Fermer
Secteurs / Activités

    Procos prédit une année 2012 atone pour le commerce spécialisé - Brève du 17 janvier 2012

    Ressorti en progression de 0,1 % seulement l'année dernière, le commerce de détail spécialisé ne devrait guère faire mieux en 2012, annonce Procos. Malgré l'atonie de la consommation, pourtant, la croissance des surfaces commerciales, elle, se poursuit.

    Six premiers mois relativement satisfaisants (+1,9 %), suivis de cinq très mauvais (-3,5 %) et d’un léger sursaut en décembre (+3 %) : voilà résumée en quelques mots l’année 2011 du commerce de détail spécialisé. Elle s’est finalement achevée sur une “progression” de 0,1 % de son chiffre d’affaires, à surface comparable, révélait le 12 janvier la Fédération Procos. Soulignant que, clairement, la distribution était entrée après le rebond de 2010 (+1,6 %) dans “une nouvelle phase de récession”.
    Et la reprise n’est pas pour demain, à en croire le Président de Procos Jean-Luc Bret. “Nous nous attendons à un exercice 2012 de nouveau étale avec une consommation qui restera atone”, a ainsi déclaré celui qui est aussi le Pdg de la chaîne de restauration rapide La Croissanterie (dont les ventes ont crû de 1 % en 2011, a-t-il indiqué). “Seules parviendront à y puiser un peu de croissance les enseignes qui sauront actionner les bons leviers : qualité de service, produits innovants et concepts de boutiques optimisés”, estime-t-il.

    Loyers et chiffres d’affaires : le grand décalage

    Encore faudrait-il que les charges qui pèsent sur les enseignes ne s’alourdissent pas trop, dans le même temps. Or, la flambée récente de l’indice du coût de la construction (+6,8 % entre le 3ème trimestre 2010 et le 3ème trimestre 2011) laisse craindre que les loyers d’un certain nombre de distributeurs, notamment de centre-ville, n’augmentent encore en 2012.
    “D’où cette question, que nous posons de nouveau aux pouvoirs publics : quand, enfin, feront-ils en sorte que l’ILC (Indice des loyers commerciaux, dont l'utilisation se généralise depuis 2008, sur la base d'un accord entre propriétaires-bailleurs et locataires-commerçants, mais n'est pas encore la panacée, ndlr) devienne la base de référence pour la révision de l’ensemble des loyers commerciaux français ? “, s’inquiète Michel Pazoumian, délégué général de Procos.

    Un parc commercial qui continue de s’étendre, malgré tout

    A cette interrogation s’en ajoute une autre : comment le marché pourra-t-il, dans une telle conjoncture, absorber la croissance toujours sensible des surfaces commerciales sur le territoire ? En 2011, 3,1 millions de nouveaux m² ont été autorisés par les collectivités en CDAC/CNAC, après une année 2010 qui en avait déjà vu validés 3,2 millions. “Le volume autorisé est donc très légèrement en baisse, mais il reste à l’un des niveaux les plus élevés de la décennie, comme si les collectivités, désormais principales prescriptrices de ces opérations, faisaient fi de la crise et de ses conséquences sur la consommation”, observe Michel Pazoumian.
    En 2012, 750 000 m² de nouvelles surfaces commerciales (centres commerciaux, galeries marchandes, grandes-surfaces alimentaires, de bricolage, d’équipement de la maison…) seront inaugurés en France. Offrant certes de nouvelles opportunités d’implantation à des enseignes toujours, elles aussi, avides de développement. Elles ne seront en revanche pas toutes, c’est certain,  profitables.