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    Franchise participative : mode d’emploi

    Tribune publiée le 9 septembre 2015 par Jean-Paul ZEITLINE
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    Comment envisager la franchise participative et “trouver un juste équilibre” entre l’indépendance du franchisé et l’association des deux parties au capital ? L’auteur explique l’intérêt de ce type d’association pour le franchisé et le franchiseur.

    La franchise participative est une forme de contrat qui prévoit une participation minoritaire du franchiseur au capital de son franchisé. La franchise participative combine donc deux relations contradictoires : l’indépendance du franchisé vis à vis de son franchiseur, et l’association des deux parties au capital de l’entreprise franchisée.

    Certains avocats déconseillent formellement au franchisé ce type d’association en raison des risques pour les deux parties. Toutefois ce système de franchise “hybride” tend à se développer et se révèle souvent une bonne solution pour le franchisé comme pour le franchiseur.

    Quel intérêt pour le franchisé ?

    L’intérêt pour le franchisé : le financement. Les banques, souvent frileuses, hésitent à financer des projets de création d’entreprise. L’engagement financier du franchiseur permet à la fois d’atteindre le montant de fonds propres requis et de rassurer son banquier sur la viabilité du projet.

    L’essaimage : si le franchiseur détecte de bons potentiels avec un apport insuffisant (souvent parmi son personnel d’exploitation), il pourra les accompagner en tant qu’associé minoritaire pour leur permettre de franchir le pas et d’ouvrir leur franchise.

    L’implication du franchiseur : pour le franchisé, avoir un franchiseur doublement intéressé dans sa réussite, c’est la garantie d’une meilleure implication, d’une assistance plus rapprochée et d’une meilleure prise en compte des contraintes économiques.

    Et pour le franchiseur ?

    L’intérêt pour le franchiseur : le développement. Pour nombre de réseaux, le vivier des jeunes opérationnels performants constitue le meilleur sourcing du développement. Le franchiseur a intérêt à leur proposer une forme d’association et de financement au lancement.

    La fidélisation : le franchiseur souhaite améliorer la protection du réseau, en évitant que le point de vente ne quitte l’enseigne d’une manière injuste compte tenu des efforts fournis.

    L’intérêt économique : à l’heure des taux négatifs, le meilleur placement pour un franchiseur est sans doute d’investir en capital dans son propre réseau en s’associant avec des jeunes managers motivés et bien sélectionnés.

    Quelles sont les règles à respecter ?

    Trouver un juste équilibre : la franchise participative est une opération complexe qui nécessite un certain nombre de garde-fous. Utilisée avec modération, son succès dépend du respect des cinq règles suivantes :

    1. La nature de la relation demeure identique. Les conditions du contrat de franchise doivent être respectées à la lettre, comme pour les autres franchisés du réseau.
    2. Le franchiseur reste un associé minoritaire. C’est au franchisé d’assumer la responsabilité de la gestion de l’entreprise.
    3. Un business plan détaillé permet de partager la même vision du projet et les objectifs financiers à atteindre.
    4. Un pacte d’association règle les questions de détails pour réguler la gestion de l’entreprise franchisée (rémunération, frais, dividendes, règles de majorité, etc.)
    5. Un pacte de sortie, écrit avant le démarrage, prévoit tous les cas sans constituer un piège à la revente pour le franchisé.

    Pour réussir, une franchise participative doit avoir pour objectif d’accélérer le développement des deux parties. En aucun cas, elle ne doit être le prétexte d’une volonté de contrôle excessif du franchiseur ou d’assistanat du franchisé. L’intervention de conseils extérieurs (avocat, expert-comptable, etc.) pour valider le montage est indispensable. Ces conditions respectées, gageons que franchiseur et franchisé y trouveront leur compte.