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Reprendre en réseau : toujours plus d’opportunités

Dernière mise à jour le 31 mars 2026 Temps de lecture : 8 min

Selon une enquête menée par l’institut OpinionWay pour la Fédération Française de la Franchise et publiée en octobre 2025, près de deux salariés sur trois (64 %) « ont déjà effectué ou envisagent une reconversion professionnelle » et environ un sur trois (31 %) l’a déjà fait, ou envisage de le faire, avec l’objectif de devenir son propre patron. Pour concrétiser ce projet entrepreneurial, un salarié sur cinq (20 %) envisage la franchise « avec une préférence marquée pour la reprise d’entreprise (13 %) plutôt que pour la création ex nihilo (7 %) ». Selon cette étude, les stratégies diffèrent entre les générations, puisque « les seniors privilégient la reprise d’entreprise (16 % des plus de 50 ans vs. 10 % des moins de 35 ans) ». Alors que « les jeunes se tournent davantage vers la création d’entreprise (9 % des moins de 35 ans vs. 4 % des plus de 50 ans) ». 

Cette appétence des porteurs de projet pour la reprise est une bonne nouvelle car on estime qu’en France, plus de 700 000 entreprises devront être transmises d’ici 2032, selon des données publiées en juin 2025 par la Direction générale des Entreprises (voir encadré). C’est notamment le cas au sein des réseaux de franchise (ou du commerce associé) créés dans les années 80, comme La Mie Câline ou La Boucherie : par le jeu de la pyramide des âges des franchisés en place et des renouvellements de contrats, de nombreux points de vente sous enseigne sont à reprendre chaque année.

C’est par exemple le cas de la coopérative Sherpa, qui fédère 121 supermarchés de montagne : « Le réseau connaît un important renouvellement : environ 10 magasins changent de mains chaque année et l’on s’aperçoit qu’en une dizaine d’années, nous avons renouvelé 90 % du parc, explique Olivier Carrié, son Président. Parce que l’enseigne existe depuis 1988, mais aussi parce que le métier est de plus en plus difficile, plus fatigant, donc un adhérent ne va plus passer 25 ans dans cette activité, mais seulement 5 ou 10 ans ». Ou encore de l’enseigne de réparation de volets roulants Repar’Stores : créée en 2009, cette dernière compte 240 franchisés exploitant 320 secteurs géographiques. « Notre plus ancien franchisé est avec nous depuis 2009, et la majorité de nos premiers franchisés sont encore avec nous depuis 2010 : de ce fait, ils ont plus de 15 ans d’ancienneté chez Répar’Stores », souligne son Directeur réseau Bruno Chevalier. Conséquence logique : « Une dizaine d’agences environ sont à reprendre chaque année, dans l’immense majorité des cas pour cause de départ en retraite des franchisés », reconnaît-il. Autant d’opportunités pour des porteurs de projets qui souhaitent se lancer en reprenant une affaire existante.

Sébastien Cogez, Directeur délégué, APEF
Sébastien Cogez, Directeur délégué, APEF

Créée en 1992 et développée en franchise depuis 2006, l’enseigne de services à la personne Apef (170 agences en France) voit elle aussi des franchisés partir à la retraite chaque année. Pour son Directeur délégué Sébastien Cogez, « le rôle du franchiseur, c’est d’abord d’accompagner son franchisé pour monter son projet. Ensuite, on l’accompagne dans son développement. Puis un jour, soit il part à la retraite, soit il a envie de se lancer dans de nouveaux projets. A ce moment-là, on l’accompagne dans la revente de son agence et, sous certaines conditions, il nous arrive en tant que franchiseur de reprendre des unités franchisées : c’est un aspect rassurant pour nos partenaires ». Mais aussi une autre manière pour les porteurs de projet de rejoindre le réseau, comme le résume Sébastien Cogez : « Un candidat à la franchise peut se positionner pour ouvrir son agence sur une zone disponible ou, au contraire, reprendre une agence existante à un franchisé qui a envie de céder son activité ».

Dernier exemple : celui du Marché aux Affaires, chaîne de bazar discount lancée en 1984 et déployée en franchise depuis 2004, qui regroupe plus de 350 points de vente sur le territoire. Là aussi, chaque année, des franchisés en activité souhaitent prendre leur retraite : « C’est la courbe démographique qui veut cela, souligne Bernard Lévy, son Directeur du développement. C’est d’ailleurs une sécurité pour un franchisé de savoir qu’il fait partie d’un réseau qui va s’occuper de la reprise de son point de vente. En effet, d’un côté, nous sommes là pour développer et faire vivre le réseau, mais aussi pour gratifier et remercier les franchisés qui ont fait ce bout de chemin avec nous, afin qu’ils puissent capitaliser sur leur investissement et avoir une position pour leur retraite qui leur permette de vivre des jours heureux ». Là encore, ces opérations de transmission constituent autant de points d’entrée dans le réseau pour de nouveaux arrivants : « Dès qu’il y a un magasin à céder, nous le proposons à nos nombreux repreneurs, indique Bernard Lévy. D’une part pour que le franchisé puisse concrétiser sa vente, et d’autre part pour assurer une continuité, afin que le repreneur puisse dynamiser ce magasin lors de sa reprise, comme c’est souvent le cas ».

De leur côté, si tous les candidats à la franchise ne sont pas forcément attirés par la reprise, ceux qui ont fait ce choix ne le regrettent pas. C’est par exemple le cas de Gildas Hemery, qui a repris en octobre 2024 une agence d’entretien de toitures sous enseigne Attila à Nantes Ouest : « J’ai choisi d’entreprendre par la reprise plutôt que par la création, parce qu’on part avec une équipe en place en se basant sur des chiffres connus, donc on ne part pas d’une page blanche, raconte cet ancien salarié dans le secteur de l’informatique de gestion. L’agence que j’ai reprise existe depuis 2017. C’était donc une agence bien établie, avec des équipes déjà bien en place. Cela fait toute la différence par rapport à un créateur qui, lui, part d’une page blanche où tout est à construire, y compris des équipes ; ce qui est un peu plus énergivore en termes de temps à passer. » Un peu plus de six mois après sa reprise, cette agence affichait une croissance de son chiffre d’affaires « autour de 7 à 8 % ».

Isabelle Gord, franchisée Yves Thuriès
Isabelle Gord, franchisée Yves Thuriès

Après une carrière en tant qu’urbaniste dans des bureaux d’études privés, Isabelle Gord a quant à elle repris en septembre 2021 une boutique de chocolats à l’enseigne Yves Thurièssituée à Istres, dans les Bouches-du-Rhône. « Ma particularité, c’est que j’ai racheté une franchise qui existait déjà. Donc, je n’ai pas eu à choisir ma ville, ni à choisir l’emplacement, constate cette entrepreneuse. C’était un magasin qui existait déjà, et cela a beaucoup facilité le processus de réouverture du commerce. » Après avoir rencontré son franchiseur en mars 2021, Isabelle Gord ainsi pu démarrer son activité six mois plus tard : « C’est plutôt rapide, reconnait-elle. Car je n’ai pas eu besoins de faire des travaux : j’ai récupéré un magasin clé en main, donc c’est un petit peu particulier par rapport à la création d’un magasin à partir de rien ». Ce qui a permis à la franchisée de se concentrer sur le renouvellement et la fidélisation de sa clientèle.

Parfois, c’est un ou une employé(e) du point de vente qui reprend ce dernier, comme en témoigne le parcours d’Athénaïs Laine. Responsable de la boutique franchisée Monceau Fleurs située avenue d’Assas à Montpellier, cette jeune fleuriste a en effet repris ce magasin à son patron, qui partait en retraite. Le soutien du cédant et du franchiseur, ainsi que son expérience dans le commerce de fleurs, lui ont permis d’obtenir un financement bancaire, malgré un apport personnel limité. « Je ne sais pas si j’aurais créé une boutique moi-même, avec ma propre identité : je pense que je n’aurais peut-être jamais passé le cap, explique Athénaïs Laine. Mais l’idée de la franchise et d’un magasin que je connaissais a tout de suite facilité ma réflexion. »

« Après avoir fortement diminué pendant la crise sanitaire, le nombre de transmissions d’entreprises progresse depuis 2022 pour atteindre 37 000 en 2024 », selon l’enquête intitulée « Les transmissions d’entreprises : tendances, défis et enjeux pour l’économie française », publiée en juin 2025 par la Direction générale des Entreprises (DGE). « Sur la décennie 2020, environ 500 000 dirigeants seraient susceptibles de prendre leur retraite, pointent les auteurs de l’étude. Les secteurs de l’enseignement, de la santé, des services aux entreprises et du commerce sont les plus concernés, représentant près de 3 millions d’emplois salariés directement touchés par ces départs. »

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