Arnaud Allantaz, bonjour. Vous êtes directeur d’expansion pour le groupe Fournier. Tout d’abord, merci d’avoir accepté l’invitation de Franchise Magazine.

Bonjour et merci à Franchise Magazine pour l’invitation.

Pouvez-vous nous rappeler quelles sont les différentes enseignes que développe le groupe Fournier ?

Tout à fait. Je m’occupe de l’expansion du groupe Fournier, qui est un acteur industriel français basé à côté d’Annecy, en Haute-Savoie, et qui développe plusieurs marques, Hygéna, So’cooc, Mobalpa et Perenne, sur le marché français et à l’international.

Et quel est le positionnement respectif de ces différentes marques ?

Je vous les ai citées selon leur positionnement sur les différents segments de marché. On pénètre les premiers segments du marché avec l’enseigne Hygéna, qui est positionnée plutôt sur les segments économiques, sur les segments sur lesquels interviennent beaucoup la GSB, la grande surface de bricolage, les grandes surfaces spécialisées. On a ensuite la marque So’cooc, qui va intervenir sur les segments entre 4 000 et 11 000 euros, à peu près, sur des cuisines montées d’usines, développées dans un réseau de cuisinistes spécialisés, et qui est une marque référente de la cuisine étendue, qui travaille sur le meilleur rapport au valeur-prix. On a ensuite la marque, je dirais, peut-être la plus connue du groupe, à la plus forte notoriété, la marque Mobalpa, qui est aussi la marque la plus ancienne, puisqu’elle va créter l’an prochain ses 80 ans. C’est une marque problématique de l’aménagement sur mesure, et qui traite l’habitat dans sa globalité, puisqu’elle est à même de proposer tant de la cuisine que du dressing, de l’aménagement de chambres à coucher ou de salles de bain, ce qu’on appelle l’agencement sur mesure. Et puis, enfin, l’enseigne Perenne, qui est la première enseigne d’architecture d’intérieur, d’agencement, d’amouvelement sur mesure et de décoration, qui, elle, est positionnée sur les segments de marché les plus élevés, et positionnée plutôt dans des boutiques, dans les centres urbains.

Et où en est le développement, concession de vos différentes enseignes ?

Alors, le développement passe aujourd’hui quasi exclusivement par la franchise. Aujourd’hui, on redéveloppe la marque Hygéna, qui est une ancienne, vieille marque, bien connue des Français, qu’on a repositionnée. On relance un tout nouveau concept. Donc, on est en train de finir d’ajuster, qu’on relancera en développement l’an prochain. Donc, on a à ce stade trois magasins sur la France. On redémarre le développement de cette marque. On a ensuite la marque Sokou, qui a connu une grande expansion ces dernières années, pour atteindre aujourd’hui à peu près 230 points de vente en France, et qui a également, depuis l’an dernier, un magasin, un point de vente en Espagne, et qui devrait ouvrir avant la fin de l’année, un point de vente également en Belgique. Il y a ensuite la marque Mobalpa, présente dans plus de 230 magasins à travers toute la France, qui bénéficie également de plus de 20 magasins en Espagne, et de quasiment cinq magasins aussi sur la Belgique. On a aussi une présence en Suisse pour la marque Mobalpa, et puis pour Sokou et Mobalpa, je ne l’ai pas dit pour Sokou, la présence aussi dans les Dromcom, en Martinique, en Guadeloupe, à La Réunion, etc., en Nouvelle-Calédonie également. Et puis la marque Perenne, aujourd’hui pré-distribuée dans environ 80 boutiques à travers toute la France, et avec plusieurs ouvertures aussi prévues cette année.

Et quels sont vos objectifs de développement pour ces différentes marques ?

Les objectifs sont assez ambitieux, et c’est pour cela qu’on a restructuré dans le groupe fournier l’organisation du développement, en créant cette direction d’expansion qui a vu le jour au début de l’année 2026, avec pour objectif de regrouper toutes les forces développement des quatre marques qui étaient à l’origine dispatchées dans chaque enseigne, et en regroupant ces marques pour porter les objectifs ambitieux d’ouvrir une quarantaine de points de vente cette année sur l’ensemble des marques, et d’accélérer plus fortement à compter de l’an prochain sur l’international.

Quels sont les critères pour rejoindre vos réseaux ? Quels profils recherchez-vous ?

Les critères peuvent être assez différents selon les enseignes, avec des stratégies basées sur énormément la vente en volume, des réflexes très retail, très distribution, en tout cas pour les marques Hygiena et So’cooc, des profils plus en lien avec l’aménagement complet de l’habitat, un intérêt important pour tous les sujets de l’aménagement de la décoration chez Mobalpa, et puis un profil un peu plus particulier, singulier, à la recherche de profils de type d’architecte d’intérieur pour ouvrir de futures boutiques pour la marque pérenne.

Comment se déroule la formation de vos nouveaux franchisés ?

La formation est un sujet qui est très bien encadré et déployé pour l’ensemble de nos marques et des prospects et des futurs franchisés qui nous rejoignent. Ils sont pris en main depuis le démarrage puisqu’on a aujourd’hui plus de la moitié des franchisés qui nous rejoignent qui viennent pas du tout du métier de la cuisine ou de l’aménagement. On a la capacité de former tous les futurs dirigeants, les futurs managers, les futurs vendeurs de chaque magasin avec des parcours qui sont prévus pour en quelques semaines être à même de former ces personnes à l’exercice de leur métier. Des dispositifs de formation qui sont agréés et certifiés QUALIOPI qui permettent aussi la prise en charge de certains types de formations par des organismes agréés et qui permettent de délivrer des diplômes qualifiants à tous ces nouveaux entrants.

Quel type d’emplacement et quelle surface il faut pour ouvrir un magasin ?

Là aussi ça peut différer selon la marque choisie. On va plutôt être sur des positionnements de zones commerciales pour les enseignes SO’COOC, HYGIÉNA, MOBALPA avec des emplacements qui peuvent être de l’ordre de 200 à 300-400 m² suivant la taille des agglomérations visées. Sur des emplacements numéro 1 avec beaucoup de trafic attendu dans ces boutiques de zones commerciales, la marque MOBALPA, un petit peu la marque SO’COOC aussi et exclusivement pour la marque PERENE, le déploiement se fait dans les centres urbains pour des boutiques chez PERENE qui vont plutôt être de l’ordre de 50 à 100 m². Et puis sur des surfaces un peu plus réduites aussi pour SOKOOK et MOBALPA lorsqu’elles s’implantent en centre-ville puisqu’on va retrouver des magasins de l’ordre de 100 m² lorsqu’on touche sur des emplacements très urbains. J’imagine que les investissements sont variables selon les enseignes.

Quelle fourchette pouvez-vous nous donner ?

On aura un aménagement qui sera plus en lien avec le modèle économique et le panier moyen visé des cuisines vendues. Pour faire simple, plus on va upgrader au niveau des marques dans le groupe, c’est-à-dire en passant d’IGENA à SOKOOK puis à MOBALPA puis à PEREN, plus le prix de l’aménagement du local au mètre carré va augmenter. Mais en contrepartie, la surface va se réduire aussi. Donc on parle de coûts d’aménagement de fourchettes au mètre carré qui vont osciller entre 1000 et 2000 euros du mètre carré suivant le concept choisi. Et avec des surfaces, je l’ai dit, qui vont aller de 60-80 m² pour PEREN jusqu’à 400 m² pour les autres enseignes selon les emplacements.

Et combien de temps faut-il franchiser pour amortir son investissement ?

Le business model de nos enseignes est assez simple. C’est un business model qui génère automatiquement de la trésorerie puisque, en général, on vend des cuisines, on capte de la compte et on capte le sol avant d’avoir payé le fournisseur. C’est un modèle à BFR négatif qui génère très vite de la trésorerie. C’est plutôt un indicateur intéressant pour nos partenaires bancaires et puis pour nos franchisés puisque ça génère tout de suite beaucoup de cash. Concernant la rentabilité du modèle, on estime que la première année est souvent déficitaire puisqu’il y a une inertie de facturation complètement légitime au vu des projets qui emmènent un certain délai entre la vente et l’installation, puis un équilibre et un retour à un solde positif à l’issue du troisième exercice.

Selon vous, comment le marché va évoluer dans les années qui viennent et comment est-ce que vous prévoyez de faire évoluer vos concepts ?

Le marché va évoluer à court terme. Il est un peu chahuté puisque c’est un marché qui est intimement lié au business de la transaction immobilière. Les transactions immobilières ont connu une énorme explosion post-Covid, puis un retournement dans les années 23-24. Une embellie s’était faite sentir l’année dernière et on a encore quelques turbulences cette année dues aux taux d’intérêt qui continuent à être élevés et donc un certain attentisme chez les propriétaires qui souhaitent vendre leurs biens. Pour autant, on sait qu’on a une tendance à long terme qui va être très bonne. Pourquoi ? Parce que le nombre de ménages ne cesse d’augmenter. On a de plus en plus de personnes vivant seules, de couples qui se séparent. Le nombre de ménages augmente en France et chaque ménage nécessite un logement et donc une cuisine. Mécaniquement, on a un besoin de logements en France et donc un besoin de cuisine. Le marché structurellement va continuer à croître dans les années à venir. Concernant votre deuxième question sur l’aménagement et la mutation de nos métiers, on constate que de plus en plus, par contre, les surfaces de ces logements se réduisent et donc il faut de plus en plus être à même d’aménager de manière adéquate et optimiser l’habitat. Donc, on va être à la recherche de solutions pour l’aménagement de ces habitats. Et là, toutes nos marques prennent du sens puisque pouvoir aménager des surfaces avec des meubles adaptés à chacun, c’est exactement le savoir-faire que nous dispensons dans le groupe fournier au travers de nos différentes marques.

Et pour finir, quel conseil vous pourriez donner à un porteur de projet qui hésiterait à se lancer dans votre activité ?

Alors déjà, qu’il se renseigne sur différents sujets. Le premier, c’est la sensibilité avec le produit. Est-ce qu’il a envie de travailler dans l’aménagement de l’habitat, qui est un sujet où la passion est peut-être un peu forte, mais en tout cas, une sensibilité autour des métiers de l’aménagement est importante puisqu’il est important de s’épanouir dans un projet, dans le produit qu’on va pouvoir proposer à des clients demain. Ensuite, qu’il benchmarke les différents modèles économiques. Si selon l’entrepreneuriat, c’est aussi pour avoir une rentabilité sur son activité, on a la chance chez Fournier d’avoir des modèles économiques solides et éprouvés depuis plusieurs années. Et puis enfin, qu’il regarde et compare les accompagnements que les franchiseurs peuvent lui proposer. Là encore, chez Fournier, on a une grande expertise de la franchise avec plus de 500 points de vente dans le monde, ce qui nous permet d’avoir une grande expérience sur l’accompagnement des futurs producteurs de projets. Donc en tout cas, s’il a le souhait de rejoindre une enseigne connue, à notoriété, dans un secteur d’activité qui est l’aménagement de l’habitat, qu’il n’hésite pas à nous contacter puisqu’on a tout le savoir-faire qui permettra de l’aider dans sa réussite.

Arnaud Allantaz, je vous remercie. Je rappelle que vous êtes directeur d’expansion pour le groupe Fournier et que votre actualité est à retrouver notamment sur les sites Franchise Magazine et AC Franchise.