires de la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution) ont rompu les amarres. Pour cause, ont-ils précisé, de divergences face aux décisions qui se profilent. Très favorable à une réforme radicale de la loi Raffarin de 1996, (qui avait pour but de freiner la multiplication des grandes surfaces), Michel-Edouard Leclerc pense en effet que les Carrefour, Casino et autres Auchan ne sont pas de son avis. Il se dit par ailleurs peu intéressé par l’ouverture dominicale, contrairement à ses concurrents.
    À l’autre extrémité de l’arc-en-ciel du commerce, la FNCV, Fédération nationale des centres-villes (qui se présente comme fédérant les commerçants des principaux centres-villes français) a renouvelé son cri d’alarme : “Cette future loi est une loi dans l’intérêt des promoteurs (fonds de pension), contre l’intérêt du commerce sous toutes ses formes, contre l’intérêt des consommateurs”, a déclaré son président, Jean-Pierre Lehmann, dans un communiqué au vitriol, s’insurgeant en particulier contre la multiplication qu’il redoute des surfaces commerciales. “La France est déjà championne du monde des m² commerciaux par habitant, argumente le fondateur des “Vitrines de Nancy”. Or, le budget des ménages stagne, voire régresse ;  aux m² physiques s’ajoutent les m² virtuels (Internet, opérateurs) : va-t-on dépenser plus s’il y a plus de mètres carrés ?”  Pour Jean-Pierre Lehmann, le verdict est sans appel : “Le commerce traditionnel sera une fois de plus atteint de plein fouet. Les centres-villes vont voir leurs difficultés à maintenir un commerce dynamique s’accroître”.
    Du côté des enseignes du commerce indépendant organisé (réseaux d’indépendants), les positions sont très diverses. La FCA (commerce associé, qui regroupe Intermarché, Leclerc, Système U et la quasi-totalité des coopératives) s’est déclarée depuis le début de l’année favorable à une réforme de la loi Raffarin. Alors que Procos, qui rassemble 200 enseignes dont beaucoup de succursalistes, certaines coopératives et une cinquantaine de franchises, est plutôt sur une ligne de réforme modérée et partage en partie les craintes exprimées par la FNCV.
    Pour sa part, la Fédération française de la franchise, pourtant dotée récemment d’un tout nouveau président, spécialiste notamment des questions juridiques, n’a toujours pas, à notre connaissance, pris officiellement position ni sur les propositions Attali, ni sur ce qui lui semblerait souhaitable pour les enseignes et le commerce en général.