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      Construction de maisons individuelles : travaux interrompus

      Actu secteurs
      20 novembre 2013

      Les ventes de maisons individuelles neuves ont atteint, en 2013, leur plus bas niveau depuis 20 ans. Face à cette crise sans précédent, les constructeurs font le dos rond. En attendant une reprise en laquelle tous continuent de croire.

      “Les éléments d'une reprise sont là”

      “Le marché va forcément rebondir, car la maison reste un besoin structurel, le rêve numéro 1 de nombreux Français”. Damien Hereng, président de Mikit, veut rester optimiste. Certes, les ventes annuelles de maisons individuelles neuves sont en France passées d’environ 200 000 en 2006 à seulement 126 000 en 2012. Certes encore n’ont-elles atteint que 65 000 unités sur les sept premiers mois de 2013). “Mais les éléments d’une reprise sont là et nous sommes prêts à les saisir”, assure le patron du plus grand réseau de franchises du secteur, qui revendiquait, au 1er octobre, 130 agences sur le territoire.

      Le plus grand réseau du secteur reste confiant

      Parmi les atouts sur lesquels mise Mikit, un concept qui “vient de fêter ses 30 ans, mais a su évoluer avec son temps” : celui de la maison en prêt-à-finir. L’enseigne construit les fondations, les murs et le toit, laissant le client s’occuper des “finitions” (cloisons, isolation, électricité, plomberie…) livrées sous forme de kits. Ce qui lui permet de proposer un produit “jusqu’à 30 % moins cher” qu’en traditionnel, et de cibler ainsi les ménages aux budgets serrés, “sans rogner sur l’esthétique et la performance”, insiste Damien Héreng.

      Mikit, dont le chiffre d’affaires devrait, indique le responsable, “ressortir quasiment stable” à la fin de l’année, continue donc, confiant, de recruter de nouveaux partenaires. En franchise (30 000 € d’apport personnel minimum) et en micro-franchise (10 000 €), modèle plus accessible lancé en 2012 afin d’élargir sa cible.

      De son côté, le jeune concept angevin Habitat Plus (21 agences dans l’Ouest du pays), après avoir créé ses 2 premières franchises à La Rochelle et Tours, a décidé, face à la “crise sans précédent” que connaît le secteur, de “faire une pause” dans son développement sous cette forme.

      Le bois, tendance, résiste un peu mieux

      La construction en ossature bois (11 % du marché) est touchée, elle aussi. La faute notamment  au “durcissement des conditions d’octroi du prêt à taux zéro”, qui pénalise l’accession sociale à la propriété, estime Alain Tur, Pdg de Natilia (AST Groupe). “Encore considérée comme un procédé élitiste il y a quelques années, l’ossature bois s’est largement démocratisée. Encore faut-il que l’Etat donne aux Français les moyens de faire construire”, souligne-t-il. Ainsi, et malgré un produit attrayant, son réseau, 35 agences à ce jour, a-t-il connu plusieurs défaillances ces derniers mois. “Nous continuons à ouvrir, mais sommes plus sélectifs, en privilégiant des profils issus du secteur, plus rapidement opérationnels, et en les formant davantage”, explique le responsable, qui vise une dizaine de créations en franchise en 2014.

      “Le bois est un produit qui plaît, porté par une clientèle jeune et par le discours global sur les économies d’énergie”, constate de son côté Denis Peltier, directeur de l’enseigne Primobois (Groupe Trecobat). Le réseau, qui livre en prêt-à-finir isolé, fédèrera, annonce-t-il, 10 agences dont 3 partenaires à la fin de 2013. “Des gens viennent nous voir chaque semaine pour en savoir plus sur nos constructions. La demande est donc là. Ne reste plus qu’à la transformer !”, conclut-il.

      La pierre mal lotie

      Selon les estimations de Caron Marketing pour l’Union des maisons françaises (UMF), il ne s’est vendu, de janvier à fin juillet, que 65 000 maisons individuelles neuves en France. Ce nombre pourrait monter à 106 000 sur l’ensemble de 2013 (son plus bas niveau depuis le début des années 90), contre 126 000 en 2012, perdant donc 13 %, après avoir déjà chuté de 16 % en 2012.

      En cause, la conjoncture évidemment, mais aussi le durcissement des conditions d’octroi du prêt à taux zéro et la hausse des prix (estimée à 4,5 % en moyenne) entraînée par l’entrée en vigueur il y a un an de la norme bâtiment basse consommation (BBC).  Des changements qui ont fortement pénalisé les primo-accédants, cible numéro 1 des constructeurs. Ceux-ci ne représentent plus, selon l’UFM, que 33 % des ventes du secteur, contre 50 % en 2010.

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