Le marché français du lavage automobile reste un terrain de jeu attractif pour la franchise. Des stations fixes aux concepts mobiles sans eau, les enseignes accélèrent leur développement et affinent leurs stratégies de recrutement.

« Mature mais toujours porteur ». C’est ainsi qu’est décrit par Jean-Christophe Rogez, directeur général de l’enseigne Éléphant Bleu, le marché du lavage automobile en France. S’appuyant sur un parc de stations de lavage estimé entre 10 000 et 12 000 unités (dont la moitié d’indépendants sans enseigne nationale), il réalise, selon plusieurs données concordantes, un chiffre d’affaires annuel au-dessus de 700 millions d’euros.  « S’il continue d’offrir un potentiel de croissance important, c’est d’abord parce que 40 à 45 % des véhicules en France ne sont pas lavés, reprend Jean-Christophe Rogez. Ou alors, ils le sont au domicile, une pratique qui, je le rappelle, est interdite puisqu’elle entraine le rejet des eaux usées polluantes, chargées en métaux lourds, dans la nature ».

Éléphant Bleu, une marque « génératrice de trafic »

Portique de lavage auto à l'enseigne Eléphant Bleu

Le réseau Éléphant Bleu, fort de 430 implantations dans l’Hexagone (une cinquantaine sont détenues en propre et les autres sont exploitées en franchise, notamment par 200 multi-franchisés) poursuit ainsi son développement pour compléter son maillage territorial. Et ce, « partout en France », précise son directeur général, en s’appuyant sur un rythme de quinze à vingt ouvertures par an. « Nous recrutons aussi bien des cadres en reconversion qui veulent plus d’autonomie et être déchargés de la gestion du personnel que des professionnels du secteur, ajoute-t-il. Sans oublier les dirigeants de supermarchés franchisés de proximité qui souhaitent diversifier leur activité. » Et d’assurer : « Un indépendant déjà exploitant qui rejoint Éléphant Bleu en franchise va générer plus de chiffre d’affaires et voir ses coûts d’exploitation baisser. Notre marque, qui jouit d’un taux de notoriété de 92 %, est hautement génératrice de trafic. Depuis notre lancement, pas une seule station Éléphant Bleu n’a mis la clé sous la porte. » Déployées sur une surface comprise entre 1 000 et 1 500 m², les stations de lavage à l’enseigne (généralement trois pistes de lavage haute pression, deux portiques de lavage et quatre à cinq périphériques, dont des postes aspirateurs) réalisent jusqu’à 200 000 euros de chiffre d’affaires annuel et dégagent une marge brute comprise entre 85 % et 90 %.

TotalEnergies Wash France « en phase active de recrutement »

Autre enseigne-phare du secteur, TotalEnergies Wash France, en plus de se développer – et ce, de façon très majoritaire – au sein des stations-services du groupe délivrant du carburant (1 130 stations à ce jour pour 17 millions de lavage chaque année), propose, depuis 2019, aussi bien aux exploitants d’un centre existant qu’aux néophytes du secteur, de rejoindre le groupe en franchise sous l’enseigne Wash. « Une trentaine de franchisés nous ont déjà fait confiance », indique Gaëtane Pujol, directrice générale de TotalEnergies Wash France. Ces centres de lavage partenaires Wash, disposent de trois portiques multiprogrammes, de trois à quatre pistes haute pression et de nombreux périphériques dédiés au lavage et aux finitions de l’intérieur du véhicule. En outre, ils bénéficient également des deux moyens de paiement mis à disposition au sein des 1 130 stations du groupe. A savoir : la carte lavage Wash rechargeable, acceptée dans tous les centres du groupe ; et la carte Fleet, destinée aux professionnels, leur permettant de payer à la fois leur carburant et le lavage de leur véhicule. « Grâce à la mise à disposition, pour nos partenaires, de ces deux moyens de paiements, nous sommes pour eux de solides apporteurs d’affaires partout en France », remarque Gaëtane Pujol. Toujours « en phase active de recrutement de nouveaux partenaires franchisés », selon la dirigeante, l’enseigne Wash vise à s’implanter en ruralité, dans des zones blanches dépourvues de stations-services, ainsi que dans les zones industrielles et artisanales de France. « Le concept est également destiné aux garages automobiles disposant de foncier, désireux de diversifier leur activité », ajoute la directrice générale. Et de compléter : « Un beau centre Wash dans une zone à fort trafic peut réaliser jusqu’à 400 000 euros de chiffre d’affaires annuel. » Notons enfin que TotalEnergies Wash France a lancé, il y a quelques mois, un nouveau concept Wash de lavage à la main, déjà déployé dans une quarantaine de parkings d’Ile-de-France, y compris dans des centres commerciaux. Son objectif : se déployer en province, en ouvrant une dizaine d’unités à horizon deux à trois ans.

La mobilité, pilier du modèle Ecolave

Franchise de lavage auto écologique Ecolave

S’il ne pèse, selon Jean-Christophe Rogez, que 1 % à 3 % du marché du lavage automobile en France, le segment regroupant les professionnels qui n’utilisent pas d’eau pour laver les véhicules compte lui aussi des réseaux de franchise, déployant d’ambitieux plans de recrutement. C’est d’abord le cas d’Ecolave. Acteur pionnier du lavage automobile sans eau en France, le réseau, lancé en 2009, revendique un positionnement à la fois « écologique, mobile et entrepreneurial », selon Jérémy Richard, son dirigeant et fondateur. « Grâce à nos procédés de lavage sans eau, nous permettons d’économiser jusqu’à 250 litres d’eau par véhicule, tout en utilisant des produits biodégradables », dit-il. Autre pilier du modèle Ecolave : la mobilité. Les franchisés (ils sont une soixantaine) interviennent directement sur le lieu de vie ou de travail de leurs clients, qu’il s’agisse d’entreprises, de flottes automobiles, de collectivités ou de particuliers. Ce fonctionnement sans local commercial lourd « limite les charges fixes et permet un déploiement rapide de l’activité, tout en laissant une large autonomie aux entrepreneurs du réseau », affirme Jérémy Richard. Côté recrutement, Ecolave s’adresse à des profils d’entrepreneurs dotés d’une fibre commerciale et du sens du service client, sans exiger une expertise préalable dans l’automobile. Et le dirigeant fondateur d’indiquer qu’il entend poursuivre un développement de son réseau en franchise « durable et maîtrisé ».

CosmétiCar : doubler son parc de franchisés à 10 ans

ouvrir une franchise cosmeticar

Autre enseigne historique du lavage automobile sans eau, CosmétiCar, qui a célébré l’an passé ses 20 ans, compte une centaine d’agences sur le territoire. « Nous nous sommes très fortement développés pendant et juste après la période Covid, puis nous avons tout naturellement ralenti ces dernières années, confie Florian Benoit, son CEO. Avec 100 agences au compteur, avons-nous atteint un plafond de verre ? Certainement, mais nous voulons continuer à nous développer sur le plus long terme, avec l’objectif de doubler le parc de nos agences franchisées dans les dix prochaines années en recrutant des partenaires qui veulent s’investir sur un temps long ». S’adressant uniquement à une clientèle BtoB (concessionnaires automobiles, garages, entreprises disposant d’un parc de véhicules, sociétés de transports…), les franchisés du réseau CosmétiCar doivent investir au départ, pour se lancer, une somme proche des 35 000 euros (HT), hors véhicule mais droit d’entrée compris. « Les profils de franchisés qui nous rejoignent sont larges, ils viennent d’horizons très divers. Mais attention, notre métier est physique, prévient Florian Benoit. C’est un métier de terrain, qui exige d’être dans l’opérationnel. Nous ne recrutons pas d’investisseurs. » Chiffre d’affaires annuel que peut espérer réaliser un partenaire CosmétiCar en unité mobile ? Entre 70 000 et 100 000 euros (HT).

Lavage automobile : des professionnels de plus en plus fréquentés

Selon le réseau Éléphant Bleu, le parc français de 43 millions de véhicules génère chaque année 232 millions de lavages. Plus de la moitié sont réalisés chez des professionnels, une part en progression constante. Les automobilistes « privilégient les centres spécialisés pour leur proximité, la qualité de service, la disponibilité et des prix maîtrisés », indique-t-on chez Éléphant Bleu. La fréquence moyenne atteint six lavages par an pour les conducteurs attentifs à l’entretien, avec des usages plus intensifs chez les artisans et commerçants. Autant d’indicateurs confirmant l’attractivité du secteur pour les réseaux de franchise.