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    Dries Colpaert, directeur général - Interview du 7 mars 2007

    Nous voulons nous développer en propre et en franchise, selon les opportunités du marché

    Vous venez d’annoncer l’ouverture à la franchise de votre enseigne de supermarchés, présente en France depuis 1997 : pourquoi faire appel à cette formule aujourd’hui ?
    Colruyt France est la filiale française du 3ème distributeur belge en chiffre d’affaires (5 Mds€ au cours de l’exercice 2005/2006, plus de 300 magasins intégrés dont 201 sous enseigne Colruyt), derrière Carrefour et Delhaize. En France, où nous réalisons 250 M€ de chiffre d’affaires, nous exploitons en propre 28 supermarchés Colruyt ouverts progressivement depuis 1997 et présents sur 8 départements. Nous entendons continuer à développer des magasins intégrés, mais nous nous orientons aujourd’hui vers la franchise compte tenu des délais nécessaires à la création d’un point de vente de plus de 300 m² en France : il faut compter entre 2 et 3 ans, le temps d’obtenir les autorisations délivrées par les Commissions départementale voire nationale d’équipement commercial. Or, le concept Colruyt s’exprime sur 1 000 m² en moyenne, 800 m² au minimum.
    Nous allons cependant prendre le temps de sélectionner nos candidats, c’est pourquoi nous ne nous fixons pas d’objectif chiffré en termes de développement. Nous prévoyons 5 à 6 ouvertures au 2e semestre 2007, en propre ou en franchise selon les opportunités, et d’autres projets sont dans les tuyaux pour 2008.
    Qu’est-ce qui distingue Colruyt des autres chaînes de supermarchés ? Quels profils de franchisés recherchez-vous et quelles régions souhaitez-vous couvrir en priorité ?
    Nous nous positionnons sur le créneau du « soft discount » : nous sommes « hard discount » sur les prix et « supermarchés » sur les gammes et les produits. Nous adoptons la politique de prix qui fait le succès de l’enseigne en Belgique, à savoir un alignement systématique sur le concurrent le moins cher sur la zone de chalandise du point de vente.
    Sur le marché français, les groupes poussent leurs adhérents à avoir des magasins de plus en plus grands. Au contraire, les magasins Colruyt sont assez simples de conception pour abaisser au maximum les charges et les investissements. Les magasins s’expriment sur 1 200 m² au maximum pour rester des commerces de proximité. Ils emploient de 10 à 25 salariés et réalisent entre 3,5 et 7,8 M€ de chiffre d’affaires.
    Pour les exploiter, nous recherchons des couples ou des personnes seules connaissant la distribution alimentaire voire disposant déjà d’un magasin, à qui proposons un contrat d’une durée de 7 ans, renouvelable par tranche de 5 ans. Nous ne favoriserons pas les investisseurs et limiterons à 2 le nombre d’unités à l’enseigne par franchisé. Nous souhaitons nous implanter en priorité dans le Grand Est de la France, à proximité des entrepôts du groupe. Puis dans un second temps, nous envisageons de couvrir les régions du Centre et de Paris.
    Quelles sont les conditions financières d’accès dans le réseau et pourquoi ne demandez-vous pas de droits d’entrée ?
    La création d’un point de vente nécessite environ 1 300 000 € murs et fonds inclus mais hors terrain, et 250 000 € de stock initial en moyenne. Les candidats doivent prévoir 24 000 euros pour l’assistance au démarrage et 7000 euros pour la formation initiale. Nous ne demandons pas de droits d’entrée parce que nous sommes avant tout des grossisses alimentaires. En France, nous approvisionnons plus de 850 magasins : outre nos 28 supermarchés Colruyt, il s’agit de magasins affiliés sous enseignes Coccinelle (23), CocciMarket (73) et Panier Sympa (84), et de 748 magasins sans enseigne. Nous nous rémunérons donc sur la marge des produits vendus aux adhérents. En revanche, nous prélevons des cotisations d’enseigne (0,7 % du CA) et de publicité (0,75 %).

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