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    Malgré un marché atone, les enseignes du commerce spécialisé restent confiantes - Brève du 21 octobre 2008

    Zéro pour cent ! C’est le niveau d’évolution atteint par le chiffre d’affaires des enseignes du commerce spécialisé en France au terme des 9 premiers mois de l’année 2008, selon la fédération Procos. Dans le détail, les chaînes de boutiques (centre-ville, centre commercial) reculent de 0,1 % quand les réseaux de magasins de périphérie (parc d’activités commerciales) progressent de… 0,1 %.
    “L’année avait pourtant bien commencé” regrette Jean-Luc Bret, président de La Croissanterie et de la fédération Procos, “mais le troisième trimestre a enregistré un effondrement important de la consommation et de la fréquentation tant des centres-villes que des centres commerciaux”.  En particulier en juillet et août, septembre n’inversant pas la tendance.
    Pour autant les enseignes ne ralentissent pas leurs plans de développement. Du moins pas toutes. Si c’est bien le cas en effet dans l’équipement de la personne, l’hygiène-santé-beauté et les loisirs-culture, la restauration reste stable dans ses prévisions d’ouvertures. Tandis que l’alimentaire spécialisé, les services (dont la téléphonie) et l’équipement de la maison “sont dans une logique d’accélération de leur déploiement”, précise la fédération.
    Selon les dirigeants de Procos, les enseignes se préparent évidemment à une année 2009 difficile. Mais pas catastrophique. “L’hypothèse pessimiste de nos budgets s’établit à moins 3, moins 5 % de CA à surface égale”, explique Jean-Luc Bret, qui prévoit des opérations de “réorganisation, restructuration, chasse aux coûts”, mais pas d’accroissement des fermetures de magasins.
    Toutefois “les enseignes seront beaucoup plus regardantes” dans le choix de leurs sites d’implantation, concède le président de Procos. Nombre de retail parks (qui n’ont guère les faveurs de la fédération) devraient en pâtir. Déjà, sur les 6 premiers mois de l’année, on a enregistré “l’abandon” de 600 000 m² de projets commerciaux (contre 170 000 m² un an auparavant). “La réalité économique va revenir en force”, ajoute Michel Pazoumian, délégué général.
    Autre point attendu fébrilement par les enseignes du commerce spécialisé et leurs dirigeants : les économies que doivent permettre de réaliser sur 2009, les révisions de loyers désormais régies par le nouvel indice ILC, plus favorable aux locataires. Inscrit dans la LME depuis le 5 août dernier, celui-ci devrait voir son décret d’application sortir “d’un moment à l’autre”, puisqu’il n’attend plus que la signature du Premier ministre… Après sa publication par l’Insee, l’ILC devrait permettre des économies substantielles, de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros pour les commerçants. Un bonus bienvenu dans la période “morose” subie par les enseignes.