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    Le hard discount alimentaire en réseau prêt à foncer

    Les nouvelles règles d’urbanisme commercial inscrites dans la loi de modernisation de l’économie devraient favoriser l’expansion du hard discount alimentaire. La franchise Ed et la coopérative Netto prévoient ainsi un fort développement.

    En vigueur depuis le 6 août dernier, la loi de modernisation de l’économie (LME) a notamment relevé, de 300 à 1 000 m², le seuil de déclenchement des procédures d’autorisation de création de magasin. Et même si un dispositif, dont les modalités seront précisées par décret, renforcera le contrôle des élus dans les communes de moins de 20 000 habitants, cette réforme ouvre des perspectives à nombre d’acteurs.

    Notamment aux enseignes de hard discount, plébiscitées par les consommateurs en cette période de tensions sur le pouvoir d’achat. Entre les précurseurs de la formule comme Aldi ou Lidl et les dernières venues, U Express (Système U) ou Simply Market (Auchan), deux chaînes prévoient d’accélérer leur expansion par le biais du commerce organisé. En franchise pour Ed (Carrefour), en coopérative pour Netto (Les Mousquetaires).

    Sur 900 magasins Ed, 65 sont exploités en franchise, le plus ancien datant de 2002. “Nous avons véritablement accéléré le recrutement mi-2006, indique Christophe Besnard, directeur de la franchise. Depuis un an et demi, nous avons décidé d’en faire un vrai vecteur de développement.” L’enseigne se fixe pour objectif de regrouper 80 points de vente en franchise fin 2008, et d’en ouvrir 25 par an sous cette forme, sur un total de 60 implantations annuelles.“La LME ne va pas démultiplier à outrance les ouvertures de hard discount, car la régulation va se faire par le consommateur, estime Christophe Besnard. Mais elle va nous permettre d’ouvrir des surfaces dans le format idéal.” C’est-à-dire sur 950 m² et plus – contre 700 m² en moyenne aujourd’hui –, avec assortiment plus large et parking, en milieu périurbain ou rural. Objectif : 200 magasins franchisés en 2013. Mais le métier n’est pas sans contrainte : “Les marges sont serrées, c’est extrêmement huilé de la commande à la vente, car le nombre de références est limité avec une forte rotation”, souligne-t-il. D’où la priorité donnée, dans le recrutement, aux franchisés ou salariés du groupe Carrefour, et aux professionnels de la distribution en général. Avec deux formules possibles : investisseur exploitant, avec 200 000 euros d’apport personnel, ou locataire-gérant, avec 10 000 seulement…

    Pour Frédéric Brézet, responsable de Netto, “la LME traduit une volonté politique de voir se développer le hard discount, dans un contexte de pouvoir d’achat restreint. Notamment de la part des élus locaux, qui souhaitent attirer ce type de points de vente 25 à 30 % moins chers qu’un supermarché classique.” L’objectif de Netto (410 points de vente adhérents) est de doubler son parc de magasins d’ici 5 à 8 ans. “Sans la LME, cela n’aurait pas été possible dans ce délai”, reconnaît Frédéric Brézet. Pour réussir dans le hard discount, souligne-t-il, “il faut être entrepreneur et commerçant. On peut très bien s’en sortir sans être issu de la distribution.”

    Dix-neuf ouvertures sont prévues cette année et une quinzaine d’autres pour 2009, année où l’enseigne devrait également tester au niveau régional un nouveau concept lancé le 17 juin dernier à Mâcon, sur un point de vente de 1 000 m². Vingt à 30 unités seront ainsi transformées au 1er semestre 2009. “Notre stratégie s’appuie sur la possibilité de migration d’une plus grande part de la population vers le hard discount, explique Frédéric Brézet. Demain, nous proposerons 3 000 références sur 650 m² et 4 000 sur 1 000 m², dont 10 % de marques nationales.”

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