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      Jean-François Charvat, dir. de la franchise - Interview du 22 juillet 2009

      Interview
      22 juillet 2009

      En dépit d'une légère baisse d'activité, nos agences tiennent bon, grâce à leur clientèle de proximité

      Le chiffre d’affaires d’Ada a reculé de 1,8 % au premier semestre 2009. Vous semblez pourtant satisfait de ce résultat…
      Cela peut surprendre, mais nous estimons en effet, avec un CA en repli de -1,8 %, avoir plutôt bien résisté sur un marché en très forte baisse. L’activité des loueurs, durement impactée par la baisse du trafic aérien et du tourisme, a été particulièrement mauvaise dans les gares et les aéroports. Nous ne sommes pas passés entre les gouttes, et avons ainsi fait le choix tactique de fermer plusieurs agences, notamment dans les aérogares de Roissy, Toulouse et Bordeaux. Toutefois notre chance, c’est que le marché du déplacement ne représente que 5 % de notre chiffre d’affaires global. Nos agences font surtout de la location de proximité, et ce segment a tenu bon. Elles ont certes été pénalisées par le ralentissement économique, qui a fait sensiblement baisser le volume de locations d’utilitaires aux artisans et petites entreprises avec qui elles travaillent habituellement beaucoup. Mais elles ont compensé en louant davantage de véhicules dits de tourisme, activité boostée par l’image discount d’Ada qui paie à plein en temps de crise. A l’heure où je vous parle, nos voyants sont au vert en ce qui concerne juillet et août, mois traditionnellement denses. Même si, cela s’entend, nous ne nous attendons pas à une vraie reprise avant 2010.

      Pensez-vous, dans ce contexte, avoir les moyens de continuer à développer le réseau de franchisés Ada ?
      Nous parvenons, pour l’heure et malgré la crise, à continuer d’ouvrir et de consolider notre réseau. Après la trentaine d’inaugurations concrétisées en 2008, nous en avons encore réalisé six au premier semestre 2009. Cela nous a permis de compenser les départs de franchisés survenus parallèlement, pour stabiliser notre parc autour des 480 agences. Il est vrai, cependant, que même si nous avons toujours beaucoup de candidats, il devient de plus en plus long et difficile pour eux d’obtenir des crédits, ce qui ralentit sensiblement la concrétisation des projets. Un écueil que nous tentons de contourner en étant, nous-mêmes, plus vigilants que jamais quant au montant d’apport personnel qu’ils peuvent fournir.
      Quoi qu’il en soit, nous voulons poursuivre notre expansion. Nous prévoyons de lancer prochainement une campagne de communication afin de recruter de nouveaux franchisés dans l’ouest de Paris et aimerions aussi densifier notre présence dans le Nord-est de la France, à Lille, Strasbourg, Mulhouse…Tout en continuant à mettre en place des guichets de location Ada chez des concessionnaires, carrossiers, marchands d’occasions ou garages de campagne, dans les zones où nos agences principales n’ont pas de raison d’être.

      Qu’en est-il du déploiement de vos deux autres enseignes, Holiday Bikes et Ada Box ?
      Nous avons, dans les deux cas, été amenés à revoir un peu notre copie. En ce qui concerne Holiday Bikes, notre enseigne de location de deux-roues (vélos, scooters et motos), 94 unités à ce jour couplées à des agences Ada, nous avons réalisé que le concept fonctionnait très bien dans les villes touristiques, a fortiori en bord de mer, mais beaucoup moins bien dans certaines agglomérations moyennes où nous l’avions implanté. Nous avons donc pris la décision de résilier, à l’amiable, une dizaine de contrats de franchise pour nous concentrer, à l’avenir, sur des zones “porteuses”, où la location de deux-roues soit susceptible de rapporter au moins 50 000 € de chiffre d’affaires supplémentaires à nos adhérents.
      Pour ce qui est d’Ada Box, notre enseigne de self-stockage, la problématique est différente. Lorsque nous l’avons lancée, et c’était l’un des intérêts du concept, il n’existait aucune loi réglementant l’implantation de containers à usage d’entrepôt. Malheureusement, la donne a changé puisque une loi récente les soumet à permis de construire. Or, les municipalités se sont avérées très réticentes à nous délivrer ces fameux sésames. Résultat : nous n’exploitons pour l’heure que trois unités Ada Box. Nous restons toutefois persuadés que ce concept de self-stockage de proximité répond à une vraie demande, qu’il est tout à fait complémentaire à notre activité de location et qui peut être très rentable. Nous avons simplement ajusté notre stratégie en proposant aux franchisés intéressés de s’installer dans des entrepôts en dur existant. Moyennant quoi nous pensons que cette enseigne reste promise à un bel avenir.

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