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    Les énergies vertes ont le vent en poupe

    Profitant d’une opinion publique de plus en plus sensible aux problématiques de développement durable, les réseaux positionnés sur le créneau des énergies renouvelables poursuivent leur essor.

    Durant l’automne 2007, à quelques jours seulement d’intervalle, deux réseaux spécialisés dans la mise en œuvre de solutions utilisant des énergies renouvelables ouvraient leur capital. France Géothermie, à hauteur de 35 %, via Banexi Capital Partners. Et Skywater Eau de Pluie pour un montant de 2 millions d’euros, collectés auprès de XAnge Private Equity et Emertec Gestion. Des opérations symptomatiques d’une tendance de fond : la curiosité des investisseurs envers le marché du développement durable s’est muée en un intérêt bien réel. Et justifié. L’Union européenne s’est donné pour obligation de réserver aux “renouvelables” une part d’au moins 20 % de sa consommation finale d’énergie en 2020.

    Ce contexte politique, couplé à un crédit d’impôt musclé,
    a créé des conditions favorables à l’essor des réseaux spécialisés. France Géothermie et Skywater ont enregistré, en 2007 et dans leur secteur du second œuvre, deux des trois progressions de parc les plus marquantes, avec respectivement 11 et 7 unités supplémentaires. “L’engouement pour nos solutions est né avec la médiatisation des problématiques de développement durable”, analyse Willy Rohdmann, fondateur de Skywater.Restait à aborder ce marché émergent avec lucidité. Skywater a choisi de s’adresser en premier lieu aux collectivités et aux industriels. “Sur une activité telle que la nôtre, les particuliers ne génèrent pas suffisamment de marge”, note Willy Rohdmann. Les industriels, en revanche, représentent une cible intéressante… et intéressée, permettant, selon le dirigeant, au plus brillant des adhérents du réseau de dégager, après deux années d’activité, un chiffre d’affaires de 250 000 euros. En tout, la chaîne (35 unités) a réalisé près de 350 installations depuis 2004, avec des clients comme Carrefour, Leclerc ou Leroy Merlin. Elle entend aussi, grâce à la levée de fonds opérée il y a quelques mois, accélérer son développement pour atteindre, à terme, les 60 unités.Un palier qu’a dépassé, en 2007, le réseau France Géothermie, avec 80 unités réalisant un CA de 27 millions d’euros, en augmentation de 20 % par rapport à 2006. “La géothermie est une solution rentable et les gens commencent à s’en rendre compte”, constate Jean-Paul Cammarano. Résultat : l’Afpac (Association française pour les pompes à chaleur) estime à environ 70 000, le nombre de pompes à chaleur installées chez des particuliers l’année dernière (contre 53 500 en 2006 et seulement 12 000 en 2002).

    Pour l’heure, France Géothermie réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires sur du neuf, mais s’oriente vers le marché de la rénovation qui s’annonce prometteur. En vitesse de croisière, certains des concessionnaires du réseau atteignent les 3 à 4 millions d’euros de chiffre d’affaires.

    Signe de leur potentiel à venir, les énergies vertes attirent aussi des enseignes traditionnellement positionnées sur d’autres créneaux. À l’image du spécialiste en piscines et solutions d’arrosage Irrijardin (50 magasins en France dont 35 en franchise ou contrat d’affiliation) qui, “sentant émerger la demande”, a ouvert son catalogue au solaire, puis à l’éolien et aux pompes à chaleur. D’abord activité de contre-saison, le “renouvelable” est devenu pour l’entreprise un métier à part entière. Un métier complémentaire, toutefois. “L’éolien et le photovoltaïque suscitent une vraie curiosité, mais génèrent encore un taux de transformation trop bas et long à venir”, constate Yves Allibert, directeur général d’Irrijardin. Qui considère ainsi que “ne faire que cela serait aujourd’hui trop risqué”.

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