Fermer
Secteurs / Activités

      Le commerce associé entre satisfaction et inquiétude (Loi Macron) - Brève du 26 mai 2015

      Le commerce associé a progressé de 1 % l'an passé, à 143,5 Mds€. Confiante en son modèle anti-crise, la Fédération du Commerce Associé continue de tirer à boulets rouge contre la Loi Macron visant à limiter la durée des contrats d'affiliation.

      Les bonnes nouvelles, d’abord. Malgré “un contexte économique pourtant défavorable”, le commerce coopératif et associé a vu son chiffre d’affaires progresser de 1 % en 2014, atteignant 143,5 milliards d’euros, soit une croissance supérieure à celle du commerce de détail, limitée à 0,4 %.

      Fort de ses 153 enseignes issues de 30 secteurs d’activité et exploitant 43 870 points de vente, le commerce associé a créé l’an 18 000 emplois nets (3,5 % d’employés supplémentaires par rapport à 2013), 1 200 magasins et accueilli 640 nouveaux entrepreneurs. “Le commerce associé, porteur d'emplois et amortisseur de crise, poursuit sa progression et s’inscrit dans le long terme” souligne Eric Plat, président de la Fédération du commerce associé (FCA) et par ailleurs PDG des opticiens Atol.

      30 % du commerce de détail en France

      Alimentaire (Intermarché, Leclerc, Système U…), automobile (Roady, Point S…), équipement de la maison (Bricomarché, Gedimat…), sport (Intersport, Sport 2000…), immobilier (Orpi), optique (Atol, Krys…), hôtellerie-restauration (Best Western, Poivre Rouge…) et autres : le commerce coopératif, avec son modèle bien spécifique, capte aujourd’hui 30 % de parts de marché du commerce de détail en France. La FCA met en avant la résilience de l’organisation sous forme de coopératives, rappelant que le taux de survie à cinq ans des entreprises du secteur (85,5 %) y est deux fois supérieur à la moyenne.

      La Loi Macron, une “épée de Damoclès”


      Malgré des performances encourageantes “qui bénéficient à tous – entrepreneurs, salariés et consommateurs -“ le commerce coopératif et associé “risque d’être mis à mal par une disposition de la Loi Macron visant à limiter à neuf ans la durée des contrats d’affiliation entre les entrepreneurs et leur réseau”, déplore la FCA, qui avait déjà tiré à boulets rouges contre le dispositif, en début d’année.

      Pour Eric Plat (ci-contre), président de la FCA, cet amendement, “qui cible uniquement les réseaux de commerçants et épargne les structures capitalistiques (groupes de commerces intégrés)”, ne manquera pas de créer “une concurrence déloyale aux effets délétères” pour les groupements du commerce coopératif et associé, lesquels verraient leur modèle économique “entièrement remis en cause”.

      Dans une lettre ouverte adressée au Ministre de l’Economie Emmanuel Macron, Eric Plat enfonce le clou et s’insurge contre l’ingérence d’une mesure qui freinerait les capacités d’investissements à long terme des coopératives. “Dans toutes nos filières, nos entrepreneurs doivent développer des outils et des moyens logistiques impliquant des investissements colossaux, nécessitant une visibilité à long terme. Cette visibilité est également exigée par nos partenaires financiers, de plus en plus sourcilleux en matière d'engagement et de caution. Que dirons-nous demain à nos banquiers, lorsque nous voudrons investir ? “Bonjour, j'ai besoin d'emprunter, mais une partie de nos contrats d'affiliation actuels se terminent dans 3 ans ?!”

      Au niveau parlementaire, il sera désormais discuté de tout ceci – ainsi que d’autres dispositifs de la Loi Macron tels que les dimanches exceptionnels ouvrés, les mécanismes de compensations salariales ou le maintien des zones touristiques – le 3 juin à l’occasion d’une commission mixte paritaire.

      A lire aussi :
      – Loi Macron, coopérative et franchise : le Ministre de l’Economie met les points sur les “i”
      – La Fédération Française de la Franchise vent debout contre un amendement de la Loi Macron
      Loi Macron : le Groupement des Mousquetaires réagit
      Non, la loi Macron ne met pas en péril la franchise mais elle la vivifie !, par Maître Serge Meresse
      – L’amendement Brottes porte atteinte à la franchise dans une grande confusion, par Maître Frédéric Fournier