On ne connaît, dans le passé, que peu d’exemples de coexistence de ce type, entre coopérateurs et franchisés. En 2003, le groupe Krys a racheté Lynx Optique qui comptait alors 47 succursales et 77 magasins franchisés. D’emblée, la coopérative a fait passer leurs redevances de 9 à 6,1 %. Mais six ans de cohabitation plus tard, en 2009, elle a décidé en assemblée générale d’abandonner la franchise « en raison du coût trop important qu’elle continuait de représenter pour les commerçants sur un marché de plus en plus concurrencé », a-t-elle expliqué à l’époque. Les franchisés ont alors été invités à se transformer individuellement en coopérateurs. L’enseigne revendique aujourd’hui sur son site Internet une centaine d’adresses.

Magasin d’optique à l’enseigne Lissac
En revanche, toujours dans l’optique, la reprise de
Lissac par le groupe
Optic 2000 en 2005 – comptant alors une trentaine de succursales et une cinquantaine de franchisés – s’est déroulée avec davantage de succès, puisque le panachage continue.
« Aujourd’hui, nous fédérons 257 magasins Lissac dont 228 en franchise, explique Benoît Jaubert, directeur général du groupe
Optic 2000. Le groupement a retenu ce mode de développement parce qu’au moment de la reprise, il aurait été compliqué, pour des questions juridiques et financières, d’envisager une transformation en coopérative. Et aussi parce que cela permettait de recruter des entrepreneurs qui ne voulaient pas devenir coopérateurs et préféraient une formule plus souple, qui engage moins. » Quant à la coexistence, le groupe a trouvé un moyen simple d’y parvenir : «
Lorsqu’un adhérent Optic 2000 ouvre un magasin Lissac, il signe un contrat de franchise et en accepte les conditions c’est-à-dire s’acquitte d’un droit d’entrée, de redevances, etc. Sur les 228 magasins franchisés Lissac, la moitié appartient à ce jour à des adhérents Optic 2000, ce qui leur permet de se diversifier avec une enseigne un peu plus haut de gamme et ainsi d’augmenter leur part de marché sur leur zone commerciale. »
Un certain nombre de services sont mutualisés entre les deux marques : communication, moyens financiers, informatique, etc. Quant au fonctionnement,
« les coopérateurs Optic 2000 participent à leur assemblée générale et à la prise de décisions sur le principe un homme égale une voix. En revanche, il n’y a pas l’équivalent chez Lissac. Nous écoutons les franchisés bien entendu. Nous organisons des réunions, soit régionales, soit nationales de tous les membres du réseau, mais juridiquement, les franchisés Lissac n’ont pas voix au chapitre. Nous avons aussi chez Optic 2000, des commissions thématiques dans lesquelles il peut y avoir un volet Lissac. »
Et visiblement, toutes les parties s’y retrouvent puisque cela dure depuis 18 ans, que le parc de magasins est en progression et que le passage au modèle coopératif
« n’est pas à l’ordre du jour ». Benoît Jaubert rappelle en outre que le groupe développe une autre chaîne en franchise :
Audio 2000 qui, crée en 1999, revendique aujourd’hui 229 magasins dont 213 dans cette formule.