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Quelles solutions pour se lancer avec peu d’apport ?

Dernière mise à jour le 2 juin 2026 Temps de lecture : 8 min

Si l’investissement initial à prévoir pour devenir franchisé est très variable (de quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers d’euros), l’apport personnel nécessaire tourne autour de 30 % de l’enveloppe globale : c’est le minimum généralement exigé pour obtenir un financement bancaire. Or, selon les résultats nationaux de l’enquête réalisée (auprès de plusieurs milliers d’affiliés) par L’Indicateur de la Franchise pour les Trophées des Meilleures Franchises de France 2025, près d’un tiers (31,36 %) des porteurs de projets disposaient d’un apport personnel inférieur à 30 000 €. Tandis que près d’un quart (23,63 %) ont démarré leur activité avec des fonds propres compris entre 30 et 50 000 €. Pour se lancer avec un budget limité, plusieurs solutions existent. Parmi les pistes à creuser, il est possible d’opter pour une activité sans salarié au démarrage, ou encore pour un métier qui ne nécessite pas de local commercial, au moins dans un premier temps. Voici quelques exemples de ces concepts accessibles.

Lucile Tissot-Lays, franchisée Les Menus Services
Lucile Tissot-Lays, franchisée Les Menus Services à Marseille-Centre. (Crédit photo : @criscuolo).

Créneau émergent du secteur des services à la personne, le portage de repas à domicile permet de se lancer sans salarié au démarrage. «Un franchisé Les Menus Services commence son activité seul pendant 12 à 18 mois, selon son rythme de développement, explique sa Directrice générale Corinne Duplat. Puis il recrute un conseiller ou une conseillère clientèle : un diététicien ou diététicienne, qui devient son bras droit. Il livre les repas au démarrage, puis sa montée en charge lui permet de recruter des livreurs ou des livreuses. » « Quand je me suis lancée dans cette aventure, j’ai eu à cœur d’avoir un business model où je démarrais en solo, parce que je voulais absolument maîtriser toute la chaîne de valeur et toutes les tâches, confirme Lucile Tissot-Lays, franchisée Les Menus Services à Marseille-Centre. L’agence fonctionnant bien et décollant dans son développement, j’ai pu, au bout de six mois, recruter ma première préparatrice livreuse puis, six mois plus tard, la deuxième puis, au bout de dix mois, une diététicienne. »

Co-fondateur de La Compagnie des Déboucheurs, réseau spécialisé dans l’entretien, le débouchage et l’inspection des canalisations, Benoît Magandle confirme également :« Un franchisé La Compagnie des Déboucheurs peut démarrer son activité seul, de chez lui. Le seul inconfort dans notre métier, c’est le 7 jours sur 7 : c’est un investissement, qui représente quelques sacrifices, et il faut savoir s’organiser. Cela ne veut pas dire qu’on met sa vie personnelle de côté mais au départ, on pallie le fait de ne pas avoir de salariés. »

Même modèle économique chez Removo, enseigne spécialisée dans la réparation de volets roulants : « Nos franchisés mettent à peu près un an avant de commencer à se développer en embauchant des salariés, indique son Directeur Vincent Jouannet. Mais dans un premier temps, ils travaillent en solo, avec un camion-atelier, sans local avec pas-de-porte : un bout de garage suffit. Cela leur permet de bien se développer, bien comprendre leur activité, leur secteur, et de bien appréhender le métier. Ensuite, quand leur chiffre d’affaires augmente, ils pensent à se développer et à embaucher. »

Dernier exemple avec Laser Addict, concept de centres de bien-être et de sevrage tabagique. «Notre réseau est essentiellement constitué de personnes qui investissent et travaillent seules dans leur centre », reconnaît sa cofondatrice et directrice générale Christel Bongiorno. Traduction dans les chiffres : l’apport personnel requis pour rejoindre l’enseigne est de 15 000 €, contre 10 000 € pour Removo et 8 à 10 000 € pour La Compagnie des Déboucheurs.

Les concepts sans local commercial avec vitrine permettent eux aussi de se lancer avec peu d’apport et parfois, mais pas toujours, sans salarié. Les métiers de l’amélioration de l’habitat, qui privilégient les interventions au domicile des particuliers ou en entreprise, s’y prêtent particulièrement. Comme l’entretien et la réparation de volets roulants, activité de l’enseigne Repar’Stores depuis 2009. « Pour rejoindre notre réseau, les investissements sont légers puisqu’il n’y a pas de local commercial, confirme son Directeur réseau Bruno Chevalier. Donc, nous sommes sur des investissements totaux de 50 000 euros avec 5 000 euros d’apport : voilà ce dont un candidat a besoin pour se lancer en franchise chez nous. Aujourd’hui, cette activité est rentable dès la première année, avec des retours sur investissement entre 2 et 3 ans maximum. »

Positionné sur le même marché, Removo adopte un modèle comparable. « Aujourd’hui, l’investissement global hors camion est de 42 000 € hors taxes, indique Vincent Jouannet. Tout est compris dans ce montant : le BFR (besoin en fonds de roulement), l’aménagement du camion, le flocage, une tablette, la création de l’entreprise… sauf le camion, qui est en crédit-bail ».

Autre concept dont le modèle repose sur un véhicule d’intervention : La Compagnie des Déboucheurs. Ce qui en fait « une franchise relativement abordable, avec un métier facile à appréhender, une palette d’outils assez large et un retour sur investissement très rapide, souligne Benoît Magand. De plus, un franchisé n’a pas besoin de locaux commerciaux au départ : son outil de travail, c’est un véhicule que nous achetons et que nous louons aux franchisés, donc c’est nous qui portons le risque ». Des évolutions sont toutefois possibles, explique le co-fondateur du réseau : « Nous avons imaginé notre modèle avec une exclusivité territoriale : or, ce territoire a un potentiel de développement. Ainsi, certains franchisés emploient 4 à 5 salariés, et ont investi dans des bâtiments. Mais au démarrage, c’est facile d’entreprendre avec nous, parce qu’il n’y a pas trop de charges : pas de bail commercial, pas d’aménagement… »

Le réseau de cuisinistes en camion-showroom présente son nouvel aménagement

Parmi les activités qui ne nécessitent pas de local commercial au démarrage, on trouve aussi le nettoyage de véhicules sur site ou au domicile des particuliers, pratiqué par des chaînes comme Ecolave, Cosméticar, Sinéo ou Auto’Nettoyage. Même si certaines disposent aussi de centres fixes avec local, leur modèle historique repose sur des unités mobiles. Plus atypique, le concept Venidom, positionné sur le marché de la cuisine, s’appuie quant à lui sur un « camion-magasin », permettant à ses franchisés de se déplacer chez ses clients consommateurs. Tandis que les réseaux de distributeurs automatiques, comme par exemple Gang of Pizza, ne requièrent pas de local susceptible d’accueillir des clients, même s’ils nécessitent tout de même un emplacement physique.

Enfin, de nombreuses activités de services, aux particuliers ou aux entreprises, peuvent être exercées sans pas-de-porte. C’est notamment le cas de Passtime, concept dont les franchisés négocient avec des partenaires locaux (restaurants, loisirs, commerces), en échange de publicités gratuites sur des supports papier et Internet, des remises aux consommateurs. Qui sont ensuite commercialisés (via une application dédiée et sous forme d’abonnement) auprès d’une clientèle d’entreprises. « La particularité de notre franchise, c’est que vous n’avez pas besoin de local commercial, ni de recruter des salariés, puisque 90 % de nos franchisés travaillent seuls », résume son Directeur général Philippe Courtial. Conséquence : « Nous sommes une des rares franchises en France qui nécessite un faible investissement initial, explique le franchiseur. D’abord, on finance un droit d’entrée qui est de 6 990 € et ensuite un kit de démarrage qui est de 12 810 €. Ça veut dire qu’avec l’équivalent de 19 800 €, c’est-à-dire moins de 20 000 €, on peut démarrer une franchise Passtime ». Avec, selon Philippe Courtial, des perspectives intéressantes : « Nos franchisés n’ont pas de masse salariale, pas de local commercial, leurs charges sont très faibles, donc le rendement de notre franchise est exceptionnel, avec un taux de marge brute qui dépasse les 75 %, affirme-t-il. Et une rentabilité qui peut permettre à nos franchisés de rembourser leur investissement initial en moins d’un an, et de très bien gagner leur vie. »

Certains concepts historiquement accessibles font parfois le choix de se montrer plus exigeants. « Nous avons fait évoluer le montant d’apport personnel recommandé : aujourd’hui, ce dernier ne peut pas être inférieur à 60 000 €, explique ainsi Bernard Houtin, Directeur de la franchise Dal’Alu (installation de gouttières sur mesure). De même, le démarrage seul n’est plus envisagé : avec ce niveau d’investissement, notre franchisé est aujourd’hui un chef d’entreprise qui va faire du commerce et structurer son agence avec une équipe de deux techniciens. » Mais aussi prévoir au démarrage un bâtiment de stockage de 200 m² pour le matériel.

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