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    Franchisés, attention au burn-out !

    Tribune publiée le 11 janvier 2018 par François PELTIER 
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    Près de 20 % des artisans, commerçants et patrons de TPE sont touchés par le burn-out. Un sujet dont on parle peu dans le monde de la franchise, mais que l’on rencontre plus fréquemment qu’on ne le pense, souligne l’auteur, coach certifié et formateur.

    « Le succès est un résultat, non un but ; je vise à mieux. Je vise à me plaire. » FlaubertFrançois Peltier, coach certifié et formateur, TGS France

    Félicia (Le prénom est changé) ouvrait l’an dernier son restaurant en franchise sur un bel emplacement. Elle était toute heureuse d’accomplir son rêve : entreprendre. L’enseigne moderne et la personnalité du franchiseur complétaient le tableau. Immédiatement, elle s’efforça de donner le meilleur d’elle-même, toute heureuse de s’accomplir et du succès prochain. Dès l’ouverture de son restaurant, Félicia s’activait plus que de raison pour développer son site, satisfaire les clients, former ses salariés et surclasser les autres restaurants de l’enseigne. Son enthousiasme paraissait contagieux. Très vite, elle participa à la vie du réseau, à des commissions, se montrant toujours disponible. Elle se surmultipliait sans compter, même si, encore en phase de lancement, les résultats ne lui permettaient pas de se rémunérer. Mais, pour elle, ce n’était pas un problème : « ça va décoller, je ne suis pas inquiète. C’est le projet de ma vie, ça me passionne totalement », répétait-elle à son conjoint préoccupé par l’attitude obsessionnelle de sa femme et par l’absence de retombées économiques.

    Près de 20 % des artisans, commerçants et patrons de TPE sont touchés par le burn-out

    Après quelques mois, le franchiseur, remarquable d’humanité et très attentif à ses franchisés, me fit part de ses préoccupations au sujet du comportement de Félicia. Elle, si positive et investie, s’était subitement mise à se plaindre de tout, à se montrer très négative : « les animateurs sont incompétents ; il y a trop de concurrence sur la zone ; mes salariés sont paresseux ; impossible de garder un cuisinier ; les clients consomment de moins en moins et râlent de plus en plus ; mon mari ne me soutient pas … »

    Félicia, qui jusque-là faisait bonne figure et se devait de tenir pour faire marcher son affaire présentait tous les symptômes du pré burn-out :

    1. L’épuisement : A l’hyper motivation, à la passion, à l’enthousiasme succèdent une lassitude et une vision totalement négative de la situation avec impossibilité de récupération.
    2. La dépersonnalisation : L’attitude initialement investie et impliquée dans la relation (clients, équipe, enseigne) disparait ; perte d’intérêt pour autrui ; critique systématique, amertume.
    3. Perte du sentiment d’accomplissement personnel : avec sentiment d’inefficacité, d’incompétence ; aspiration à la fuite, à la disparition.

    Ce fléau n’épargne ni les franchisés ni les franchiseurs

    Près de 20 % des artisans, commerçants et patrons de TPE sont touchés par le burn-out. La proportion semble moindre pour les entrepreneurs en franchise : l’appartenance collective, l’assistance du franchiseur, le benchmarking entre commerçants, la plus grande pérennité économique des unités sous enseigne sont autant de facteurs préventifs à « l’incendie intérieur ». Cependant, comme le prouve le cas de Félicia, ce fléau n’épargne ni les franchisés ni les franchiseurs et renforce la nécessité de la solidarité et de la vigilance pour soi et pour les autres :

    1. Ne pas idéaliser son entreprise : créer une entreprise doit rester une aventure passionnante, mais n’est pas un absolu
    2. S’astreindre à un temps de repos par semaine : à l’image des sportifs de haut niveau, l’intensité de l’engagement nécessite des temps de récupération
    3. Ecouter les signes de l’épuisement : vision négative, irritabilité, trouble du sommeil, culpabilisation, sentiment d’inefficacité chronique
    4. Parler, demander conseil : exprimer sa fragilité, faire évaluer son niveau d’épuisement, se faire accompagner