Comme demandé par leurs instances représentatives dont la Fédération Française de la Franchise, les commerces touchés par des dégradations ou des pillages vont bénéficier de mesures de soutien, annonce le Gouvernement.

« Plus de 3 000 » : c’est, selon ministre du Commerce Serge Papin, le nombre de commerces qui ont été touchés par des dégradations ou des pillages en marge des manifestations qui ont eu lieu dans toute la France samedi 17 octobre 2026, et même dimanche 18 (qui n’était pas une journée de mobilisation). Depuis, les images de ces événements tournent en boucle sur les chaînes d’information continue et les réseaux sociaux et, du côté des fédérations de commerçants, la pilule ne passe pas.  

« Inacceptable !! », s’indigne par exemple la Fédération Française de la Franchise (FFF) sur LinkedIn. « Derrière ces images glaçantes, il y a des commerçants, des franchisés, des salariés. Des femmes et des hommes qui ont investi, emprunté, travaillé des années pour faire vivre leur commerce et animer leurs villes et territoires », souligne la FFF. Exprimant « son soutien total à tous les commerçants et toutes les enseignes victimes de ces violences », la Fédération réclame, dans son post publié le 19 octobre, « une sécurisation renforcée des zones commerçantes, des sanctions fermes contre les auteurs et un accompagnement concret des commerçants sinistrés ».

Afin de mieux défendre les droits des franchiseurs et des franchisés auprès des pouvoirs publics, la FFF les invite en outre à lui adresser, via ce formulaire en ligne, leurs remontées chiffrées « et les visuels des préjudices subis ». Ce qui lui permettra  notamment d’en « chiffrer précisément l’impact sur les réseaux de franchise ».

Les fédérations professionnelles aux côtés des commerçants touchés par les dégradations

La Fédération du Commerce Coopératif et Associé (FCA) a elle aussi réagi dans un communiqué de presse diffusé le 19 octobre. « Parmi les commerces touchés, des pharmacies Astera et Totum, des magasins U, Intermarché, Camara, Optic 2000, Intersport, Running Rando Conseil… Tous appartiennent à des commerçants indépendants, réunis en coopératives ou en groupements », déplore la FCA dans sa prise de parole. Se tenant « au côté des commerçants et de leurs employés », la Fédération a tenu à saluer « leur sang-froid et leur exemplarité face à des actes d’une violence inouïe ».

L’instance du mouvement coopératif et associé plaide elle aussi pour « un accompagnement immédiat des commerçants touchés dans le cadre des émeutes », au travers d’un « fonds dédié en vue de l’indemnisation complète pour les dégâts matériels, la reconstitution des stocks, et la perte de chiffre d’affaires ». Mais aussi de « mesures de chômage partiel pour les salariés touchés », d’un « moratoire sur les charges sociales et fiscales sans inscription au privilège du Trésor » ou encore d’un « allongement des délais de déclaration auprès des assurances et des délais de remboursement raccourcis ».

Parmi les réactions d’organisations représentatives du commerce et des services, signalons encore celle de l’Union des métiers de l’hôtellerie restauration. Dans un communiqué de presse, publié dès le 18 octobre, l’Umih en appelait aux pouvoirs publics en vue d’une « mobilisation rapide afin de garantir la sécurité des établissements, de faciliter les démarches d’indemnisation pour obtenir réparation et de ne laisser aucun professionnel seul face aux conséquences de ces violences ».

Le Gouvernement annonce la mise en place de mesures pour soutenir les entreprises

La réponse de l’Etat à ces appels à l’aide ne s’est pas fait attendre. Dès lundi 19 octobre, Serge Papin, ministre du Commerce, réunissait des représentants des commerçants, mais aussi des artisans, des restaurateurs ou encore des hôteliers à Bercy, aux côtés des banquiers et des assureurs. Suite à cette réunion, le Gouvernement a annoncé, dans un communiqué daté du 20 octobre, « un ensemble de mesures économiques pour soutenir les entreprises victimes de ces dégradations ».

Ces mesures de soutien comportent un dispositif exceptionnel d’activité partielle pris en charge à 100 % par l’État, donc sans reste à charge pour les employeurs, jusqu’à la reprise de l’activité. Qui n’est pas sans rappeler le dispositif mis en place lors de la pandémie de Covid.

D’autres mesures visent à soutenir la trésorerie des commerçants directement touchés, comme par exemple « un étalement de leurs charges fiscales, sans frais ni majoration », ou encore « une offre dédiée de prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 € sur trois ans », proposée par Bpifrance.

A noter : un fonds de soutien spécifique sera mis en place pour les petites entreprises (de moins de 50 salariés) « ayant subi des dommages importants et par conséquent une perte d’activité ». Ces dernières pourront bénéficier d’une aide forfaitaire « établie en pourcentage du chiffre d’affaires, dans la limite de plafonds par entreprise ».

Parmi les autres mesures annoncées, un numéro de téléphone non surtaxé (le 0 806 807 807) est mis à la disposition de toutes les entreprises impactées, afin de répondre à leurs interrogations.