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    Point Soleil sous procédure de sauvegarde

    Baisse de l’activité, développement du réseau freiné, départs de franchisés en série : le franchiseur peine à rembourser ses dettes. Il doit affronter la colère de plusieurs ex-franchisés. Mais il reste confiant…

    Depuis le 8 avril 2013, Point Soleil est sous procédure de sauvegarde. Objectif : éviter la cessation des paiements en étalant ses dettes. Des dettes bancaires, liées  au rachat du réseau intervenu en 2009, qui se montent à “plusieurs millions d'euros”.
    “Sachant que nous aurions des difficultés à honorer notre échéance de remboursement annuelle de juillet prochain
    , explique Hervé Corlay, président de Point Soleil, nous avons anticipé”.
    En cause : le “ralentissement économique subi depuis un an et demi”. En 2012, le CA du réseau, “de l'ordre de 28 M€”, a été “en retrait de 11 % par rapport à 2011.  La fréquentation des centres a baissé de 7 à 8 %. La fréquence des visites, surtout, a diminué.”
    Par ailleurs, une vingtaine de franchisés est sortie du réseau dont un tiers en redressement ou liquidation judiciaire (surtout en province). Ce qui a diminué les remontées des  redevances et des loyers sur le matériel. Le franchiseur a aussi “aidé certains franchisés à passer le cap”. Et le développement  a été freiné. 
    Résultat, sur Alizés Diffusion (société de tête du réseau), le chiffre d'affaires est passé de 7,4 à 5 millions € en un an.


    Une rentabilité plutôt parisienne

     
    “Le marché du bronzage est étroit, explique un spécialiste du secteur. Seule une petite fraction de la population en consomme et encore pas toute l'année.  C'est une question de style de vie et de pouvoir d'achat. Il faut donc s'installer dans une ville d'une taille suffisante pour ne pas échouer. En province notamment, le potentiel est faible.”
    En France en 2011, près de la moitié des centres franchisés n'a pas publié ses comptes. Pour les autres, le CA moyen des unités de plus de 3 ans s'est établi à 190 000 €  (de 160 000 en province à 220 000 à Paris intra-muros).
    Le résultat d'exploitation étant, lui, de 18 000 € en moyenne (entre 2 000 à Tarbes et 55 000 € à Paris 20e. Des niveaux qui, eu égard à l'investissement initial de 250 000 euros, ne semblent pas très élevés.
    Même les succursales ne brillent pas, comme le montrent  les comptes d'Alizés Exploitation depuis 5 ans. “Plusieurs ont ouvert en 2010, explique le franchiseur. Leur démarrage a été difficile.”
    “Le manque de rentabilité du concept est chronique”, accuse pour sa part Maître Charlotte Bellet, avocate de 7 ex-franchisés Point Soleil en conflit avec le franchiseur. En province notamment, les écarts constatés entre les prévisionnels transmis et la réalité sont  de 50 % et plus dans les dossiers de mes clients”.

    Compenser l'aspect saisonnier de l'activité

     
    “La province n'est pas un problème, proteste Hervé Corlay. Ni la taille de ville. Nous réussissons bien à Mantes La Jolie par exemple, qui ne compte que 30 000 habitants.”
    Pour l'avenir, le franchiseur se dit “confiant dans le repositionnement du concept, son élargissement vers une activité de bien-être, plus seulement de bronzage”, qui devrait permettre de faire face à l'aspect saisonnier de l'activité (concentrée et parfois réduite à la période avril-août).
    15 centres, dont 10 franchisés, seraient déjà équipés de corners de soins anti-âge ou d'aquabiking.
    Le franchiseur met aussi en avant ce qu'il a changé “en termes de marketing direct et de benchmarking », permettant aux franchisés « d'obtenir un diagnostic précis de leur affaire”.


    Plusieurs ex-franchisés très mécontents

     
    Reste que plusieurs ex-franchisés mécontents, voire exaspérés, sont en litige avec le franchiseur. En liquidation judiciaire, ils estiment “avoir tout perdu, capital, appartement, etc.” par la faute de leur ex-partenaire. Certains évaluent leurs pertes entre 250 et 400 000 €, car, en plus de l'investissement initial, ils ont  renfloué leur entreprise avant de jeter l'éponge. 
    Ils en veulent au franchiseur, entre autres, pour des “prévisionnels complètement faux” et des “machines trop chères”, les marges prises par la tête de réseau allant  parfois “jusqu'à 100 %”.
    Des procès sont en cours. Certains franchisés ont également assigné la banque qui les a financés « sans les conseiller ».
    Hervé Corlay se dit toutefois “extrêmement serein”. Certain que, “si l'année 2013 sera encore compliquée, 2014 verra la reprise” pour son réseau de “122 centres à ce jour”.

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