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      Enterprise Rent-a-Car laisse ses franchisés sur le bord de la route - Brève du 3 septembre 2013

      Brève
      3 septembre 2013

      Quelques mois après sa reprise du loueur français National Citer, l'Américain Enterprise Rent-a-Car a décidé de se séparer des 18 franchisés hexagonaux du réseau. En les privant de toute “possibilité de rebond”, dénoncent aujourd'hui ces derniers.

      Début 2012, le groupe PSA cédait sa filiale National Citer au géant américain Enterprise Rent-a-Car. Le numéro 1 mondial de la location auto (8 200 agences dans le monde pour 15,2 milliards de dollars de CA) mettait ainsi la main sur un réseau de quelque 190 agences en France. Parmi elles des succursales, essentiellement installées dans les gares et aéroports, mais aussi 34 franchises, détenues au cœur de villes de banlieue et surtout de province par 18 indépendants. 
      Ces derniers montent aujourd’hui au créneau. Souhaitant se concentrer sur un développement en propre, le groupe américain a décidé d’arrêter la franchise dans l’Hexagone. Il ne renouvellera donc pas leurs contrats, dont 15 arrivent à leur terme le 31 décembre prochain (et 3 un peu plus tard). Ceci en les privant de toute “possibilité de rebond”, dénoncent les entrepreneurs concernés. Et au terme d’une année marquée par toute une série de “manœuvres de déstabilisation”, estiment-ils.

      Juste avant le rachat de National Citer, fin 2011, il leur a été demandé de signer un nouveau contrat de franchise, version “homogénéisée” de ceux qui les liaient à la tête de réseau jusqu’alors. “Ce nouveau contrat n’était que d’une durée de 2 ans, mais la direction nous a rassurés : d’autres seraient conclus dès que notre nouveau franchiseur aurait organisé ses services en France”, raconte David Pujol, propriétaire des agences de Bergerac, Agen, Marmande et Villeneuve-sur-Lot. “D’où notre surprise, lorsqu’en décembre 2012 un simple courrier recommandé nous a appris qu’Enterprise Rent-a-Car prenait la décision d’appliquer le contrat stricto-sensu et d’arrêter sa collaboration avec nous fin 2013″.
      Le franchiseur informe ses adhérents qu’il entend reprendre l’exploitation de leurs zones en propre. Mais ne propose aucune offre de rachat de leurs fonds de commerce ou de leurs sociétés. Une clause de non-concurrence empêche par ailleurs les franchisés, et de poursuivre leur activité de location auto dans leurs locaux, et de se rapprocher d’une autre enseigne avant terme échu du contrat. “Nous avons, pendant des années, à force de travail et d’investissements, permis au réseau de gagner des parts de marché et d’enrichir son fichier client. Et il faudrait qu’aujourd’hui nous lui cédions nos territoires pour rien ?” proteste Alexis Cosson, franchisé à Saint-Etienne.

      Un rapport de force déséquilibré

      Les franchisés s’élèvent aussi contre la “stratégie très déstabilisante” mise en place par la tête de réseau ces derniers mois. Et d’évoquer notamment un changement d’enseigne mené, en mars, sans aucune communication institutionnelle. “Nos agences ont dû adopter la bannière Enterprise Rent-a-Car alors que personne ne connaissait la marque en France ! L’impact sur notre clientèle et nos prospects a été très négatif”, déplore ainsi Alexis Cosson.
      Les règles de fonctionnement du réseau ont aussi été modifiées. “Depuis toujours, les franchisés National Citer avaient la possibilité de s’approvisionner en véhicules soit par leurs propres moyens, soit via la tête de réseau, moyennant paiement d’un loyer. Enterprise a considérablement augmenté le montant de ces loyers. Résultat : beaucoup d’entre nous ont  vu leurs marges chuter”, explique Rhida Sfar, le franchisé de Poitiers et Tours. “Le groupe a parallèlement adopté une politique de baisse des prix généralisée, qui est  venue renforcer l’effondrement de nos marges. Tout cela a d’ailleurs été fatal aux franchises de la Rochelle et Niort qui ont été mise en redressement judiciaire le 9 Avril et en liquidation le 30 juillet”, déplore-t-il.

      Enterprise Rent-a-Car serait resté sourd aux revendications de ses franchisés depuis 6 mois. Bloqués dans un rapport de force déséquilibré, ces derniers tentent aujourd’hui le tout pour le tout en prenant publiquement la parole. “Nous demandons le retour à la table des négociations de la direction d’Enterprise Rent-a-Car. Et réclamons la reprise à des conditions décentes, c’est-à-dire à leur valeur de marché, de nos sociétés ou de nos fonds de commerce”, se conclut la lettre qu’ils ont adressée, la semaine dernière, à la ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme Sylvia Pinel, afin de l’alerter sur leur situation.

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