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      Nouvelle donne dans l’immobilier

      Misant sur Internet et sur l’absence de local, de nouveaux acteurs se positionnent sur le marché de la transaction immobilière. Face à ce phénomène, les professionnels et les réseaux d’agences veulent renforcer les règles du jeu.

      La concurrence frappe fort à la porte des chaînes d’agences immobilières. De nouveaux acteurs – les agents commerciaux regroupés en réseaux et les sites Internet dédiés – menacent l’activité des agences classiques.

      « Avant, seul le professionnel avait l’information sur les biens à vendre, explique Hervé Parent, spécialiste du marketing pour l’immobilier et président de la Fédération française de l’Internet immobilier. Aujourd’hui, les annonces sont tellement précises que le consommateur en sait parfois plus que l’agent immobilier ». Pour autant, la part de marché réalisée de particulier à particulier n’a pas augmenté, permettant à ces nouveaux acteurs de monter en puissance. Ainsi, le réseau de mandataires comme Capifrance, « réseau multi-activités immobilières à domicile », qui revendiquait 1 042 agents commerciaux au 1er octobre 2010, contre 600 un an plus tôt… Noblimo a recruté, en 2010, plus de 80 « conseillers indépendants » en licence de marque. Concept « 100 % Internet », Proriétés Privées est passé quant à lui de 100 à 135 mandataires sur la période. A la Lucarne de l'Immobilier, Côté Acheteur, Le Standard de l’Immobilier ou encore le nouveau venu Mapetiteagence.com se démarquent, eux aussi, du métier d’agent immobilier dont l’exercice, encadré par la loi Hoguet, nécessite l’obtention d’une carte professionnelle.

      Internet envahit le marché

      Selon Hervé Parent, en janvier 2011, 13 millions de visiteurs uniques ont fréquenté la centaine de sites d’agents immobiliers ou d’annonces immobilières suivis par Médiamétrie.

      Parmi les 10 sites les plus importants, qui rassemblent 80 % du trafic, on ne trouve aucun des grands réseaux d’agences comme Orpi, Laforêt ou Century 21. Mais de nouveaux acteurs comme les portails d’annonces Le bon coin, Se loger, A vendre à louer, Particulier à Particulier ou encore, Logic Immo

      « Il n’y a pas d’agence 100 % Internet, nuance toutefois Hervé Parent. Le client a toujours un contact avec l’agent immobilier puis effectue une visite, et la vente se passe toujours chez le notaire ».

      En revanche, les acteurs qui exercent sans local, donc sans personnel administratif, peuvent de ce fait abaisser leurs frais et donc, proposer des commissions réduites sur le montant des transactions. Conséquence pour les acteurs traditionnels : « L’agent immobilier classique avec locaux et vitrine va être obligé de baisser son taux de commission » pour s’aligner sur la concurrence, estime Hervé Parent.

      La profession réagit

      « Les nouveaux réseaux sont en train de prendre des parts de marché, et les grands réseaux essaient de résister, confirme Sylvain Casters, gérant-fondateur de Propriétés-Privées.com. 80 % des agences réalisent moins de 200 000 € de chiffre d’affaires HT. Ce qui pose le problème de leur rentabilité, compte tenu du coût du local et des salaires ».

      Face à cette situation, la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) et l’Union des syndicats de l’immobilier (Unis) ont lancé en février 2011 des Etats généraux des professions immobilières afin de réformer la loi Hoguet de 1970 qui régit leur exercice.

      En vue notamment d’imposer une restriction géographique de l’activité des agences immobilières par Internet, et une obligation de formation et/ou d’aptitude professionnelle pour les commerciaux indépendants. Ces Etats généraux devaient se dérouler tout au long du 1er semestre 2011. Un texte doit être proposé aux pouvoirs publics.

      A lire aussi sur le sujet : Immobilier : les réseaux de mandataires à la manoeuvre

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