Valérie Langlois, bonjour. Vous êtes directrice marketing du réseau Saveur & Vie. Tout d’abord, merci d’avoir accepté l’invitation de Franchise magazine.
Bonjour Vincent, merci à vous d’avoir pensé à nous pour cette interview. Merci à vous.
L’enseigne Saveur & Vie est positionnée sur le marché du portage de repas. Où en est votre développement en France et quels sont vos objectifs pour les mois, les années qui viennent ?
Alors en fait, même si Saveur & Vie existe maintenant depuis 25 ans, on est un tout jeune réseau de franchises sur le principe. Donc sur un modèle éprouvé qu’on met justement au service de nos futurs franchisés. Donc on a commencé la franchise l’année dernière. On a un rythme d’ouverture, on va dire, d’une dizaine de franchises par an. Là, on a déjà Bordeaux, Torcy qui ont ouvert. On a Agenaux et les Pays-Basques qui ont rejoint le réseau. Et courant de l’automne, on a plusieurs ouvertures qui sont prévues. L’objectif étant d’avoir environ 45 franchises d’ici 2028.
Et quel profil de candidat vous recherchez en priorité ?
Alors nous, comme on est sur le portage de repas, on n’a pas besoin, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, de profil issu du secteur médico-social. Ce dont on a besoin, c’est des gens qui ont la volonté et l’esprit d’entreprendre avec un bon sens relationnel et commercial et qui veulent donner du sens à leur activité.
Et les franchisés que vous avez déjà recrutés sont plutôt des hommes, sont plutôt des femmes ? Quelle tranche d’âge ? Quel parcours professionnel ?
Alors c’est plutôt mixte. On a des couples qui ouvrent, on a des personnes qui ouvrent aussi et on a nos plus jeunes franchisés, par exemple, qui ont 26 ans. Et ensuite, les profils qu’on rencontre beaucoup, c’est des personnes qui se repositionnent, qui sont en reconversion, qui ont autour de 50 ans et qui justement veulent donner un nouvel élan et surtout du sens à la suite de leur carrière. Et c’est justement pour ça qu’ils viennent nous voir.
Comment se déroule la formation de ces franchisés ?
Alors la formation chez nous, une fois qu’on a signé le contrat, ils intègrent nos équipes pendant une dizaine de jours où ils rencontrent tous les services pour comprendre notre fonctionnement. Et il y a des vies-ma-vie qui sont organisées à la fois sur le terrain avec les commerciales, également logistique avec les préparateurs, les magasiniers et les livreurs. Et surtout, il y a un vie-ma-vie de deux jours qui est prévu à la Roche-sur-Yon. C’est notre succursale pilote où là, c’est vraiment le modèle que va devoir développer notre franchisé demain. Et ils vont voir vraiment sur toute la chaîne de Valeurs leur activité pour pouvoir monter leur franchise Saver Eli. Et ensuite, en fait, il y a un accompagnement, formation continue. Une fois qu’ils ont ouvert, justement, la responsable commerciale va sur le terrain avec eux pour voir si ce qui a été appris en formation est utilisé de manière pertinente pour eux, leur permettre de valoriser leur business. Et de la même manière, notre responsable d’agence de la Roche-sur-Yon se déplace également pour les aider à optimiser leur process.
Comment se déroule la journée type pour vos franchisés ? Au démarrage de leur activité, quelle est leur mission quotidienne ?
Alors au démarrage de l’activité, c’est surtout la partie commerciale qui est dominante, justement pour remplir le portefeuille, pour ensuite pouvoir assurer la logistique, les livraisons. Mais l’enjeu du démarrage, c’est vraiment de se montrer auprès des prescripteurs, d’aller leur rendre visite. Parce que chez nous, les prescripteurs, c’est les assistantes sociales dans les mairies, dans les hôpitaux, également les sociétés de service à la personne, les résidences autonomie, qui sont nos principaux prescripteurs par qui vont arriver les bénéficiaires et qui vont déclencher des commandes. Donc au début, il y a beaucoup de démarchage commercial et du réseau à développer.
Quel investissement faut-il prévoir pour rejoindre votre enseigne ?
Alors en plus des droits d’entrée qui varient en fonction de la taille de la zone et de son potentiel, donc ça va de 25 000 à 35 000 euros, il faut prévoir un investissement d’environ 20 000 euros pour disposer d’une chambre froide, ensuite avoir un véhicule réfrigéré et il faut se doter d’un local, un local d’environ 100 mètres carrés qui va permettre d’héberger un bureau et cette fameuse chambre froide. Donc finalement l’investissement est assez minime par rapport à d’autres concepts. Ce qu’on annonce en général, c’est entre 70 et 80 000 euros d’investissement.
Combien de temps faut-il a un franchisé pour amortir son investissement ?
Alors là, dans ce qu’on peut observer par rapport à nos premiers franchisés, on est sur neuf mois. Nous on avait prévu un an, mais là visiblement le rythme finalement d’un franchisé qui est bien sur le terrain et qui fédélise ses clients, on est plutôt sur neuf mois.
Est-ce que la conjoncture, je pense à l’inflation, peut-être le prix des carburants, a un impact sur votre activité ?
Alors par rapport aux carburants, comme on est sur du véhicule électrique, l’impact est minimisé. Après l’inflation, comme tout est centralisé au niveau national, parce que le Saveur Élie au niveau national fait office de centrale d’achat, les tarifs sont négociés et donc maîtrisés par notre service achat et notre service sourcing, donc c’est relativement sous contrôle. Donc évidemment, il peut y avoir un impact, mais c’est quand même très contrôlé.
Selon vous, comment votre secteur d’activité va-t-il évoluer dans les années qui viennent ? Et qu’est-ce que vous prévoyez de faire évoluer votre concept ?
Alors par rapport à ça, il y a deux choses. Il y a déjà la pyramide des âges qui va s’inverser en France dès 2030, donc un vieillissement de la population. Et comme nous, on est sur les personnes en fragilité, essentiellement des seniors qui veulent rester à domicile, forcément c’est d’avenir en fait, notre activité est d’avenir par rapport à ça. Ce qu’on observe également, c’est une augmentation des maladies chroniques et comme on intervient également dans le cadre de ces fragilités, forcément notre activité fait sens aussi. Donc pour le coup, on a un vrai sens par rapport à notre activité et ce qui va se produire dans les prochaines années. Par rapport à l’évolution justement de notre activité en soi, en fait nos consommateurs d’aujourd’hui ne sont pas nos consommateurs de demain. Donc ça, on y est très vigilant et on prend un virage doucement mais sûrement sur l’évolution de ce qu’on propose à nos clients. Je donne un exemple concret, nos clients d’aujourd’hui, en fait quand on leur propose du végétarien, ils nous appellent pour nous dire vous avez oublié la viande. Végé, pour l’instant, on ne pousse pas trop. Par contre, nos clients de demain, d’ici cinq à dix ans, c’est des produits qu’ils nous demanderont peut-être plus. Donc nous, dans le cadre du sourcing, c’est des choses qu’on anticipe et qu’on teste au fur et à mesure auprès de nos clients.
Et pour finir, quel conseil vous avez envie de donner à quelqu’un qui hésiterait à se lancer dans votre activité ?
Alors c’est de venir nous rencontrer, de rencontrer les équipes, ça fait partie du parcours du candidat. Quand ils font les rendez-vous, ils ont l’occasion, l’opportunité de venir nous rendre visite à Orly pour découvrir vraiment notre concept. On leur fait visiter l’entrepôt et surtout, voilà, après avec les échanges avec les équipes, ils voient un petit peu notre culture d’entreprise, notre état d’esprit et surtout ils goûtent nos produits. Et en général, c’est ça aussi qui fait vraiment la différence.
Valérie Langlois, je vous remercie. Je rappelle que vous êtes directrice marketing du réseau Saveur et Vie et que votre actualité est à retrouver notamment sur les sites Franchise Magazine et AC Franchise.