« Nous prévoyons de densifier notre présence dans les zones où nous sommes est déjà implantés mais aussi de couvrir de nouvelles métropoles. »
Pouvez-vous nous présenter le concept La Famille ? Quand a-t-il été lancé ?
La Famille a été lancé en 2019 par quatre fondateurs dont je fais partie, tous anciens franchisés d’un réseau de restauration d’entreprise. Le concept se positionne sur le même marché : celui de la restauration en zones de bureaux, ciblant la clientèle salariée du midi, du lundi au vendredi, avec une offre de petite restauration (sandwiches, salades, bowls), pour un ticket moyen d’environ 10 €.
A cela s’ajoute une deuxième activité BtoB de livraison en entreprises pour des réunions et des petits cocktails de 20 à 30 personnes. Et une troisième activité de cantine digitale : le salarié d’une entreprise cliente commande sur une application et se fait livrer son déjeuner dans l’entreprise tous les jours à la même heure, sans frais et sans minimum de commande.

Quel est votre positionnement sur le marché de la restauration ?
La Famille intègre toute la chaîne de valeur : nous cuisinons, nous prenons les commandes nous-mêmes et nous livrons, avec nos propres livreurs. Nous avons réalisé 43 M€ de chiffre d’affaires à fin juin 2026, dont 20 % en cantine digitale, 30 % en corporate et le reste en restauration.
Il y a trois piliers fondamentaux à l’origine du concept La Famille, à commencer par le produit : par rapport à notre ancien réseau, nous sommes revenus à des recettes plus simples, plus lisibles et plus actuelles, avec plus d’assaisonnements maison, plus de préparation et de fraîche découpe en interne, ainsi qu’un meilleur sourcing produit.
Enfin, le troisième pilier, c’est l’image : nous avons conçu une plateforme de marque plus actuelle, qui puisse fonctionner aussi bien à Paris qu’en province. Comme nous avons lancé la marque avec des établissements à Paris et Lille, cela nous a permis de trouver un juste milieu, pour servir aussi bien Decathlon, Leroy Merlin et La Foir’fouille que Chanel, LVMH ou des cabinets d’avocats parisiens.
Où en est votre développement en propre et en franchise ?
La Famille regroupe à ce jour 47 sites en activité, dont 32 restaurants. En effet, dans certaines villes, comme à Bordeaux ou Evry, nous n’avons pas de restaurant, mais seulement une cuisine qui effectue les livraisons. Dans le cadre de notre développement, la première étape consiste à installer une cuisine de 300 à 400 m² dans un local en périphérie de ville, proche des axes routiers, en zone tertiaire. Ce qui permet de démarrer les activités de cantine corporate et de cantine digitale. Puis, une fois atteint un rythme de croisière, on peut ouvrir des restaurants satellites de 80 à 150 m² dans des zones d’affaires à forte concentration de salariés.
Le réseau compte actuellement neuf chefs d’entreprise franchisés, qui exploitent plusieurs cuisines ou restaurants. Nous poursuivons également notre développement en propre : nous prévoyons d’ouvrir à Paris dans les mois à venir et de lancer de nouvelles zones de livraison au sud de Lille, à partir de nos succursales. Mais en-dehors de Lille, notre développement en province passe par la franchise.

Quels sont vos objectifs de développement pour les années qui viennent ? Quelles sont les régions, les villes françaises que vous ciblez pour ouvrir des restaurants ?
Notre souhaitons de continuer à développer le réseau en franchise dans les grandes métropoles de France : nous ouvrirons bientôt à Nantes et Toulouse, et nous ciblons des villes comme Rennes, Nice ou Marseille.
Notre objectif à cinq ans est de doubler notre chiffre d’affaires pour atteindre 100 M€ en 2031. Pour cela, nous prévoyons de densifier notre présence dans les zones où nous sommes déjà implantés : par exemple, notre franchisé de Lyon, qui exploite déjà un restaurant et une cuisine, va ouvrir un deuxième restaurant en octobre prochain. Mais nous souhaitons aussi couvrir de nouvelles métropoles, à raison de trois à quatre villes par an. Nous avons déjà des projets signés à Nantes, Rungis et Lyon Nord, pour des ouvertures à venir entre fin 2026 et début 2027.
Nous avons encore des réserves de chiffre d’affaires à aller chercher. A Lille, en 2018, nous avons réalisé 5 M€ de CA sous notre précédente enseigne (65 % en restaurant, 34 % livraison). Aujourd’hui, sur la même zone géographique, nous atteignons 12 M€ de CA. Cette progressions vient des ouvertures de restaurants sur cette zone (nous sommes passés de 5 à 11 sites), mais aussi d’une croissance de notre activité en livraison : en 2026, nous générons environ 4,5 M€ de CA en livraison contre environ 200 000 € il y a huit ans, donc notre taux de pénétration est beaucoup plus fort avec notre enseigne La Famille.
Nous sommes positionnés sur un marché paradoxalement assez porteur : on entend souvent que la restauration est un peu en difficulté, mais le segment de la restauration fast casual, avec un ticket moyen autour de 10-12 € pour les salariés, a plutôt le vent en poupe, de même que la livraison en entreprises. C’est pourquoi nous avons décidé de confier à nos franchisés des zones d’exclusivité relativement grandes, comme à Bordeaux, Aix-Marignane ou Lyon. Cela leur permet de générer un chiffre d’affaires suffisant pour avoir les moyens de se développer et de construire une équipe de middle management avec un responsable de production, un responsable commercial etc.

Quels sont les critères pour devenir franchisé La Famille ? Quels sont les investissements à prévoir ?
Le profil idéal, c’est d’abord quelqu’un qui vient de la région, qui a une bonne connaissance du tissu économique et pas mal d’attaches. Le deuxième critère, c’est d’avoir de bonnes capacités de management, car un franchisé La Famille sera amené à manager des équipes 30 à 50 personnes, qui vont faire la cuisine, démarcher, commercialiser, faire des devis et livrer. Il va créer une véritable petite PME, donc il doit être capable de gérer à la fois des commerciaux, des équipe de production etc.
Nous recherchons aussi des candidats avec un forte sensibilité produit : pas des cuisiniers, mais des gens qui aiment le produit, qui ont une sensibilité pour la cuisine ou la nourriture. Nous dispensons à nos futurs franchisés une formation de huit semaines sous forme d’intégration dans les équipes existantes pour apprendre la production, la cuisine, les process commerciaux et les process opérationnels.
Enfin, nous visons des personnes qui vont avoir la capacité de s’investir dans l’opérationnel puisque, pendant les premiers mois et même la première année, ils doivent être capables d’encadrer leurs équipes dès 6h du matin et d’organiser leur travail. Ce sont donc des profils assez délicats à trouver, car ils doivent à la fois avoir un peu de hauteur de vue, être capable dans un deuxième temps de manager une quarantaine de personnes mais aussi, dans un premier temps, de mettre les mains dans le cambouis et de construire un projet avec leurs équipes.
Sur le plan financier, on parle de projets qui nécessitent 500 à 600 € d’investissement initial, dont 150 000 € d’apport personnel.